novembre 3, 2009

About Books.

Nouveau tag, toujours littéraire, volé encore une fois chez Vilaine Fifi:

1/ Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature).

Guillaume Musso, parce que c’est tellement beau.

(C’était la blague du jour, ne partez pas!)

Si on a droit à ceux qui ne sont plus de ce monde, je dirais soit Marguerite Duras, dont j’adore la langue intense et la complexité des émotions, soit dans un genre totalement different, André Malraux, pour la force incroyable et la passion qui se degage de ses oeuvres. J’ai commencé à me forger une idée des qualités morales que je recherche chez un être humain en lisant, assez jeune, “La condition humaine”, et le discours qu’il a prononcé lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon me donne la chair de poule rien que d’y penser.

2/ Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Daniel Craig pourrait bien danser le macumba tout nu dans ma chambre, ça ne me ferait ni chaud ni froid. En revanche, s’il s’agit d’une personne plus à mon goût, je depose le livre. Simple question de bon sens, en fait: le livre, lui, n’a pas de jambe et restera bien sagement sur la table de chevet tandis que le Monsieur, lui, peut ne pas revenir si l’attente est trop longue (et puis on n’est pas ds animaux, on peut bien retenir un peu nos pulsions livresques eheh).

3/ C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

J’ai beau aimer Orgueil et Préjugés, je ne pense pas qu’il soit très révélateur de l’humanité dans son ensemble ;)

J’avoue hésiter. La réponse de Vilaine Fifi (Le Seigneur des Anneaux) est très bonne, en fait, car ce livre condense tout ce que l’homme peut imaginer de plus grandiose, de plus onirique et de plus laid, il parle de guerre, d’amour, de loyauté et de traitrise. Pourtant, je serais peut-être beaucoup plus pessimiste en choisissant par exemple “Sa Majesté des mouches”, pour dire “Voilà le témoignage de notre déchéance. Nous étions des hommes, nous étions tous semblables, nous aurions pu bâtir une société idéale, pourtant nous nous sommes entretués; par notre aveuglement et notre soif de domination nous avons causé notre propre perte et à présent nous n’existons plus. Par pitié, ne faites pas comme nous” (car je ne doute absolument pas que l’humanité se détruise elle-même sans intervention extérieure).

4/ Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

En hiver, sur le canapé, roulée dans un plaid avec un thé bien chaud à portée de main.

En été, à l’ombre avec le chant des cigales, ou à l’intérieur, au frais, volets tirets.

5/ Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui  ?

Je ne sais pas. Vraiment pas.

6/ Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Je n’ai jamais lu un seul Harry Potter, ça ne m’a jamais attirée. Je résiste parfois à certains phénomènes, comme ça (c’est un de mes superpouvoirs de Heroes).

7/ Jusqu’où êtes-vous allés pour un livre ?

Au bout de la nuit. Je suis aussi allée jusqu’à penser sérieusement à me faire tatouer pour une illustration renversante des Contes d’Andersen.

8/ Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

N’en choisir qu’un, c’est très difficile. Trop, même. Pour continuer dans la lignée de la première question, la jeune Marguerite Duras, en Indochine (et hop, traversée du temps ET de l’espace). Je lui dirais “Ne t’inquiète pas, tu vas écrire, tu seras même un grand écrivain”. Et sinon, toujours Malraux. Je lui dirais: “Monsieur, vous m’avez mis une grosse, très grosse claque”. Pas très fin mais tellement vrai! J’aimerai bien aussi voir à quoi ressemblait Rimbaud, en chair et en os…

9/ Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Ce serait une bibliothègue grande mais pas trop, tortueuse, sur deux étages (on accèderait au premier par un petit escalier), remplie de livres de toutes sortes non reconverts (je déteste ça). Chaleureuse et lumineuse, avec une grande table au milieu pour pouvoir travailler à plusieurs (c’est la doctorante qui parle!), et plusieurs coins cosy avec tapis, poufs, fauteuils et coussins pour lire bien tranquillement. Bien sûr, on aurait le droit d’y boire du thé et d’y grignoter des douceurs ;)

10/ Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine Seconde Guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

N’ayant aucune illusion sur un quelconque ouvrage pouvant raisonner ce type là, un très, très gros pavé. Le temps qu’il le lise, on aurait le temps de sauver plusieurs bibliothèques ;)

octobre 31, 2009

Un baiser, s’il vous plaît.

Après une journée de travail à la médiathèque (très très productive, entre pause sandwich et pause café), je me suis faite entrainer au cinema par un ami. Le festival du film méditerranéen a lieu tous les ans à Montpellier et je n’y avais jamais mis les pieds jusqu’alors, ce qui est proprement honteux! Le festival consiste en la (re)diffusion de pas moins de 239 films (longs, courts et documentaires) en 10 jours! Autant dire que les puristes s’en donnent à coeur joie en enchaînant les projections. Le pass n’est pas donné (70€) mais si l’on est étudiant, il descend à 25€, très abordable donc pour 10 jours de films et de tables rondes.

(Petite parenthèse, je m’aperçois à l’instant en parcourant le programme que j’ai raté “Tetro” de Francis Ford Coppola avec Vincent Gallo, je me mettrais des baffes!) (c’est vrai, quoi, Vincent Gallo sur grand écran…)

Nous avons donc vu “Un baiser, s’il vous plaît” (2007) d’Emmanuel Mouret, auquel une intégrale a été consacrée durant le festival (il a réalisé entre autre “Laissons Lucie faire”). “Un baiser, s’il vous plaît” s’ouvre sur l’arrivée d’Emilie (Julie Gayet) à Nantes. Alors qu’elle recherche un taxi pour se rendre à son hôtel, elle rencontre Gabriel (Michaël Cohen), qui se propose de l’y accompagner. Il l’invite à dîner et, lorsque la soirée s’achève, elle lui refuse le baiser qu’il veut lui donner. La raison? Une mésaventure qui est arrivée à l’une de ses amies. Curieux, Gabriel veut en savoir plus. Emilie commence alors à lui raconter l’histoire de Judith (Virginie Ledoyen) et Nicolas (Emmanuel Mouret).

Je n’avais jamais vu aucun film du réalisateur et je dois avouer que j’ai été conquise. “Un baiser, s’il vous plaît” est une réflexion très fine sur les sentiments amoureux et le couple. J’ai beaucoup aimé le jeu très théâtral (voulu) des acteurs, les dialogues précis à la virgule près, les décors sobres et beaux (mention spéciale à l’appartement de Judith, tout en teintes blanches et grisées). Au final, une pépite délicieuse, drôle et tout en finesse.

Le film a été projeté en présence d’Emmanuel Mouret et des actrices Julie Gayet (ci-dessus. Je l’ai trouvée lumineuse au possible et sa voix me poursuit encore) et Frédérique Bel (la “minute blonde”, c’est elle!), ce qui rajoutait un charme supplémentaire à la séance. D’ailleurs, nous avons vu le film dans la salle d’Opéra du Corum, que j’ai été ravie de retrouver. Toutes les salles de cinema devraient être conçues sur ce modèle, très pentu avec un écran en hauteur (même la présence d’un géant devant ne gène pas la visibilité). J’ai été vraiment contente de cette soirée, qui m’a conforté dans mon idée de profiter un peu plus des ressources culturelles montpelliéraines (cela dit, un ami cinéphile au courant des bons plans aide beaucoup!).

octobre 29, 2009

Not Handsome Enough to Tempt Me

Aujourd’hui je n’ai pas, mais vraiment pas envie de bosser. L’idée de pâlir sur ma thèse me donne des boutons. Tout ce que je veux, c’est rester roulée dans mon plaid sur le canapé et regarder, pour la trente millionième fois, Pride&Prejudice en sirotant du thé.

Je veux m’extasier sur le sourire d’Elizabeth, les yeux noirs de Mr Darcy et pester contre le vilain Wickham. J’ai envie de rêvasser en m’imaginant dans la campagne anglaise au tournant du 19ème siècle, Pemberley apparaissant devant mes yeux ébahis.

Evidemment, vu que je suis une grande fille raisonnable, je vais plutôt aller prendre ma douche et filer à la médiathèque m’enfermer tout l’après midi avec Julius (c’est le petit nom de mon macbook) pour avancer ce satané article que je dois rendre dans quinze jours. Surtout qu’il est déjà midi et que j’ai passé la matinée devant Dead Poets Society, que je n’avais pas vu depuis des années. Et qu’hier, j’ai passé ma journée à faire les boutiques.

La vie de doctorant, parfois, c’est brimant.

octobre 26, 2009

Your Revenge Will Be So Sweet

Bon, je vous le dis, mais ça reste entre nous. Promis?

Je suis allée hier soir, sous la menace contrainte et forcée, voir Lucky Luke. Entendons nous bien: je savais, en y allant qu’il serait mauvais. Nous le savions tous, d’ailleurs (le forfait fut collectif). Mais l’être humain, aussi intelligent soit-il, obtempérant parfois à des idées saugrenues, nous nous sommes rendus à reculons au Gaumont Multiplexe. Cinéma, soit dit en passant, que je déteste, situé dans un quartier qui tient à la fois de Disneyland et du carton-pâte (si tant est que les deux ne soient pas la même chose).

Eh bien mes amis, ce film n’est pas mauvais du tout.

Il est PIRE.

C’est la plus grosse daube qu’il m’ait été donné de voir sur grand écran depuis des années (il faut dire que de moi-même, je vais toujours voir des bons films). Les acteurs jouent mal, SURTOUT Jean Dujardin. Michaël Youn en Billy The Kid est effrayant de nullité (j’ai d’ailleurs failli pleurer quand j’ai vu son nom au générique) (si ma place n’avait pas coûté la sommé indécente de 10€, je serais partie à ce moment là) et les blagues sont éculées (ou, pour certaines, juste nulles). Mention spéciale à:

“T’es devenu unlucky, Luke!” (wouhou!)

Et puis avoir pris Alexandra Lamy pour interpréter la chérie de Lucky Luke, merci bien, moi le couple Dujardin-Lamy j’en ai soupé, qu’est-ce qu’on a besoin de les voir toujours ensemble? Sylvie Testud, qui joue Calamity Jane, est la seule qui s’en sort à peu près, mais dans un film aussi mauvais, ça ne sert à rien.

Heureusement que mon paquet de pop corns m’a occupée le premier quart d’heure. A part ça, je me suis ennuyée ferme. Seules deux choses ont retenu positivement mon attention, dont une vraie pépite: le très théâtral et très long manteau de Jesse James trainant dans la poussière jaune du désert de l’Utah (mon deuxième crush étant la jupe que porte Calamity Jane à la fin du film).

Il est BEAU, non?

Maintenant que vous avez vu la seule chose digne d’intérêt de cette bouse cinématographique, dispensez-vous d’aller acheter un ticket, vos neurones vous diront merci. Ce qui est dommage, c’est qu’au delà de certains costumes très chouettes, j’ai trouvé les décors vraiment pas mal: très “décors” justement, très colorés, version western spaghetti romantique, entre ombre et lumière, une bonne idée pour retranscrire un esprit BD au cinéma (ce qui n’est pas chose aisée, avouons-le). Mais les acteurs, Seigneur Dieu… J’aurais pu accrocher, dans l’idée, au personnage de Jesse James, le bandit dandy qui déclame du Shakespeare à tout va, mais c’était tellement mal joué, tellement exagéré, tellement faux que je me suis contentée d’apprécier son manteau et son costume trois-pièces.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé, mais une chose en amenant une autre, tout ça m’a fait me remémorer The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, avec Brad Pitt et Casey Aflleck dans les rôles titres, que j’avais beaucoup apprécié. J’ai bien envie, un de ces jours, de le revoir, histoire de me plonger dans un vrai bon film.

octobre 22, 2009

La petite musique d’hiver

J’attendais l’automne avec impatience, mais l’hiver à fait place à la fin d’été, sans transition. Même s’ il nous faut attendre le mois de décembre pour avoir officiellement froid, quand il fait 18°C dans mon appartement, pour moi, c’est déjà l’hiver. Quand je sors avec mon manteau sans avoir eu l’occasion de porter une veste de demi-saison aussi. J’avais hâte que les premiers frimas montrent le bout de leur nez, car après un été entier à mourir de chaud et dégouliner, je trouvais moyen de porter encore des t-shirts et des sandales à la fin du mois d’octobre. Evidemment, maintenant, je râle quand je me lève le matin à 6h30, qu’il fait nuit, que je suis obligée de mettre une (très glamour) polaire et que je me gèle dans la salle de bain en prenant ma douche. Jamais contente celle-ci, vraiment.

Heureusement quand le climat n’est plus clément, on peut faire des tas de choses chouettes. Les premiers froids, sont en effet l’occasion:

- De préparer une bonne grosse soupe pleine de légumes dans la cocotte, en écoutant la BO de Mary Poppins.

- D’acheter de nouvelles sortes de thés ou tisanes aux arômes hivernaux pour se réchauffer quand le ciel est gris : thé de Noël, délicieux Earl Grey, cannelle, amande, menthe poivrée…

- De faire brûler des bougies à la vanille ou de l’extrait de santal dans le brûle-parfum, pour rendre son chez-soi accueillant et réconfortant.

- De se rouler dans une couverture et bouquiner sur le canapé sans culpabiliser et sans se dire qu’on serait mieux à faire une activité de plein air (ce qui ne m’arrivait pas souvent à vrai dire, j’ai 20.000 livres que je dois absolument lire dans ma PAL, et ce depuis des mois!)

- De reprendre d’assaut les pubs et les bars à vin, mais à l’intérieur!

- De se terrer dans les cinéma et les salles d’opéra. Quand je pense que je suis montpelliéraine depuis 9 ans et que je n’ai jamais mis les pieds à l’Opéra Comédie, j’ai honte. Cette année sera la bonne! Il est trop tard pour le Psyché de Lully (il ne reste que des mauvaises places) mais je ne raterai pas la Traviata, même s’il faut attendre mai. J’ai bien envie de voir Otello (de Verdi, de nouveau) en janvier, mais il se joue au Corum, dont la salle est très honorable mais ne possède pas le style à l’italienne de l’opéra Comédie. J’attends que le programme des concerts du conservatoire de musique soit disponible, les orchestres jouent souvent dans une salle de l’opéra et c’est gratuit. D’une manière générale, il faut que je me motive cette année car j’ai trop peu profité des manifestations culturelles de Montpellier, qui sont très nombreuses tout au long de l’année, et de qualité. Shame on me!

L'opéra Comédie

L'opéra Comédie

- De faire des soirées tajine ou raclettes avec les copains, parce-que c’est toujours très sympa!

- De regarder des séries sous la couette sur le petit écran de son ordinateur portable.

- De ressortir, enfin, ses manteaux, ses grosses écharpes toute douces, son béret, ses gants en cuir, ses bottes, ses jupes doublées et ses collants bien épais. Si je ne sais jamais comment m’habiller en été, en hiver c’est un plaisir (et d’une simplicité enfantine!).

Et vous l’hiver?

octobre 18, 2009

Please Don’t Stop The Music

J’ai un peu laissé ce blog à l’abandon ces jours-ci et je m’en excuse platement. Merci à mon mi-temps, je serai en vacances mercredi soir, et ce jusqu’au 8 novembre. Et oui, mes vacances de Toussaint vont durer presque trois semaines (avouez que vous êtes jaloux), de quoi 1/ avancer ma thèse  2/bloguer plus sérieusement 3/ me requinquer un peu, car j’ai mal au ventre, mal aux reins, mal à la tête, bref le dedans de mon petit corps est tout détraqué, et, conséquence directe, je suis lessivée.  Comme je suis totalement inapte à écrire un article conséquent, voilà (encore) un petit tag rigolo. Le principe? Lancer sa playlist en mode aléatoire et répondre aux questions en faisant comme si le titre des chansons avait du sens:

1. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? Beautiful Thing, The Servant. C’est gentil, mais non. Aujourd’hui, ce serait plutôt “sick thing”.

2. Comment les autres vous voient ? Dress You Up, Madonna. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être si dévergondée… ;)

3. Quelle est l’histoire de votre vie ? Be Here Now, Oasis. Erigé en principe à suivre, peut-être bien. J’ai tendance à me plonger dans mes rêveries plutôt que de  vivre pleinement le moment présent.

4. Quelle chanson pour votre enterrement ? My World Is Empty Without You, The Supremes. Si ça, ça n’est pas de circonstance…

5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ? Like A Hobo, Charlie Winston. Sur la route, rien dans les mains, rien dans les poches. Sur le principe, j’adore!

6. Comment être encore plus heureux ? Vade retro téléphone, Bénabar. Pas pour moi, je ne suis pas de celles qui se font harceler, je reçois très peu d’appels.

7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ? China Girl, Iggy Pop. D’avoir eu la chance de vivre en Chine? Peut-être, oui…

8. Pour décrire ce qui vous ravit ? Some Kind of Wonderful, Joss Stone. Of course!

9. Votre boulot pour vous c’est… You’re The First, The Last, My Everything, Barry White. Seigneur Dieu, non, non, non! (sinon je vais me mettre la tête dans le four).

10. Que devriez-vous dire à votre boss ? Mojo Pin, Jeff Buckley. Il le prendrait peut-être mal?

11. Pour vous, l’amour c’est… ? Erase/Rewind, The Cardigans. Comme tout le monde, j’imagine.

12. Pour vous, la sexualité ça doit être… ? Belly Up, Maria Mena. Eh eh. On en apprend tous les jours.

13. Bloguer pour vous c’est… ? Guaranteed, Eddy Veder. Moins ces temps-ci, mais presque!

Prend qui veut!

octobre 11, 2009

“The New World”, Terrence Malick, 2005

L’histoire (presque) vraie de John Smith et Pocahontas.

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1607. Trois bateaux britanniques débarquent des colons sur les côtes de l’actuelle Virginie, sous le regard incrédule et méfiant de la tribu d’indiens locale, les Powhatans.

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Dans la cale de l’un des bateaux, le capitaine John Smith est aux fers pour insubordination. C’est lui qui sera désigné, en vertu de son expérience militaire, pour partir explorer ces immenses étendues de terres sauvages.

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Capturé par les indiens, il ne doit sa survie qu’à l’intervention d’une des filles du chef, Pocahontas, qui se jette sur lui au moment où des guerriers s’apprêtent à le tuer. Sommée d’en apprendre plus sur les intentions des blancs, la jeune fille se lie avec Smith qui lui apprend l’anglais.

Smith, quant à lui, découvre le mode de vie pacifiste des Powhatans. Pocahontas et lui ne tardent pas à tomber amoureux. Malgré les avertissements de son père qui lui a fait promettre de faire passer son peuple avant tout, Pocahontas éprouve un amour absolu pour Smith.

Celui-ci est finalement renvoyé auprès de ses pairs, qui entre temps ont fondé le village de Jamestown. Cependant, l’hiver arrive et les anglais, n’ayant pas pu cultiver la terre, manquent de vivres. C’est alors qu’une délégation de Powhatans, menée par Pocahontas qui souhaite revoir Smith, leur apporte des provisions, les sauvant d’une mort certaine.

Quand le père de Pocahontas découvre qu’elle a donné aux blancs des pousses de maïs leur permettant de démarrer des cultures et, de fait, de survivre et s’établir durablement dans la région, il la chasse de la tribu. La jeune fille se réfugie alors à Jamestown. Alors qu’elle espérait retrouver Smith, on lui apprend que celui-ci a succombé à une blessure fatale.

Bien loin des clichés d’une histoire d’amour exotique, The New World est une véritable oeuvre d’art cinématographique. Les dialogues y sont rares, la musique omniprésente et la photographie à se damner. Terrence Malick filme les paysages d’Amérique comme il filmerait un paradis où la brise chatouillerait les herbes et le soleil rirait dans les cheveux des acteurs.

Il rend les cours d’eau et les pierres vivantes, le ciel infini, les corps cuivrés si souples qu’ils semblent faits de cette terre splendide, les rires si purs qu’ils s’envolent au vent entre les branches des arbres millénaires. La lenteur des images est  une ode à la beauté dramatique d’un monde sur le point de disparaître.

The New World est en effet une envoûtante histoire tragique, la confrontation entre deux civilisations dont l’une va aspirer l’autre, un Eden qui vit ses derniers instants.

C’est aussi l’histoire d’une jeune fille dont les sentiments vont causer la perte de son peuple, et qui aura presque raison de sa propre vie jusqu’à ce qu’un pasteur, John Rolfe,  décide de sauver son âme.

Les archives concernant John Smith et Pocahontas sont rares. L’histoire ne dit pas s’ils ont réellement été amants, mais cette relation a été exploitée  et romancée de nombreuses fois. La trame narrative du film, cependant, colle à la réalité historique. La rencontre, l’exil,  Pocahontas devenue Rebecca, son destin qui la mènera bien loin de sa terre natale jusqu’à la cour d’Angleterre.

The New World m’a fait apprécier Colin Farrell, criant de profondeur en un John Smith aux sentiments hésitants, perdu entre deux mondes. Christian Bale campe le pasteur John Rolfe, doté d’une bonté et d’un amour infinis. J’ai même eu la très bonne surprise d’y retrouver Wes Studi, un acteur Cherokee que j’adore.

Mais c’est la gracieuse Q’Orianka Kilcher à la gestuelle dansante qui porte le film, tour à tour sauvageonne à l’innocence surréaliste, amoureuse aux sentiments indéfectibles, jeune fille grave en corset, elfe mutin en jupons, divinité des eaux en robe émeraude.

Il faut absolument voir The New World pour sa poésie, sa magistrale beauté, la lumière qui émane de la moindre de ses images, pour ses cours d’eau, ses herbes folles, son océan, pour l’Amérique disparue, pour l’Angleterre du dix-septième siècle, pour ses corps et ses âmes filmés au plus près.

Je ne trouve plus les mots pour vous convaincre plus, aussi je vous laisse sur ces quelques lignes extraites d’une critique de “film de culte”, dithyrambique, certes, mais très juste: L’insensée réussite du “Nouveau Monde”, le plus beau film de ce nouveau millénaire, soyons définitif, tient dans le fragile équilibre entre le respect à la légende et son interprétation poétique. Malick réussit à raconter une passion intime et à toucher à l’universalité, à raconter le destin d’une jeune femme et celui de l’humanité. Maelström de sensations, film-trip d’une perfection absolue du premier au dernier plan, le “Nouveau Monde” tient du miracle, du tour de magie d’un cinéaste au sommet de son art.



octobre 8, 2009

En mode recherche

Je dois rendre un article assez pointu samedi dernier délai et je suis comme qui dirait charrette. Je vais donc me pencher dessus aujourd’hui et demain et vous abandonner jusqu’à ce week-end. Après, promis, mes folles aventures reprennent.

octobre 5, 2009

De la frisure

Lu sur Menstyle.fr:

En poussant, votre chevelure boucle, ondule, ou pire, frise. Résultat vous avez l’air juvénile, voir féminin. Pas de panique, vous n’êtes pas obligé de vous raser la tête pour garder votre masculinité (…) Comment rester viril avec une chevelure qui boucle? Voici 21 propositions chic et mâles

Suivent 21 photos de coupes pour les messieurs qui n’assument pas leurs bouclettes. J’ai ri toute seule dans mon canapé pendant 10 bonnes minutes tant les photos et les légendes les accompagnant sont d’un comique sans nom.

“Trop de volume? Trop de boucles? Coupez court au lieu de raser simplement”. Mais pourquoi n’y avait-on pas pensé avant?!

“Si vous optez pour du court, laissez quelques longueurs stratégiques, sur le haut du front par exemple. Et n’oubliez pas vos énormes lunettes Dior”. Mouhahaha!

La technique un brin excentrique : les tresses. L’originalité : les faire de gauche à droite et non d’avant en arrière” (image en taille réelle ). Mouhahaha (bis)!

L’article est  si vous voulez le lire en entier, ça vaut son pesant de cacahuètes. La style “aristo”, par exemple… vous m’en direz des nouvelles.

Ceci dit, les frisés (il faut dire “ondulés” pour ne pas les vexer) (oui mon Chéri je parle de toi, là) ont réellement tendance à s’aplatir les cheveux  parce-que “j’aime pas quand ça bouuuucle!” est une vraie maladie masculine. Mon cousin de 17 ans utilise même un lisseur avant de se coller la frange sur le côté du crâne à grand renfort de gel (je ne vous raconte pas la touche qu’il a). J’ai envie de dire: d’où les boucles ça n’est pas viril? Personnellement, j’ai toujours adoré les cheveux frisés. Je suis amoureuse des tignasses rebelles, des frisettes folles, du crépu, de l’over-bouclé.  C’est  vrai quoi, y’en a marre des cheveux lissés et de la frange raide plaquée sur le front (je bosse dans un lycée, vous n’imaginez pas combien j’en vois par jour).  Quand j’étais à la fac, il y avait un grand roux bouclé aux cheveux longs en cours d’anglais avec moi, j’étais tombée en amour avec sa crinière.

La semaine dernière, j’ai rencontré mon fantasme capillaire ultime, un coup de foudre total. Quand il est entré dans le bureau, j’en suis restée bouche bée, un crush de folie. Ça donnait quelque chose qui ressemblait légèrement à ça (oui je sais c’est une fille) (je n’ai pas trouvé mieux):

mais en beaucoup plus fun, version tire-bouchons compacts. Hier, il est revenu. Quand il a baissé la tête pour écrire son nom sur un bout de papier, je me suis retrouvée nez-à-nez avec les boucles les plus délirantes qui soient. Le genre de mèches sur lesquelles on a envie de tirer rien que pour les plaisir de les voir remonter toutes seules comme des ressorts (j’ai glapi de joie intérieurement en m’imaginant la chose). J’ai vraiment, VRAIMENT pris sur moi pour me contrôler. Si j’avais pu lui en couper une, j’aurais fait joujou avec tout la journée en gloussant comme une débile, c’est sûr (je pense qu’il n’aurait pas apprécié, bien qu’il ait l’air d’être le type le plus souriant, le plus poli et le plus gentil de la terre). Je me souviens d’une fille qui avait des frisettes comme ça à la fac, un jour, alors qu’elle était assise devant moi, une de ses anglaises a atterri sur mon bureau, j’en étais hypnotisée de désir. “Tire dessus, juste pour voir comment ça fait!” criait le démon à ma gauche. “Oh oui, ça doit être tellement bien! susurrait l’ange à ma droite (le salaud!) Arrrgh!

Bien sûr, je ne l’ai pas fait. Ni cette fois, ni hier, ni jamais. Je ne suis pas une psychopathe.

Ahum.

Oui, bon, d’accord.

C’est un de mes grands fantasmes, je sais, je suis étrange.

Bref, tout ça pour dire que les baguettes de tambour ça va 5mn, arrêtez de complexer, les mecs, curl is fun!

Et sinon, vous, les boucles?

octobre 2, 2009

Tout sur ma mère

Aujourd’hui je me suis fait la réflexion suivante: “Ma puce, ton pauvre blog n’a vraiment aucune ligne éditoriale”.

(Nan, je déconne, c’est Jean-Louis, la soixantaine bien sonnée, le gardien du lycée, qui m’appelle comme ça. Il m’offre des madeleines et il veut manger avec moi à la cantine, le vieux filou. Mais ça va, il est gentil.)

Non, je n’ai aucune ligne éditoriale, mais en fait, je m’en contrefiche. Ça tombe bien, j’ai envie de vous parler de plein de trucs différents en ce moment: de films (plein, plein, plein, j’ai des milliards de compte-rendus avec de jolies images à faire), de littérature, de ma thèse, de produits de beauté bio que j’ai découverts, de messieurs chevelus, de mon appartement, de mon boulot, de tout et de rien, bref de ma vie quoi. On s’en fout si c’est un peu le bordel, non?

Hier  je suis allée au centre commercial d’Odysseum avec mes parents. Ils nous en on fait un tel baratin (la mairie et la région sont le paradis des mégalos) à grand renfort de “plus grand centre commercial d’Europe” et patati et patata, que bien évidemment, en grosse curieuse que je suis, je ne pouvais pas ne pas y aller.

En plus, il y a un H&M.

(Vous vous rendez compte qu’il y a deux semaines, il n’y avait PAS d’H&M à Montpellier? Oui, je comprends votre désarroi, ça m’a fait la même chose)

Ce qui est conceptuel, c’est que la tram arrive directement au milieu du centre. Comme ça, hop, aussitôt descendu, on peut consommer. C’est-y pas beau? Bref, là n’était pas mon propos. Faire les magasins avec mes parents, c’est tout un poème. Au premier magasin de chaussures que nous croisons, j’entends ma mère hurler, aussi finement que Cindy Sanders chante à la foire au cochon de St-Roustiquette-sur-Marne:

139€ DES CLARKS ????!“.

Pour vous faire une idée, imaginez le paysan de la Creuse qui débarque à Paris avec ses sabots. Le pire, c’est qu’elle a continué en nous prenant à témoin et en montrant la vitrine du doigt:

“REGARDEZ, 139€ DES CLARKS!!!”

Il faut savoir que ma mère est restée bloquée dans les années 80, elle croit toujours qu’on peut trouver des t-shirts à 5F et des cassettes audio d’Yves Duteil.  ”OOOOh mais c’est vraiment n’importe quoi, hein, nous on les achetait 50F!!!

“Non mais chuuut, arrête de crier si fort, maman”, dis-je à voix basse, tandis que mon père s’enfuit à toute jambe en criant:

“Ah NON, mais PLUS JAMAIS je ne sors avec toi, PLUS JAMAIS, HEIN, non mais on dirait que t’es jamais sortie de ta cambrousse! “

“Mais papa, chuuuut…!!!”

“AH NON, PLUS JAMAIS, C’EST LA HONTE!!!”

Un vrai sketch.

Mais en fait, il suffit de s’habituer et de le prendre à la rigolade. Ma mère est comme ça, et ce n’est pas à son âge qu’elle changera. Quand on mange des olives, elle ne trouve rien de mieux que se curer les dents avec les piques en bois. Quand on se cherche et qu’elle me voit de loin, elle crie “Wouhouuu, Emily! Wouhouuu!!!” en faisant le sémaphore. Quant un piéton traverse hors du passage clouté, elle lui crie de la fenêtre “Ben elle les bouge ses grosses fesses!”. La finesse incarnée, je vous dis. Elle se fiche royalement de ce que les autres peuvent penser (heureusement, vu ce qu’ils doivent penser).

C’est ça que je voulais vous dire, aujourd’hui. Ma mère n’est pas sortable. Si j’étais encore ado, j’en mourrais de honte, mais tout bien pesé, ç’a un côté assez drôle. Si on le prend au douxième degré. Bon, évidemment, en réaction, il y a longtemps que j’ai décidé qu’être une femme du monde distinguée, c’était quand même mieux.

Eh eh.

Spécial kassdédi à ma reum que j’aime très fort quand même, ouech ouech! (mais non en vrai t’es pas si pire maman ;) !)

septembre 30, 2009

What The Book Said

Encore un tag, dérobé chez mon dealer de tags officiel (c’est elle qui a inventé l’expression, rendons à César…). Il faut répondre aux questions en citant le titre d’un livre lu dans l’année, en n’utilisant chaque titre qu’une fois. Après un grand moment de cogitage, j’ai réussi! Vous savez que  je travaille sur ma thèse, aussi vous ne vous étonnerez pas que beaucoup de ces romans soient chinois.

Décris-toi : L’insecte sur la toile (Dai Lai) (je suis super fière de celle-là, rapport à mon blog hi hi)

Comment te sens-tu ? : Ni d’Eve ni d’Adam (Amélie Nothomb)

Décris là où tu vis actuellement : Revolutionary Road (Richard Yates)

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : Tropique du Cancer (Henry Miller)

Ton moyen de transport préféré : Sur la route (Jack Kerouac)

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Femme, Femme, Femme (Han Shaogong)

Toi et tes amis, vous êtes : Un homme bien sous tout rapport (Chi Li)

Comment est le temps : Trouée dans les nuages (Chi Li)

Ton moment préféré de la journée : Soleil du crépuscule (Fang Fang)

Qu’est la vie pour toi : L’incontournable histoire (Zhu Wenying)

Ta peur : Et si c’était niais ? (Pascal Fioretto)

Quel est le meilleur conseil que tu aies à donner :  Lust, Caution (Eileen Chang) (sortez couverts!)

Pensée du jour : Comment m’est venue ma philosophie de la vie (Yin Lichuan)

Comment aimerais-tu mourir ? Vipère au poing (Hervé Bazin)

La condition actuelle de mon âme : Amère jeunesse (Wang Anyi)

A vous!

septembre 29, 2009

This is so going in my blog!

Je viens de m’apercevoir que l’irrévérencieux et hilarant Barney Stinson de l’irrésistible série How I Met Your Mother n’est autre que le surdoué Dr Doogie de notre adolescence (ça va, vous pouvez dire que je suis longue à la détente, je ne me vexerai pas!). Souvenez-vous, l’improbable histoire d’un gamin de 14 ans diplômé en médecine!

Une (très longue) video pour les fans!

J’ai toujours aimé la rentrée, beaucoup plus que l’été, pendant lequel j’ai l’impression que le temps n’en finit pas. Il fait chaud, beaucoup trop chaud, tout s’arrête (du moins à Montpellier), bref, je me sens en stand by et je n’aime pas ça. En plus, les saisons de mes séries préférées s’arrêtent et je suis en manque (vous avez dit accro?). A présent qu’elles sont de nouveau  disponibles, je revis et je réinvestis le canapé pour ma gaver de Grey’s Anatomy, Fringe, HIMYM et Dr House. Et c’est bon! Que dis-je? It’s legen… wait for it… wait a bit more… DARY!

septembre 26, 2009

She’s A Maniac

A chaque changement de saison, j’attrape un coup de froid, ou de chaud, bref quelque chose de très désagréable, signe que mon corps me dit “attention, printemps/été/automne/hiver en vue!”. Cette fois-ci, vu que l’été peine vraiment à nous quitter dans le sud (27°C cette semaine), il s’agirait plutôt d’un chaud-froid. Quoiqu’il en soit, les symptômes sont toujours les mêmes: maux de tête, maux de gorge et accessoirement nez qui coule.

Dans ces cas là, avec ma gorge en feu, j’ai subitement l’impression que l’air de l’appartement est saturé de poussière, irrespirable et j’étouffe (je vous le répète, j’ai l’art de l’emphase). Hier, ma crise de maniaquerie inter-saisonnière a donc fait subitement irruption et à minuit je me suis retrouvée à shampouiner notre tapis à poils (le tapis, pas moi, notez le pluriel) dans la baignoire, au Pantene Pro V (je vous recommande fortement ce shampooing pour les tapis, ça leur fait le poil soyeux et la truffe humide). Après avoir inondé la salle de bain, le couloir et la chambre, j’ai enfin réussi à mettre le fauve à sécher sur le rebord de la fenêtre (c’est lourd ces bêtes-là). Ensuite, tout l’appartement a fait les frais de ma folie ménagère: et hop, le plaid du canapé, le tapis de bain, le couvre-lit, à la machine! Désinfection totale de la salle de bain et des toilettes (tant qu’on y est), poussière traquée dans la chambre et le salon, vaporisation d’huiles essentielles sur le matelas, le textile et dans l’air.

Eh bien mes amis, ça va beaucoup mieux. Après cette nuit de folie, j’ai l’impression que l’atmosphère est redevenue pure. Tout sent le frais et l’air est respirable (à ce stade, vous devez croire que je vis dans un taudis, rassurez-vous, ça n’est pas le cas!). Bon, en fait j’ai nettement moins mal à la gorge, ceci expliquant cela. Ceci dit, si je n’étais pas régulièrement importunée par le changement de saison, j’aurais du mal à me motiver pour nettoyer les “grosses pièces”, comme ce foutu tapis qui pèse 40kg quand il est imbibé d’eau (un nettoyage annuel suffit amplement, c’est moi qui vous le dis).

Sur ce, je dois me remettre à travailler sur un article très sérieux. Avant de vous laisser, j’ai quand même envie de vous faire partager cette video d’un sympathique monsieur moustachu fort doué, trouvée alors que je cherchais des tablatures de ukulélé. Les fans du Magicien d’Oz et de Louis Armstrong y trouveront leur compte (vous pouvez même chanter en karaoké si le coeur vous en dit). Alors, ça met un peu de soleil dans son chez-soi le matin, non?

septembre 22, 2009

Hang Up The Phone Just Let Me Go

Le téléphone du bureau des classes préparatoires sonne tout le temps.

Ring ring! Une mère qui voudrait que l’on mette en quarantaine tous les élèves qui ont le nez qui coule pour que son fils n’attrape pas la grippe: “Vous comprenez, ils sont peut-être très costauds et n’ont pas d’autres symptômes que celui-ci!”.

Ring ring! “Au secours, nous ne trouvons pas le dossier de Tartampionne en prépa véto!”.

Ring ring! Un prof mécontent qu’on ne lui ait pas attribué de salle, normal, il n’en a pas fait la demande.

Ring ring!  Parfois, les appels me donnent une vraie bonne raison de me prendre un fou rire. “Bonjour, je vous appelle au sujet de ma fille Unetelle qui est en classe d’hippocampe chez vous”.”Bonjour, est-ce que vous avez des classes préparatoires BEP esthétique?”.

On m’a prêté le roman de Richard Yates La fenêtre panoramique (Revolutionary Road en anglais, qui a donné naissance au merveilleux film éponyme avec Kate Winslet et Leonardo di Caprio -Les noces rebelles en français). Nonobstant la teneur en humour de certaines conversations, je suis dérangée dans ma lecture.

En super bonus (de circonstance) ma chanson préférée de Mika!

PS: Qui est la vicieuse qui est tombé sur mon blog en googlisant “Colin Firth nu”? Hein?

septembre 19, 2009

“Heavenly Creatures”, Peter Jackson, 1994

Nouvelles-Zélande, 1953. Juliet Hulme, une anglaise solaire et spirituelle issue d’une famille aisée fait son entrée au lycée de jeunes filles de Christchurch. Très vite, elle attire l’attention de Pauline Parker, adolescente terne et boudeuse. Les deux jeunes filles, aussi solitaires et passionnées l’une que l’autre, vont rapidement se lier d’amitié.

Devenues inséparables, elles passent alors le plus clair de leur temps ensemble dans la propriété des Hulme, lesquels traitent Pauline comme si elle était leur propre fille. Fantaisistes, Juliet et Pauline s’inventent un monde imaginaire morbide et onirique baptisé le “quatrième monde”, régit par des saints, figures idéalisées d’acteurs et chanteurs qu’elles idolâtrent.

Au fil du temps, Juliet et Pauline, sous l’oeil inquiet de leurs familles, vont s’enfoncer dans une relation exclusive et amoureuse et se détacher du monde réel pour se consacrer au quatrième monde. Quand l’état de santé de Juliet nécessitera de l’envoyer sous un climat plus chaud, la séparation, qui apparaîtra comme salutaire pour les deux familles choquées de la tournure de cette relation, sera inéluctable. Les jeunes filles, qui vivent uniquement l’une pour l’autre, imaginent alors une solution radicale pour rester ensemble.

Basé sur l’affaire Parker-Hulme qui horrifia la Nouvelle-Zélande des années 1950, Heavenly Creatures dépeint admirablement cette intense amitié adolescente qui tournera au drame. Après le jubilatoire et gore Braindead, Peter Jackson brosse un univers totalement différent, onirique et violent, tenant à la fois du conte de fées et de la folie.

Le film, dont le fil conducteur est le journal intime de Pauline, est un voyage rythmé à travers l’imagination des deux adolescentes et les lettres qu’elles s’échangent. Leur monde imaginaire est prétexte à des scènes visuellement délirantes qui s’intensifient et se multiplient à mesure que les jeunes filles s’enfoncent dans leurs fantasmes.

Le scénario est porté par le jeu vraiment excellent des deux actrices (Kate Winslet et Melanie Lynskey) dont c’est, pour chacune, le premier rôle au cinéma. Si l’une a connu plus de succès que l’autre par la suite,  on peut néanmoins retrouver Melanie Lynskey dans la série  Mon Oncle Charlie.

Une petite info au passage, la vraie Juliet Hulme, qui prit le nom d’Anne Perry à la suite de l’affaire (non, je ne vous dévoilerai pas tout, allez voir le film!), est la créatrice du personnage de détective anglais Monk.

Fait intéressant, Anne Perry/Juliet Hulme affirme avoir été énormément influencée par les auteurs qu’elle a lu étant jeune, principalement Lewis Carroll. Le monde fantasmagorique de Juliet et Pauline dépeint dans Heavenly Creatures possède incontestablement un côté Alice au pays des merveilles, à la fois féerique, inquiétant et dérangeant.

Que dire de plus pour vous encourager à voir Heavenly Creatures si vous ne le connaissez pas? Que Peter Jackson savait déjà mettre en scène des chevaliers avant le Seigneur des Anneaux? Que le film a obtenu le lion d’argent de Venise? Que Kate Winslet est phénoménale? Ah si, je sais: les filles, il y a des costumes des années 50! Ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué le maillot de Kate, je ne vous croirais pas…

septembre 15, 2009

En attendant la suite…

Je suis désolée de vous abandonner ces jours-ci, mais on m’a proposé 35h de travail en plus de mon mi-temps, et j’essaie de faire le maximum d’heures cette semaine pour être débarrassée. Du coup, je fais des journées de 10h et quand je rentre je n’ai qu’une envie, me vautrer sur le canapé et regarder des séries (je suis une mauviette). D’ailleurs, je note que ce soir il y a Desperate Housewives sur M6. Je n’ai pas du tout suivi la nouvelle saison, il va falloir que je m’y mette.

En même temps, France 2 diffuse un documentaire sur la seconde guerre mondiale, mon coeur balance. Oui, quand mon cerveau est liquéfié après des heures de saisie informatique et de fouilles archéologiques dans des dossiers, je deviens téléphage.

Je vous concocte pour très bientôt (promis) un article sur le très beau film de Peter Jackson Heavenly Creatures avec Kate Winslet. Sur ce, je vais préparer un repas très élaboré digne d’un étoilé du Michelin: steacks hachés et pommes noisettes. Le nec plus ultra de la gastronomie française, oui Madame!

Sinon, je vends ma Super 5, il n’y aurait pas un(e) montpellierain(e) intéressé?

septembre 9, 2009

Me and Myself

Lecteurs, lectrices, je plaide coupable, j’ai encore volé un tag.

Donc:

Quatre jobs que j’aurais aimé exercer :

- Archéologue (mon fantasme de collégienne)

- Musicienne ou chanteuse (de rock, d’opera, tout me va !), si j’avais su chanter

- Reporter

- Ecrivain

Quatre films que je connais par coeur :

- Chungking Express de Wong Kar Wai

- Pride and Prejudice (la version BBC) de Simon Langton (là, je sens que je fais dans l’originalité, tiens…).

- Bridget Jones’s Diary de Sharon Maguire (oui, bon…)

- A la verticale de l’été de Tran Anh Hung (je pourrais presque réciter les dialogues en vietnamien de mémoire, alors que je n’en parle pas un mot)

Mes quatre livres préférés :

- Madame Bovary de Gustave Flaubert

- Le Journal d’Anais Nin

- La condition humaine d’André Malraux

- L’Amant de Marguerite Duras

Quatre émissions ou séries:

- How I met Your Mother

- Faut pas rêver

- Dr House

- Taratata

Quatre endroits où j’aime(rais) passer mes vacances :

- A Londres (en fait, j’aimerais y vivre, mais à défaut, y passer mes vacances serait déjà bien)

- Dans un cottage dans la campagne anglaise (monomaniaque, moi ?)

- En Nouvelle-Angleterre (ça va, j’ai dit NOUVELLE) quand les arbres sont en fleurs, la mer bleue et la brise fraiche *soupir*

- En Chine

Quatre sites web que je visite quotidiennement :

- Mon blog, ceux de ma blogroll et ceux qui figurent dans mes signets

- Youtube (je trouve toujours une vidéo ou un film à regarder)

- Fabula.org, pour les appels à contributions des revues littéraires

- Wikipedia (je m’y retrouve toujours pour une raison ou une autre, quoi que je fasse)

Quatre plats que je ne mangerai jamais :

J’ai très peu de dégoûts alimentaires, mais certaines choses ne m’emballent pas vraiment.

- Des abats. En fait, j’ai déjà mangé des intestins de canard en Chine parce-que j’étais invitée et que je ne voulais pas être impolie, mais on ne m’y reprendra plus.

- Du steack tartare. Je n’aime pas la viande crue.

- Des insectes vivants (beuk)

- Du civet d’enfant mouhahaha !

- Quatre plats que j’adore :

- La soupe, sous toutes ses formes

- Les pâtes, sous toutes les formes aussi.

- Les sushis

- Les salades

Quatre endroits où j’aimerais être en ce moment :

- A Looondres ! (bouhouhou !)

- A la fac, en train de soutenir ma thèse devant un jury, car cela voudrait dire qu’elle serait finie.

- Dans mon lit (je ne vais pas tarder)

- Dans une maison sur pilotis, à écouter le clapotis de l’eau pour m’endormir

Quatre personnalités actuelles ou passées que j’aimerais rencontrer :

Difficile, cette question, car je me moque de rencontrer les gens, même ceux que j’admire. Oui, je suis une asociale dans l’âme. Je dirais :

- Roman von Ungern-Sternberg, pour savoir comment il était vraiment

- Anaïs Nin

- Jésus, pour enfin savoir s’il était fou ou simplement très mystique.

- A peu près tous les écrivains du monde, en fait ☺

Quatre voeux pour l’année prochaine :

- Finir il faudrait plutôt dire commencer ma thèse

- Qu’on m’offre dans la foulée un super poste à la fac

- Qu’un inconnu très très riche me lègue sa fortune (auquel cas les deux réponse précédentes seraient caduques, car je n’aurais plus besoin de travailler et je pourrais mettre dix ans à rédiger ma thèse, sans pression)

- Et ça ira bien comme ça !

Quatre centres d’intérêt ou activités :

- La lecture

- Le cinéma

- Ne rien faire

- Cette rentrée devait être celle où je me mettrais au yoga car nous sommes plusieurs à être motivés. Alors, aboutira, aboutira pas ?

septembre 7, 2009

Toutes les femmes de ma vie

Aucune allusion aux L5 ne sera faite dans cet article.

Après vous avoir fait partager mes goûts (et dégoûts) en matière d’hommes, je me suis dit qu’il y avait également des femmes dont j’étais totalement amoureuse et à l’apparition desquelles je tombais littéralement en pâmoison. Car si nos amis les hommes, pour la plupart, parlent avant tout à mes hormones, ces dames remuent des choses que je ne pourraient même pas expliquer. Ce sont des histoires de coeur, d’amour, de soralité (toi la soeur que je n’ai jamais eue, sais-tu si tu avais vécu, ce que nous aurions fait enseeembleuh), voire de maternité. Voici, en vrac, les femmes de mon coeur:

Kate Winslet

Quand mon chéwi du lycée (oui ça date) m’a dit que la première fois qu’il l’avait vue, il était tombé amoureux d’elle, je n’ai pas relevé. Bien plus tard, j’ai compris que moi aussi, j’étais irrémédiablement amoureuse de Kate Winslet. Depuis Créatures Célestes (un chef-d’oeuvre de Peter Jackson, courez le voir) en passant par Holy Smoke (où Kate nous apprend à rester belle et émouvante en se faisant pipi dessus), jusqu’aux Noces Rebelles dans lequel elle m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, chacune de ses apparitions m’irradie.

Keira Knightley

Vue pour la première dans Pirates des Caraïbes, elle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Puis j’ai visionné Love Actually, dans lequel j’ai commencé à trouver ses mimiques adorables. L’apothéose fut atteint quand je l’ai découverte en brune (avouons-le, le blond ne lui va pas). J’ai craqué sur Keira comme on craque sur un mignon petit chat. Si je pouvais l’adopter, je la poserais au pied de mon lit et lui demanderais de sourire (en découvrant ses dents) pour réchauffer mes nuits d’hiver.

Meryl Streep

Jeune ou moins jeune, j’idolâtre Meryl Streep. Dans tous ses rôles. Je la trouve grande, talentueuse, magnifique. Pas grand chose de plus à rajouter. A part peut-être que si j’avais une prière à exaucer, se serait de ressembler à Miranda Prietsley quand je serais vieille – physiquement, s’entend.

Monica Bellucci

Du temps de sa splendeur (comprendre: quand elle était un peu plus jeune) elle m’aurait fait virer de bord. Je pense n’avoir jamais vu visage si parfait de toute ma vie. Si Mel Gibson ne l’avait pas choisie pour interpréter la Vierge dans La Passion du Christ, c’est tout de même son visage que j’aurais associé à la Madone. Je dois quelque part avoir des gènes masculins, car à chaque fois que je la vois, j’en reste comme deux ronds de flan. En fait, je ne suis jamais vraiment remise de l’avoir vue en Malèna…

Tran Nu Yên-Khê

Incarnation de la grâce, finesse à l’état pur, brise de fraîcheur, je crois bien qu’elle est mon premier grand amour féminin. Tran Nu Yên-Khê est l’épouse et actrice fétiche de Tran Anh Hung, le réalisateur de l’Odeur de la papaye verte, Cyclo et A la verticale de l’été (le film le plus poétique au monde, emmené par la voix de Lou Reed, le chant des oiseaux, les clapotis de l’eau et des chansons vietnamiennes).

Elle est aussi celle qui m’a donné le plus de complexes quand j’étais ado: je désirais avec acharnement les mêmes longs cheveux noirs, la même peau de satin, la même gracilité… Le jour où j’ai enfin compris que je ne me transformerai jamais en vietnamienne, ça m’a passé. Il n’empêche, on n’oublie pas ses amours adolescentes si facilement et j’attends avec impatience  de la revoir sur grand écran.

Marilyn Monroe

Je l’ai toujours trouvée plus jolie que belle. Une éternelle enfant fragile qui transpirait la féminité, voilà ce qu’était Marylin pour moi. J’aime sa voix (on parle très peu souvent de sa voix, alors qu’elle était extraordinaire), sa drôlerie, sa profondeur et ses blessures. Son triste destin et sa trop grande solitude me font mal au coeur, et c’est son visage un peu triste, caché derrière le sex-symbol souriant et crée de toutes pièces, qui me touche le plus.

Et vous, les femmes de votre vie?

septembre 3, 2009

Ungern, l’homme d’un rêve

Trêve de futilités, ce n’est pas parce-qu’on est sur un blog de fille qu’on va passer notre temps à causer chiffons. Si j’aime les robes, j’aime aussi les aventures, les épopées et les grands fous. Voici donc venu le temps de vous parler d’un homme pour lequel j’éprouve la plus grande fascination: le baron Ungern-Sternberg.

Ungern en 1920

Ungern en 1920

Aussi intéressante que soit la biographie et l’ascendance de Roman Fiedorovic von Ungern-Sternberg (appelé aussi Ungern von Sternberg), né en 1885 et descendant d’une lignée de nobles baltes, j’irai pour l’instant à l’essentiel: le baron embrassa une carrière militaire en tant qu’officier dans l’armée impériale russe.

Lorsque la révolution bolchévique et la guerre civile russe éclatent en 1917, Ungern se range du côté des Blancs sous les ordres de l’attaman (chef cosaque) Semenov, dont l’armée à été repoussée par les Rouges dans la région du Lac Baïkal. Farouchement opposé à la révolution qu’il considère comme l’ennemie du genre humain et de la civilisation, Ungern-Sternberg, qui se sépare de Semenov en 1920 afin de combattre à son compte, crée depuis la cité mongole de Douria dont il a pris le commandement une armée unique en son genre et sans précédent qui restera dans la légende: la Division Asiatique de Cavalerie, ou Division Sauvage, composée d’émérites cavaliers russes, cosaques, bouriates, mongols, tibétains et japonais. Entouré par les armées ennemies (russes rouges et chinois républicains) contre lesquelles la Division mènera de féroces combats, Ungern poursuit un but: faire de la Mongolie un grand état indépendant.

Ungern, avec ses cavaliers, conquiert Ourga (l’actuelle Oulan-Bator, capitale de la Mongolie), alors aux mains des chinois, libérant au passage le Bouddha vivant (troisième dignitaire dans la hiérarchie bouddhiste, après le Panchem Lama et le Dalai Lama), prisonnier de ces derniers. Considéré comme le libérateur des mongols, le baron est alors élevé au rang de “Premier Prince de Mongolie” par le Bouddha vivant, ce dernier étant lui-même couronné empereur divin. Ce couronnement est pour Ungern, devenu Ungern Khan, nimbé d’une aura divine auprès des mongols qui lui accordent toute confiance, une première victoire, lui dont l’ambition est ni plus ni moins de rétablir les monarchies dans le monde entier.

Ungern-Sternberg par Hugo Pratt

Etant très peu versée dans l’histoire militaire et encore moins admiratrice de la chose, ce sont de ses rêves insensés que me vient cette fascination pour lui: en effet, Ungern-Sternberg entendait créer un état panasiatique, résurrection de l’empire de Gengis Khan, dont les moeurs et la politique, bien loin de celles de l’Europe occidentale décadente, seraient pures. Grand admirateur des populations nomades, l’ambition folle et utopique d’Ungern était d’agrandir la Mongolie, puis de gagner la Russie et enfin l’Europe, non pour assouvir une soif de conquête mais pour créer un “empire universel” qui restaurerait “le royaume de Dieu sur terre”, d’insuffler une sagesse orientale à une Europe qui en manquait tant “(…) nous rallierons les bouriates et les Khirgiz, nous pousserons vers le Turkestan, le Tibet, la Corée, le Cachemire… Je vais sonner le grand réveil des peuples qui se joindront à nous pour rester libres, pour devenir eux-mêmes, pour conserver leur héritage et leur foi. Face à L’internationale de Moscou, je veux fonder l’Internationale d’Ourga*”, écrit le baron dans sa correspondance.

Ungern dans le film "Corto Maltese: la cour secrète des arcanes", 2001

Ungern dans le film "Corto Maltese: la cour secrète des arcanes", 2001

L’histoire et la légende s’emmêlent inextricablement quant à la personnalité du baron, les descriptions qui nous restent de lui se contredisant parfois. Fervent chrétien mais bouddhiste convaincu, officier revêtu de la robe traditionnelle mongole (voir photo), noble à l’ascendance guerrière indéniable (croisés, chevaliers teutoniques) et mystérieuse (un de ses ancêtre passait pour alchimiste), très intelligent, courageux, dépourvu de sensibilité, homme de bien, voilà, entre autre, ce que l’on retiendra d’Ungern. Surnommé post-mortem “le baron sanglant”, en vertu d’une férocité qui fut plus tard démentie, il entreprend cependant de réformer Ourga pour le bien de la population en faisant notamment réparer les réseaux électriques, réouvrir les écoles et créer un hôpital; ascète intransigeant, idéaliste et mystique (on raconte qu’il consultait des devins, l’un d’eux lui ayant annoncé sa mort), Ungern-Sternberg voyait dans son combat une lutte ésotérique entre le bien et le mal, une façon de vaincre l’inéluctable malédiction prophétisée par les tradition chrétiennes et bouddhiques qui mettrait fin à la civilisation. Ungern, aux rêves trop fous (ou à la quête trop noble) pour être partagé par ses pairs, sera trahi par l”un de ses lieutenant et livré aux bolchéviques, qui le fusilleront en 1921 (là encore, les circonstances de sa disparition sont sujettes à discussion).

Guerrier illuminé (certaines sources le déclarent psychologiquement instable, on le surnomma également le “baron fou” en vertu de son comportement excentrique), la vie d’Ungern relève de la tragédie, au sens grec du terme: dernier général Blanc à avoir combattu les Rouges avec son armée légendaire dans une guerre perdue d’avance, sa quête n’en fut pas moins implacable. Les 130 jours qui lui restaient à vivre, prédits, raconte-t-on, par un devin, ne le dissuadèrent pas de continuer la bataille. “Mes jours sont comptés. Je ne peux pas mourir en général chinois. Mais tel que je suis: Junker balte, général russe et prince mongol. C’est déjà beaucoup pour un seul homme. Je ne suis pas un aventurier ou un mercenaire. Je suis l’homme d’un rêve. On ne change pas de rêve pas plus qu’on ne change de peau*“.

Il n’est pas étonnant de retrouver Ungern-Sternberg sous la plume d’Hugo Pratt dans Corto Maltese en Sibérie (un tome que j’idolâtre), l’auteur aimant à entourer son héros de personnages mystérieux et ambigus. Fataliste et lucide, le baron déclarera à Corto: “Moi, je vous offre un nouvel empire (…) Si l’occasion se présente, rappelez au monde que j’avais un destin tragique“. Ironiquement, Pratt fera tenir à Ungern les propos suivants: “Je crois que vous êtes tous un peu fous“, ce à quoi Raspoutine rétorquera “Excusez-moi, Excellence, mais le seul fou ici, c’est Corto Maltese.”

L’épopée du baron inspira des chansons à de nombreux groupes français de Oi! punk et de métal, tels Paris Violence, La Souris Déglinguée (qui évoque l’ombre d’Ungern à travers un voyage en transsibérien), ou encore l’Edelweiss Noire, contribuant à faire d’Ungern un personnage de guerrier romantique:

La baron chevauche à travers les steppes d’Asie/ au gré de ses rêves de gloire et de folie/ se sacrer souverain d’un empire oublié/ puis tracer ses frontières à coup d’épé/ (…) Ungern-Sternberg, chevalier romantique/ les rêves les plus fous sont les seuls que l’on réalise” Paris Violence, Ungern-Sternberg

* Ungern, Erik Sablé, Ed. Pardès, 2006

Pour en savoir plus:

- Bêtes, Hommes et Dieux, A travers la Mongolie interdite, 1920-1921, de Ferdynand Ossendowski, qui fut le conseiller d’Ungern, aux Ed. Phebus

- Le baron Ungern, Khan des Steppes, Léonid Youzepovitch, Ed. des Syrtes, 2001;

- Ungern, le baron fou, Jean Mabire, Ed. André Balland, 1964


septembre 1, 2009

“Wilde”, de Brian Gilbert (1998)

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ce film que j’affectionne particulièrement. Avec pour point de départ l’une des conférences sur l’esthétisme que donna Oscar Wilde aux Etats-Unis au début des années 1890, le film retrace la vie de l’auteur, magistralement interprété par le grand et talentueux Stephen Fry (trop rare sur les écrans à mon goût).

Non suivons l’écrivain irlandais de son mariage avec Constance Lloyd, sa rencontre avec Robert Ross puis Alfred Douglas de Queensberry qui deviendront ses amants, le succès de ses romans et pièces de théâtre, jusqu’au procès intenté par le marquis de Queensberry (père d’Alfred Douglas) qui coûtera à Wilde, condamné pour homosexualité, deux ans de travaux forcés dont il reviendra brisé.

Porté par un joli casting, le fim est une délicieuse occasion de se (re)plonger dans la biographie du sulfureux écrivain. Nous retrouvons Jennifer Ehle (la radieuse Elizabeth Bennet de la version BBC de Pride and Prejudice de 1995, réalisée par Simon Langton) en Constance Lloyd, l’épouse de Wilde. Le jeune Jude Law campe un Lord Alfred Douglas agaçant à souhait en amant puéril et gâté. On l’entend même pousser la chansonnette dans une scène (heureusement pour nous, il n’a pas persévéré dans la musique).

L’on a même droit à une fugace apparition d’Orlando Bloom (dont c’est là le premier rôle au cinéma – on en apprend des choses ici, hein?), costumé et melonné. En parlant de costumes, ils sont bien évidemment tous impeccables; le film est un plaisir pour les yeux. Londres, les théâtres, les décors d’intérieur, la gentry, la campagne anglaise, les plages de la Manche, chaque scène, dont l’esthétique est travaillée avec soin, se laisse regarder avec délice.

Mais, mieux que de longs discours, je vous laisse admirer ces quelques captures d’écran qui vous donneront, je l’espère, l’envie de découvrir le film si ce n’est déjà fait.

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