décembre 28, 2009

La minute blonde.

Vu sur Ebay:

“Boucle d’oreilles vintage style Mérovingien

Perles strass. Magnifique!!!

En bon état ravissantes pour les fêtes.”

???

"Clovis allez donc m'acheter ces ravissantes boucles que j'ai vues chez Claire's!"

Mwouahaha.

décembre 27, 2009

Post-Noël

(Superbe ce jeu de mots, non? Oui, les vacances, ça m’inspire… eh eh!)

En cet après fêtes, malgré la lourdeur de mon estomac et la fatigue qui ne veut pas se dissiper (se coucher à trois heures du matin n’est plus de mon âge), voilà revenu le moment de me pencher sur mes bouquins. Il reste huit jours avant la rentrée, si je n’en profite pas pour avancer ma thèse, la culpabilité me torturera sans doute longtemps. Les jours qui arrivent seront donc studieux, mais je trouverai quand même le temps d’écrire un article consacré aux cadeaux que j’ai reçus (et de faire un tour sur vos blogs pour voir les vôtres). Dire que j’ai été gâtée est un euphémisme! Je retiens que rédiger une wish-list est une excellente idée, vu que tout le monde a allègrement pioché dedans.

En attendant, voici les photos des cookies et des madeleines de Noël ainsi que des sachets de gourmandises finis!

décembre 23, 2009

Gourmandises de Noël

Le souci quand on fête deux fois Noël (le 24 au soir chez mes grands-parents, puis le 25 à midi dans la famille de Chéri), c’est que l’on a deux fois plus de cadeaux à faire et pas forcément le budget qui va avec. De plus, avouons-le, on n’a pas forcément d’inspiration (manque d’affinités avec certaines personnes, méconnaissance de leurs goûts, etc). L’année dernière, pour ne léser personne, j’ai eu l’idée de confectionner de jolis sachets de gourmandises, afin que tout le monde trouve quelques chose sous le sapin (l’année précédente, certaines personnes auxquelles je n’avais rien offert m’avaient fait un cadeau… Même si on me pardonne d’être étudiante et un peu fauchée, c’est un peu la honte). Partant du constat que des friandises maison font toujours plaisir, j’ai donc réitéré cette année, avec l’aide de Chéri qui a également joué le rôle de photographe officiel!

Dans les sachets de Noël, nous aurons donc:

- des mendiants, au chocolat noir et blanc.

- du pain d’épices (recette issue du livre de cuisine de mon arrière-grand-mère!)

- des cookies au chocolat et aux noisettes (ceux que ma maman faisait quand j’étais petite, ils sont divins!)

- des madeleines à la vanille et au citron

Aujourd’hui, nous avons commencé par les mendiants…

Bienvenue dans la cuisine!

Pendant que le chocolat fond au bain-marie...

... les fruits secs patientent sur la table.

N'oublions pas le gingembre confit!

Et hop! On étale le chocolat!

Certaines personnes coulent le chocolat dans de moules bien ronds. Moi pas, j’aime bien le côté artisanal du mendiant irrégulier.

Pendant que Chéri décore chaque mendiant avec une noisette, un cerneau de noix, une amande et un peu de gingembre, je continue mes petits tas.

On fait la même chose avec le chocolat blanc...

... tadam!

Alors, qui veut lécher la casserole?

Pendant que nous faisions les mendiants, le pain d’épices cuisait. J’aime particulièrement cette vieille recette, sans oeuf, ce qui est à mon sens très logique étant donné qu’il s’agit avant tout d’un pain et non d’un gâteau. Voilà deux ans que j’en fais pour le repas du 25 dans la famille de Chéri, on le mange avec le foie gras et c’est vraiment très bon. Il faut dire qu’avant mon pain d’épices, on avait droit à du “Prosper” (youplaboum!) industriel. Cette année, nous avons confectionné deux pains, plus clairs que d’habitude car je n’ai pas utilisé de miel brun comme la recette le préconise mais du glucose arôme miel utilisé dans la pâtisserie orientale (beaucoup moins cher étant donné les quantités qu’il faut), déniché cette après-midi au “bazar d’Agadir” (un paradis où l’on trouve entre autres toute les épices du monde à prix défiant toute concurrence). Contre toute attente, c’est vraiment très très bon! La consistance est beaucoup plus pâteuse que du miel, quant au goût il se situerait quelque part entre le miel et le caramel.

Voilà la bête, un peu boursoufflée...

Le deuxième est par-fait!

Demain nous nous lancerons dans les madeleines et les cookies. J’espère pouvoir vous montrer les sachets finis, mais je ne sais pas si j’aurais le temps car nous devons nous rendre chez ma grand-mère pour l’apéritif.

Si je ne repasse pas par ici avant demain, je vous souhaite à tous un joyeux Noël!

décembre 18, 2009

Capillairement parlant

Je ne sais pas ce qu’il en est pour vous, mais depuis l’adolescence j’ai changé de couleur de cheveux des dizaine de fois. Jusqu’à mes 16 ans, j’étais blonde, j’avais des cheveux longs et je ne me posais pas de questions. Puis, un jour, la folie du roux m’est venue, et j’ai fait ma première teinture au henné. Cet amour pour la rousseur m’est venu tard, mais depuis il ne m’a jamais quitté. J’aime la chaleur et la vivacité de cette couleur, toute la mythologie de femmes séductrices, dangereuses, pécheresse, de sorcières qu’il y a derrière. Je suis amoureuse des rousses des peintures pré-raphaélites, je suis amoureuse des rousses de Degas, je suis amoureuse de Lily Cole.

Lady Lilith (Dante Gabriel Rossetti)

Quand une belle chevelure rousse m’interpelle dans la rue, qu’elle appartienne à une femme ou à un homme, je ne peux m’empêcher de me retourner. Malheureusement, comme chacun sait, les roux ne courent pas les rues. J’éprouve une passion particulière pour le roux foncé tirant sur le rouge (de l’auburn, j’imagine) qui est malheureusement encore plus rare. S’il est couplé à une chevelure ondulée ou bouclée, on ne me tient plus et je suis à la limite de courir derrière l’heureux/se propriétaire.

Marya-Magdalena (Sandys)

La froide et terne période hivernale est particulièrement propice à mes envies de roux, mais, à présent, je me contente de l’admirer sur les autres. En effet, si je ne me rendais pas compte durant mon adolescence que cette couleur ne m’allait absolument pas (aaah, la jeunesse et ses fautes de goûts!), quelques années plus tard je me suis aperçu qu’avec mon teint rosé de blonde j’étais en plein dans le capillaire faux-pas et la catastrophe stylistique. Depuis, le roux reste un inaccessible Graal, à tenter dans une autre vie, peut-être, devant lequel je me contente de baver de désir.

Lily Cole pour Vogue Japan

Puis, un jour j’ai eu envie d’être brune. J’ai toujours eu une attirance particulière pour les cheveux foncés. D’aussi loin qu’il m’en souvienne, j’ai toujours été ahurie d’admiration devant les longs cheveux noirs: tout d’abord, je suis tombée amoureuse du chevalier du dragon dans Les Chevaliers du Zodiaque (on ne rit pas, screugneugneu!), ensuite je me suis passionnée pour les indiens d’Amérique et c’en était fini de moi.

Mariana In The South (Waterhouse)

Depuis, mes goûts  se sont affinés (Dieu soit loué). Exit les manga, bonjour Monica Bellucci (qui, vous le savez si vous êtes un(e) fidèle de ce blog, incarne pour moi LA séduction à l’état pur). Les femmes que je trouve extrêmement belles (pas attirantes, pas sexy, pas jolies, mais belles) sont  toutes brunes. Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis pâmée devant Isabelle Adjani en Marguerite de Valois, par exemple.

La Reine Margot (et du roux en prime!)

Par conséquent, j’ai voulu me rapprocher de mon idéal en entrant, moi aussi, dans le clan des brunettes. Une teinture chimique plus tard, et c’était fait. Le mieux, c’est que l’on m’a complimentée: changement radical, certes, mais positif. Certains, croyant sans doute me faire plaisir, m’ont même dit que j’étais mieux en brune (je les retiens, car mon blond, même dissimulé, ne comptais pas pour du citron!). En ce qui me concernait, j’étais ravie. Je me sentais plus belle, plus sexy, plus femme, plus tout, en fait.

Zhang Ziyi (donnez-moi ces cheveux-là!)

Moi aussi j’allais pouvoir jouer les Marguerite Gauthier, phtisiques pâles sous une chevelure d’ébène, les héroïne gothiques, les amantes d’Alfred de Musset, voire, dans un autre genre, les Pocahontas mutines. Sauf que (il y a bien sûr un hic, sinon l’histoire s’arrêterait là), quand on a été blonde la majeure partie de sa vie, à se contempler en brune dans le miroir, l’on ressent au bout d’un moment quelque chose d’étrange.

The Crystal Ball Skull (Waterhouse)

Passé le premier temps d’exaltation dû au changement, j’ai commencé à me trouver fade. J’avais l’habitude de mon blond qui éclairait ma garde-robe en majorité constituée de noir. Brune, j’avais finalement l’impression de passer inaperçu, d’être terne, sans éclat. Au final, même si j’aimais le brun, je ne me reconnaissais plus. L’angoisse identitaire m’ayant saisie, je suis retournée au blond illico-presto (je passe sur le désastre capillaire qui a suivi la décoloration) en me disant que de toute façon, je tenais plus d’une Gretchen que d’une Carmen.

Ondine (Waterhouse)

Comme je suis une grande rêveuse (ou une grande folle, c’est selon), au-delà de l’esthétisme, la couleur que je choisis pour mes cheveux tient fortement du romanesque. Si je me suis longtemps rêvée en sorcière rousse ou en brune sauvage, au final, après moultes tentatives plus ou moins heureuses, je ne me suis jamais sentie aussi “moi” qu’en blonde (sans compter qu’il s’agit de ma couleur naturelle, beaucoup plus facile à entretenir qu’une coloration, soit dit en passant).

La Walkyrie

La mythologie quasi wagnérienne construite sur la base de mes gènes germanico-normands (je vous ai dit que j’avais un grain) associe au blond des images, non qui me séduisent davantage qu’une indienne brune ou une Lilith rousse, mais dans lesquelles il me plaît d’avantage de me reconnaître et qui parlent à mon imaginaire: Brunehilde la reine d’Islande, Siergfried terrassant le dragon (réminiscence des sagas scandinaves que je regardais quand j’étais petite), la Lorelei, les Walkyries filles d’Odin, une aquarelle féerique de “La Petite Sirène” d’Andersen dans le livre de contes de mon enfance, mais aussi les tableaux de Botticelli, la froide femme fatale hitchcockienne, Marlène Dietrich dans son costume masculin…

Détail de "La naissance de Vénus" (Botticelli)

J’ai compris en vieillissant que ce qui me séduisait chez les autres n’était pas forcément ce qui me seyait le mieux, et qu’il est impératif d’être en accord avec ce que l’on est et la façon dont on veut être perçu. Si je fantasme toujours sur des boucles de feu ou une chevelure de jais, je suis habituée à la douceur éthérée du blond et je sais que c’est le reflet d’une blondinette que j’ai envie de voir dans le miroir. Tant pis si je ne suis pas comme ces brûlantes latines que je trouve sexy en diable. Si globalement on me trouvait plutôt jolie en brune, je n’ai jamais été aussi enchantée que quand on m’a dit un jour “Vous me faites vraiment penser à un tableau… un Botticelli je crois.”

The Virgin Suicides

Et vous, vos cheveux?

décembre 17, 2009

Fast As I Can

Edit: Il est 19h30, et l’article promis n’est toujours pas rédigé car ma mère a débarqué en ville de manière impromptue. L’après-midi ayant été consacré à piétiner dans les magasins et à affronter la foule (et, pour ma part, du coup, à râler), j’ai les jambes et le dos en compote et n’aspire qu’à prendre un bon bain chaud. Rédaction remise à demain, avec toutes mes confuses.

Il est très exactement 8h45 et dans deux heures je dois être à la fac pour une réunion avec mon directeur de thèse. Histoire de lui présenter quelque chose, je file vite fait sous la douche et je tente une ébauche de plan pour ma thèse.

Comme je suis officiellement en vacances, j’ai un peu plus de temps. Ce soir, en lieu et place de cet article figurera un article capillaire (oui, encore un!) joliment illustré, que je rédigerai en rentrant, quand j’aurais trouvé les derniers cadeaux de Noël qu’il me manque. Au fait, j’ai enfin répondu à vos commentaires, mais je n’ai toujours pas pris le temps de faire le tour de vos blogs. Ça ne saurait tarder!

Bonne journée à tous!

décembre 14, 2009

Let Me Introduce…

Sherlock!

(et en avant les photos kitschouilles version skyblog avec contours flous!)

Il est arrivé à la maison la semaine dernière et se sent déjà comme chez lui. Les chaussures mordillées, les paniers griffés et les accessoires divers chapardés peuvent en témoigner. Il trouve très drôle de jouer avec notre nez ou nos cheveux quand nous dormons, mais son péché mignon, c’est de faire des bons extraordinaires pour attraper les décorations du sapin. Il faut dire que l’arbre est très attirant avec sa délicieuse odeur de résine et les drôles de boules lumineuses qui poussent sur ses branches…

Vous devez vous dire que ces temps-ci, je ne publie que des posts photographiques.  Ma thèse trotte dans mon esprit quasiment en permanence, je suis obnubilée par mes recherches même quand je fais autre chose. Cette ébullition cervicale ajoutée au manque d’énergie hivernal me coupe toute inspiration. J’espère que les vacances de Noël me permettront de revenir un peu plus par ici. Je m’excuse de n’avoir pas encore répondu à tous les commentaires, ça ne saurait tarder.

décembre 4, 2009

Wish-List de Noël

Dans très exactement 20 jours, je me gaverai de dinde, langoustines et foie gras, alors il est grand temps de publier ma liste au Père Noël pour qu’il ait le temps de remplir sa hotte! Très cher bonhomme barbu, je voudrais:

La collection DVD Jane Austen. J’ai déjà “Orgueil et Préjugés”, acheté à Londres, mais le double fera peut-être plaisir à quelqu’un…

La série Sherlock Holmes, avec Jeremy Brett, dont je suis très fan

L’eau de toilette à la rose “Nuit de Mai” de l’Occitane. Il existe également “Rose confite” et “Eau des quatre reines”, mais “Nuit de Mai” est celui dont la senteur convient le mieux à ma peau.

Du thé, aux fleurs de préférence (je ne suis pas amatrice des thés aux fruits). Je suis folle de thé, plus j’en ai de différentes sortes et mieux je me porte, surtout quand les boîtes sont très jolies comme celles du Palais des thés.

Des poupées russes, car j’adore ça!

Un beau parapluie. Celui-ci est le fameux parapluie pagode de Lisbeth Dahl, disponible dans la boutique Les Fleurs. Je l’aime beaucoup, mais un modèle canne sobre et bien solide (un parapluie britannique ;) ) fera parfaitement l’affaire.

Le fameux collier de mes rêves que j’ai repéré dans une bijouterie de la Grand Rue Jean Moulin, qui ressemble, en plus beau et en plus fin, à celui de la photo ci-dessous (je n’ai pas trouvé plus approchant). Une de mes collègues, l’année dernière, en portait un en or jaune avec une perle blanche, et je fantasmais sur un modèle approchant avec une chaîne en or blanc et une perle noire. J’ai découvert hier en me baladant que la perfection existait, pour la modique somme de 119€ (ahum)…

Des bottes, car les miennes sont usées et me déglinguent les muscles quand je les porte. J’ai mis cette photos des bottes en couleur de la Redoute car je n’ai pas trouvé d’illustration du modèle que je voudrais idéalement (remarquez, si quelqu’un veut m’offrir la collection entière, je suis preneuse) : grises, en cuir ou en peau et à talons. Toutes celles que j’ai vues avaient un petit quelque chose qui ne collait pas.

Pour rêver un peu, LE cadeau improbable: des Louboutin classiques. Pas très original, mais que voulez-vous, cette semelle rouge… Inconnu très riche, si tu veux me combler, tu sais ce qu’il te reste à faire…

*soupir*

Et sinon, en vrac, comme je ne suis pas une fille compliquée (quand on connait mes goûts):

- je serai ravie de recevoir les romans de Jane Austen et des soeur Brontë que je n’ai pas (même si, a priori, la PAL pour ma thèse est tellement longue que je culpabiliserai rien qu’à l’idée de lire autre chose)

- ma réserve de bougies chauffe-plat parfumées Ikea s’épuise (pour les petits budgets)

- tout DVD de Woody Allen, de Fellini, de Nanni Moretti, de Truffaut, de vieux films avec Marlene Dietrich/Audrey Hepburn/Lauren Bacall et compagnie me feront plaisir. Je décernerai la palme à celui qui me dénichera Les Soeurs Brontë d’André Téchiné avec Isabelle Adjani.

Je voulais intégrer à cette liste Quinze Chansons de Vincent Delerm, mais Chéri me l’a offert avant Noël. Je l’écoute en boucle depuis ce matin, il est vraiment bien (en plus il parle de Nanni Moretti) (Meuuu non, Vincent Delerm n’est PAS un chanteur énervant).

Grande nouvelle, normalement, après Noël, nous aurons un chat (j’en suis gaga d’avance)! Les stocks de croquettes sont donc les bienvenus (emballés, bien sûr)!

novembre 29, 2009

Welcome Home

Aujourd’hui, je vous propose un petit tour dans mon intérieur…

Dans un prochain post photos, je vous emmènerai certainement faire une promenade dans les rues montpelliéraines illuminées!

novembre 27, 2009

Rock Around The Bunker

Lectrices et lecteurs, voici pour vous en exclusivité un florilège des photos d’archives tant attendues, enfin scannées (pour ceux qui n’auraient pas suivi, explication ici). Vous pouvez cliquer pour en agrandir certaines. Commençons en musique…

L'un des premiers clichés du jeune Bob Dylan

Les Beatles sur le tournage du film "Help" en 1965

Verso griffonné de la photo des Beatles. Au centre, on voit le tampon de l'agence AGIP.

Fans hystériques lors d'un concert des Beatles au Palais des Sports en juin 1965. Je la trouve magnifique!

Serge Gainsbourg (un jour je vous dirai combien j'aime ce type. En même temps, vu les titres de mes posts en ce moment, certains l'auront sans doute compris). La date n'est pas précisée mais au vu du look et de la physionomie de Gainsbourg, le cliché a été pris à coup sûr à la fin des années 1960 (ma période "gainsbourgienne" préférée).

On continue avec un peu d’histoire…

Chars russes envahissant la Tchécoslovaquie au mois d'août 1968

Villageois sud-vietnamiens et GI's en 1968

Les Chefs militaires des Alliés réunis à Berlin en 1945 pour signer les accords sur l'occupation de la ville et de l'Allemagne. De gauche à droite: le maréchal Montgomery (R.U.), le général Eisenhower (E.U.), le maréchal Joukov (U.R.S.S.) et le général de Lattre de Tassigny (France).

Et une petite dernière pour la route, sans grande valeur historique mais fort jolie: un cliché de mode de 1968.

Cliché publicitaire pour les parapluie Bonnie (le verso stipule qu'il existe six versions de poignées, courbe ou pommeau-bouton, en écaille, en lézard ou en maroquin, à partir de 50F). J'adore le maquillage et le béret du mannequin!

novembre 26, 2009

Me vint une vision dans l’eau de Seltz

- Fatiguée, fatiguée, fatiguée…

- Si toi aussi les gens tombent sur ton blog en googlant “femme qui fait pipi”, lève la main! Désolée pour les adeptes de la douche dorée (charmant terme au passage), ce n’est pas le genre de la maison…

- Je viens de voir le génial documentaire d’Arte qui passait hier sur le Shanghai des années 1930 et j’en suis tout émoustillée. Un peu triste de n’avoir jamais connu ça, aussi. Je vais vous avouer un petit secret: si je pouvais remonter le temps, c’est dans cette ville et à cette époque que je vivrais. La classe des années 30, les concessions étrangères, les réceptions européennes, les femmes en qipao, les fumeries d’opium, les triades, le renouveau intellectuel, littéraire et cinématographique de la (jeune) République de Chine se mêlent en un flou artistique dans mon esprit tordu de fille du XXIème siècle qui fait lors complètement abstraction de la mentalité quasi-coloniale de l’époque et de l’impossible mélange des populations. Que voulez-vous, c’est mon coté romantique… Je constate cependant que  tout me ramène toujours à André Malraux et Albert Londres. This is my fate.

- Les photos d’AGIP ne sont toujours pas scannées. A chaque fois que l’Informaticien de la maison me demande “Tu veux que je te montre comment ça marche?”, je réponds invariablement “Oui, plus tard” car je suis systématiquement occupée à faire autre chose. Mais promis, elles apparaitront sur ce blog sous peu!

- Sous peu aussi, je vais publier ma wish-list de Noël! Non que je m’attende à ce que l’on me fasse des cadeaux par ce biais (seules deux personnes que je connais réellement lisent ce blog, dont une qui réside à l’autre bout du monde), mais ça me permettra d’y voir un peu plus clair dans mes désirs. Cela étant, cette année ils sont minimes, je crois que je commence à saturer au niveau “possession”. J’ai surtout envie de petites choses utiles et pas très chères et, bien sûr, de bouquins.

- Je n’irai pas me faire vacciner contre la grippe A, malgré la campagne qui commence (je rappelle que je travaille dans un établissement scolaire). Je ne peux pas me résoudre à faire subir un mon organisme un traumatisme qui le rendra de toute façon malade (je supporte très mal les vaccins) et je pense que l’on n’a pas assez de recul pour bien cerner les conséquences d’une telle opération. Enfin, ce n’est que mon avis. En prévention, je me lave les mains 36 fois par jour et je vais commencer à me concocter des potions magiques à base d’huiles essentielles et de plantes, de quoi renforcer mon système immunitaire pour l’hiver qui approche.

- C’est tout pour aujourd’hui!

novembre 20, 2009

Coquillages et crustacés

Je sais que vous attendez tous les scans des photos démentes sorties des poubelles par mon papa en goguette au Havre, mais ce ne sera pas pour aujourd’hui. Mais pourquoi est-elle si méchante? me demanderont les geignards. Eh bien parce-que.

Si vous voulez vraiment tout savoir, je me suis pris hier la plus grosse cuite de ma vie (d’habitude je suis seulement gaie tout me plaît) et j’ai enfin expérimenté ce que ça faisait quand le monde tournait autour de vous et que l’alcool menaçait de s’expulser tout seul de votre estomac. Oui, 27 ans, autant de Noëls, de jours de l’an et d’anniversaires, et jamais encore l’alcool ne m’avait rendue malade, même pas ce jour d’été où, il y a dix ans, bien attaquée au pastis (scandaleuse jeunesse) je voyais des feux follets par la fenêtre. Aujourd’hui, 18h23, après de l’aspirine, des litres d’eau, une journée improductive au possible passée presque entièrement à dormir et à avoir envie de dégobiller, je, soussigné infâme mollusque rampant honteux aux cellules imbibées de beaujolais et à la tête souffreteuse, déclare bien haut que:

1/ mon foie est officiellement décédé hier soir entre 1h et 1h30 du matin.

2/ les Tucs, Pringles et autres chips ne sont pas assimilés à de la nourriture et ne peuvent en conséquence pas tenir lieu d’éponge stomacale.

3/l’alcool, c’est mal.

4/deux soirées dans la semaine, c’est trop pour mon âge canonique.

5/ je ne boirai plus jamais aussi vite de ma vie.

6/je vais vivre dorénavant une vie d’ascète, parce que mine de rien, j’ai une thèse à rédiger et j’ai grand besoin de mon cerveau (voire de toute autre partie de mon corps).

Amen.

Bref, avant mon rdv aux AA de me recoucher, je voudrais vous faire partager cette splendide vitrine d’un salon de coiffure situé sur le port de Cherbourg.

Des messieurs aussi beaux que Rudolph Valentino, des coquillages, de charmants rideaux, une adorable scène où schtroumpfs et santons se mêlent joyeusement, une ambiance bord de mer à se damner: tant de bon goût réuni en une seule boutique, c’est délicieux. Je me suis interrogée sur l’éventuelle présence d’un second degré pour finalement conclure qu’il n’y en avait certainement pas (sinon, c’est moins drôle).

Sur ce, vous m’excuserez, mais l’écran de mon ordinateur m’agresse le cervelet.

novembre 17, 2009

Archives & Co.

Les amis, soyons sérieux.

Mon papa reviens du Havre où il est allé voir le départ de la coupe Jacques Vabre (mon papa a des activités très saines) et il n’est pas rentré les mains vides: un petit détour par les poubelles havraises (faire les poubelles c’est familial, chez nous, j’ai meublé mon ancien appartement presque entièrement comme ça, uhuh) lui a permis de récupérer une grosse boîte contenant des photographies. Des célébrités, des mannequins … D’abord un peu perplexe, j’ai parcouru les clichés les uns après les autres ainsi que les annotations qui figuraient au verso de chacun. Peu à peu, j’en suis restée bouche bée.

J’ai effectué une petite recherche pour en avoir le coeur net, et maintenant que j’en suis certaine, je n’en reviens toujours pas: les photos sont toutes issues d’AGIP (Agence internationale pour la presse de Robert Cohen, encore appelée Agence d’illustration pour la presse) qui n’est autre que l’agence de presse qui a couvert tous les événements culturels, sociaux et politiques de 1935 à 1992. Les clichés trouvés par mon père datent pour la plupart des années 1960-70. Voyez l’image suivante (trouvée sur le net, je n’ai pas de scanner):

Devinez qui a chez elle l’originale (ou du moins, une des photos d’époque développée à partir du négatif original, il y a peut-être eu plusieurs tirages après tout)?

C’est moi!

Derrière, tapé à la machine à écrire, on lit: “Bob Dylan: chanteur, auteur, compositeur” (il venait tout juste d’être découvert!) suivi de griffonnages concernant le recadrage et la découpe. Accompagnant certaines photos, il y a l’article découpé du journal dans laquelle l’image avait été publiée. Autant vous dire que je saute au plafond depuis deux jours! Les photos sont juste hallucinantes… Serge Gainsbourg dans son trench, Jeanne Moreau et Burt Lancaster, les Beatles (oui, les Beatles!!!!) descendant d’un avion, sur le tournage de “Help”, en conférence de presse, Claude François faisant du mini-kart, Eddy Mitchell en Normandie, Catherine Deneuve sur un plateau de tournage, Johnny Hallyday et Sylvie Vartan à leur mariage…

Les plus hallucinantes de toutes sont les photos “historiques”: des clichés de la guerre du Vietnam, le chars Russes pénétrant en Tchécoslovaquie en 1968, Kennedy reçu à l’Elysée, et celle qui m’a presque faite tomber à la renverse, les Alliés victorieux et 1945, où l’on voit Montgomery, Eisenhower, Joukov et de Lattre de Tassigny réunis pour le partage de Berlin… Imaginez, l’ORIGINALE! Certaines, plus modestement, sont simplement des photos de mode de l’époque, mais la plupart sont très belles.

La meilleure, c’est qu’il n’a pas pris toutes les photos, apparemment il y en avait des sacs entiers. La question que je me pose, c’est comment quelqu’un a pu ne serait-ce que penser à jeter tout ça aux ordures (qu’on les fusille sur le champ!) (remarquez, tant mieux pour moi!).

Dude! Il y a un véritable trésor dans ma maison (j’en ai des sueurs froides)! Alors, je m’évanouis ou pas?

novembre 12, 2009

Huggy-les-bons-tuyaux

J’ai ENFIN terminé cet article sur lequel j’ai planché dix jours durant (pas à plein temps, je vous rassure!). Dire que je suis contente n’est pas peu dire, je me sens soulagée comme jamais. Ceci dit, vu que je suis un peu maso, j’ai deux colloques qui arrivent dans quelques mois et je vais devoir les préparer à l’avance pour éviter de me rétamer le Jour J (je n’ai jamais fait d’intervention en public, j’ai peur!!!) …

Etre doctorant requiert une certaine dose d’astuce pour optimiser son temps. Le thésard un tant soit peu consciencieux (oui, c’est mon cas, vous en doutiez?) culpabilisant dès qu’il ose vaquer à de triviales occupations au lieu de travailler, la question est: comment grappiller quelques heures à une  journée qui n’en contient que 24?

Eh bien, voici pour vous en exclusivité les bon tuyaux de tata Emily! Le principe de base pour perdre le moins de temps possible: cumuler les activités culpabilisantes avec les activités obligatoires. Voici quelques exemples concrets et applicables:

- Si comme moi vous êtes accro aux blogs, une solution toute trouvée: parcourir la blogo lors des repas (manger, c’est incontournable, non?) Cela nécessite bien sûr de posséder un ordinateur portable (ou d’entreprendre de manger sur son bureau, moins pratique). Un peu compliqué au début quand on n’a pas l’habitude, voici quelques petits trucs qui vous simplifieront la vie: vous vous demandez sans doute comment manier la fourchette ET le touchpad? Facile, on clique quand on mastique! Inconvénient du combo: si vous n’êtes pas très dexte, votre ordinateur risque de finir tâché et plein de sauce.

- Vous avez une folle envie de regarder Maman cherche l’amour, 100% Mag ou encore Un diner presque parfait, mais vous savez que c’est MAL. TRES MAL. D’ailleurs, le tome III des “Nuits d’épreuves avant le mariage des villageoises de Bavière de 1715 à 1822″ vous contemple d’un oeil réprobateur du haut de l’étagère de la bibliothèque. Pour éviter de culpabiliser, mettez vous au repassage devant l’écran ou faites la poussière. Vu qu’il faut bien faire le ménage et qu’on peut difficilement lire ou écrire en maniant le chiffon, culpabilité zéro!

- Aïe, le téléphone sonne et quand vous décrochez, vous entendez la douce voix de Maman/Tante Ursule/Meilleure Copine. Manque de bol, c’est le coup de fil hebdomadaire qui, vous le savez, va durer 1h30. Pas d’affolement: si on vous appelle sur votre portable, profitez-en pour descendre les poubelles ou aller faire les courses (tout le monde sait coincer le combiné entre l’épaule et le menton, hein, je ne vas pas vous faire un dessin). Si on vous appelle sur votre fixe, entreprenez de faire la vaisselle ou balayer la terrasse. Si votre fixe possède un fil, tant pis pour vous, vous n’aviez qu’à être un peu plus moderne (vous pouvez toujours tenter les exercices de yoga)!

- Vous devez absolument amener le loyer à votre agence/ aller à la poste récupérer le Tome IV des”Nuits d’épreuves avant le mariage des villageoises de Bavière de 1715 à 1822″ qu’Amazon.com viens de vous expédier/ porter un chèque à la banque: autant de précieuses minutes passées loin de votre chère thèse. Eh bien, tant qu’à y être, passez chez Zara ou H&M essayer cette petite jupe sur laquelle vous louchiez depuis longtemps! D’une, ça vous fera du bien, de deux, vous n’aurez pas à sortir de nouveau quand, devant votre page Word blanche, vous fantasmerez sur la jupette au lieu d’écrire des trucs intelligents.

Merci qui?

novembre 3, 2009

About Books.

Nouveau tag, toujours littéraire, volé encore une fois chez Vilaine Fifi:

1/ Si on vous proposait d’écrire votre biographie, vous prendriez qui pour nègre ? (et oui, tout le monde n’a pas un don pour la littérature).

Guillaume Musso, parce que c’est tellement beau.

(C’était la blague du jour, ne partez pas!)

Si on a droit à ceux qui ne sont plus de ce monde, je dirais soit Marguerite Duras, dont j’adore la langue intense et la complexité des émotions, soit dans un genre totalement different, André Malraux, pour la force incroyable et la passion qui se degage de ses oeuvres. J’ai commencé à me forger une idée des qualités morales que je recherche chez un être humain en lisant, assez jeune, “La condition humaine”, et le discours qu’il a prononcé lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon me donne la chair de poule rien que d’y penser.

2/ Vous êtes en train de lire le tout dernier chapitre d’un livre, celui qui vous a fait passer une nuit blanche, la fin qui vous fait saliver depuis une centaines de pages… Lorsque survient un homme, torse nu. On va dire qu’il s’appelle… Daniel Craig. Il a l’air chagrin. Il a une petite douleur à l’épaule, et est persuadé qu’un petit massage lui ferait le plus grand bien. Que faites-vous ? (PS pour les garçons : à la place de Daniel Craig, merci de comprendre… Allez, soyons fous, Scarlett Johansson, mais en bikini, pas torse nu !)

Daniel Craig pourrait bien danser le macumba tout nu dans ma chambre, ça ne me ferait ni chaud ni froid. En revanche, s’il s’agit d’une personne plus à mon goût, je depose le livre. Simple question de bon sens, en fait: le livre, lui, n’a pas de jambe et restera bien sagement sur la table de chevet tandis que le Monsieur, lui, peut ne pas revenir si l’attente est trop longue (et puis on n’est pas ds animaux, on peut bien retenir un peu nos pulsions livresques eheh).

3/ C’est la fin du monde. Quel livre mettriez-vous dans la capsule qui sauvegardera une trace de l’humanité ? (voudriez-vous vraiment que ce soit Orgueil et Préjugés ?)

J’ai beau aimer Orgueil et Préjugés, je ne pense pas qu’il soit très révélateur de l’humanité dans son ensemble ;)

J’avoue hésiter. La réponse de Vilaine Fifi (Le Seigneur des Anneaux) est très bonne, en fait, car ce livre condense tout ce que l’homme peut imaginer de plus grandiose, de plus onirique et de plus laid, il parle de guerre, d’amour, de loyauté et de traitrise. Pourtant, je serais peut-être beaucoup plus pessimiste en choisissant par exemple “Sa Majesté des mouches”, pour dire “Voilà le témoignage de notre déchéance. Nous étions des hommes, nous étions tous semblables, nous aurions pu bâtir une société idéale, pourtant nous nous sommes entretués; par notre aveuglement et notre soif de domination nous avons causé notre propre perte et à présent nous n’existons plus. Par pitié, ne faites pas comme nous” (car je ne doute absolument pas que l’humanité se détruise elle-même sans intervention extérieure).

4/ Quelle est pour vous la pause lecture idéale ?

En hiver, sur le canapé, roulée dans un plaid avec un thé bien chaud à portée de main.

En été, à l’ombre avec le chant des cigales, ou à l’intérieur, au frais, volets tirets.

5/ Si vous aviez le pouvoir de trucider/effacer un personnage de roman, ce serait qui  ?

Je ne sais pas. Vraiment pas.

6/ Sauveriez-vous Voldemort, juste pour avoir un huitième tome ?

Je n’ai jamais lu un seul Harry Potter, ça ne m’a jamais attirée. Je résiste parfois à certains phénomènes, comme ça (c’est un de mes superpouvoirs de Heroes).

7/ Jusqu’où êtes-vous allés pour un livre ?

Au bout de la nuit. Je suis aussi allée jusqu’à penser sérieusement à me faire tatouer pour une illustration renversante des Contes d’Andersen.

8/ Si vous pouviez retourner dans le passé rencontrer un auteur. Ce serait qui ? Quelles seraient vos toutes premières paroles ? (A part “bonjour”)

N’en choisir qu’un, c’est très difficile. Trop, même. Pour continuer dans la lignée de la première question, la jeune Marguerite Duras, en Indochine (et hop, traversée du temps ET de l’espace). Je lui dirais “Ne t’inquiète pas, tu vas écrire, tu seras même un grand écrivain”. Et sinon, toujours Malraux. Je lui dirais: “Monsieur, vous m’avez mis une grosse, très grosse claque”. Pas très fin mais tellement vrai! J’aimerai bien aussi voir à quoi ressemblait Rimbaud, en chair et en os…

9/ Décrivez la bibliothèque (personnelle ou pas) de vos rêves.

Ce serait une bibliothègue grande mais pas trop, tortueuse, sur deux étages (on accèderait au premier par un petit escalier), remplie de livres de toutes sortes non reconverts (je déteste ça). Chaleureuse et lumineuse, avec une grande table au milieu pour pouvoir travailler à plusieurs (c’est la doctorante qui parle!), et plusieurs coins cosy avec tapis, poufs, fauteuils et coussins pour lire bien tranquillement. Bien sûr, on aurait le droit d’y boire du thé et d’y grignoter des douceurs ;)

10/ Vous retournez dans le passé (décidément, bande de veinards !), en pleine Seconde Guerre mondiale. Quel livre donneriez-vous à Hitler pour qu’il arrête de cramer des bouquins ?

N’ayant aucune illusion sur un quelconque ouvrage pouvant raisonner ce type là, un très, très gros pavé. Le temps qu’il le lise, on aurait le temps de sauver plusieurs bibliothèques ;)

octobre 31, 2009

Un baiser, s’il vous plaît.

Après une journée de travail à la médiathèque (très très productive, entre pause sandwich et pause café), je me suis faite entrainer au cinema par un ami. Le festival du film méditerranéen a lieu tous les ans à Montpellier et je n’y avais jamais mis les pieds jusqu’alors, ce qui est proprement honteux! Le festival consiste en la (re)diffusion de pas moins de 239 films (longs, courts et documentaires) en 10 jours! Autant dire que les puristes s’en donnent à coeur joie en enchaînant les projections. Le pass n’est pas donné (70€) mais si l’on est étudiant, il descend à 25€, très abordable donc pour 10 jours de films et de tables rondes.

(Petite parenthèse, je m’aperçois à l’instant en parcourant le programme que j’ai raté “Tetro” de Francis Ford Coppola avec Vincent Gallo, je me mettrais des baffes!) (c’est vrai, quoi, Vincent Gallo sur grand écran…)

Nous avons donc vu “Un baiser, s’il vous plaît” (2007) d’Emmanuel Mouret, auquel une intégrale a été consacrée durant le festival (il a réalisé entre autre “Laissons Lucie faire”). “Un baiser, s’il vous plaît” s’ouvre sur l’arrivée d’Emilie (Julie Gayet) à Nantes. Alors qu’elle recherche un taxi pour se rendre à son hôtel, elle rencontre Gabriel (Michaël Cohen), qui se propose de l’y accompagner. Il l’invite à dîner et, lorsque la soirée s’achève, elle lui refuse le baiser qu’il veut lui donner. La raison? Une mésaventure qui est arrivée à l’une de ses amies. Curieux, Gabriel veut en savoir plus. Emilie commence alors à lui raconter l’histoire de Judith (Virginie Ledoyen) et Nicolas (Emmanuel Mouret).

Je n’avais jamais vu aucun film du réalisateur et je dois avouer que j’ai été conquise. “Un baiser, s’il vous plaît” est une réflexion très fine sur les sentiments amoureux et le couple. J’ai beaucoup aimé le jeu très théâtral (voulu) des acteurs, les dialogues précis à la virgule près, les décors sobres et beaux (mention spéciale à l’appartement de Judith, tout en teintes blanches et grisées). Au final, une pépite délicieuse, drôle et tout en finesse.

Le film a été projeté en présence d’Emmanuel Mouret et des actrices Julie Gayet (ci-dessus. Je l’ai trouvée lumineuse au possible et sa voix me poursuit encore) et Frédérique Bel (la “minute blonde”, c’est elle!), ce qui rajoutait un charme supplémentaire à la séance. D’ailleurs, nous avons vu le film dans la salle d’Opéra du Corum, que j’ai été ravie de retrouver. Toutes les salles de cinema devraient être conçues sur ce modèle, très pentu avec un écran en hauteur (même la présence d’un géant devant ne gène pas la visibilité). J’ai été vraiment contente de cette soirée, qui m’a conforté dans mon idée de profiter un peu plus des ressources culturelles montpelliéraines (cela dit, un ami cinéphile au courant des bons plans aide beaucoup!).

octobre 29, 2009

Not Handsome Enough to Tempt Me

Aujourd’hui je n’ai pas, mais vraiment pas envie de bosser. L’idée de pâlir sur ma thèse me donne des boutons. Tout ce que je veux, c’est rester roulée dans mon plaid sur le canapé et regarder, pour la trente millionième fois, Pride&Prejudice en sirotant du thé.

Je veux m’extasier sur le sourire d’Elizabeth, les yeux noirs de Mr Darcy et pester contre le vilain Wickham. J’ai envie de rêvasser en m’imaginant dans la campagne anglaise au tournant du 19ème siècle, Pemberley apparaissant devant mes yeux ébahis.

Evidemment, vu que je suis une grande fille raisonnable, je vais plutôt aller prendre ma douche et filer à la médiathèque m’enfermer tout l’après midi avec Julius (c’est le petit nom de mon macbook) pour avancer ce satané article que je dois rendre dans quinze jours. Surtout qu’il est déjà midi et que j’ai passé la matinée devant Dead Poets Society, que je n’avais pas vu depuis des années. Et qu’hier, j’ai passé ma journée à faire les boutiques.

La vie de doctorant, parfois, c’est brimant.

octobre 26, 2009

Your Revenge Will Be So Sweet

Bon, je vous le dis, mais ça reste entre nous. Promis?

Je suis allée hier soir, sous la menace contrainte et forcée, voir Lucky Luke. Entendons nous bien: je savais, en y allant qu’il serait mauvais. Nous le savions tous, d’ailleurs (le forfait fut collectif). Mais l’être humain, aussi intelligent soit-il, obtempérant parfois à des idées saugrenues, nous nous sommes rendus à reculons au Gaumont Multiplexe. Cinéma, soit dit en passant, que je déteste, situé dans un quartier qui tient à la fois de Disneyland et du carton-pâte (si tant est que les deux ne soient pas la même chose).

Eh bien mes amis, ce film n’est pas mauvais du tout.

Il est PIRE.

C’est la plus grosse daube qu’il m’ait été donné de voir sur grand écran depuis des années (il faut dire que de moi-même, je vais toujours voir des bons films). Les acteurs jouent mal, SURTOUT Jean Dujardin. Michaël Youn en Billy The Kid est effrayant de nullité (j’ai d’ailleurs failli pleurer quand j’ai vu son nom au générique) (si ma place n’avait pas coûté la sommé indécente de 10€, je serais partie à ce moment là) et les blagues sont éculées (ou, pour certaines, juste nulles). Mention spéciale à:

“T’es devenu unlucky, Luke!” (wouhou!)

Et puis avoir pris Alexandra Lamy pour interpréter la chérie de Lucky Luke, merci bien, moi le couple Dujardin-Lamy j’en ai soupé, qu’est-ce qu’on a besoin de les voir toujours ensemble? Sylvie Testud, qui joue Calamity Jane, est la seule qui s’en sort à peu près, mais dans un film aussi mauvais, ça ne sert à rien.

Heureusement que mon paquet de pop corns m’a occupée le premier quart d’heure. A part ça, je me suis ennuyée ferme. Seules deux choses ont retenu positivement mon attention, dont une vraie pépite: le très théâtral et très long manteau de Jesse James trainant dans la poussière jaune du désert de l’Utah (mon deuxième crush étant la jupe que porte Calamity Jane à la fin du film).

Il est BEAU, non?

Maintenant que vous avez vu la seule chose digne d’intérêt de cette bouse cinématographique, dispensez-vous d’aller acheter un ticket, vos neurones vous diront merci. Ce qui est dommage, c’est qu’au delà de certains costumes très chouettes, j’ai trouvé les décors vraiment pas mal: très “décors” justement, très colorés, version western spaghetti romantique, entre ombre et lumière, une bonne idée pour retranscrire un esprit BD au cinéma (ce qui n’est pas chose aisée, avouons-le). Mais les acteurs, Seigneur Dieu… J’aurais pu accrocher, dans l’idée, au personnage de Jesse James, le bandit dandy qui déclame du Shakespeare à tout va, mais c’était tellement mal joué, tellement exagéré, tellement faux que je me suis contentée d’apprécier son manteau et son costume trois-pièces.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé, mais une chose en amenant une autre, tout ça m’a fait me remémorer The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford, avec Brad Pitt et Casey Aflleck dans les rôles titres, que j’avais beaucoup apprécié. J’ai bien envie, un de ces jours, de le revoir, histoire de me plonger dans un vrai bon film.

octobre 22, 2009

La petite musique d’hiver

J’attendais l’automne avec impatience, mais l’hiver à fait place à la fin d’été, sans transition. Même s’ il nous faut attendre le mois de décembre pour avoir officiellement froid, quand il fait 18°C dans mon appartement, pour moi, c’est déjà l’hiver. Quand je sors avec mon manteau sans avoir eu l’occasion de porter une veste de demi-saison aussi. J’avais hâte que les premiers frimas montrent le bout de leur nez, car après un été entier à mourir de chaud et dégouliner, je trouvais moyen de porter encore des t-shirts et des sandales à la fin du mois d’octobre. Evidemment, maintenant, je râle quand je me lève le matin à 6h30, qu’il fait nuit, que je suis obligée de mettre une (très glamour) polaire et que je me gèle dans la salle de bain en prenant ma douche. Jamais contente celle-ci, vraiment.

Heureusement quand le climat n’est plus clément, on peut faire des tas de choses chouettes. Les premiers froids, sont en effet l’occasion:

- De préparer une bonne grosse soupe pleine de légumes dans la cocotte, en écoutant la BO de Mary Poppins.

- D’acheter de nouvelles sortes de thés ou tisanes aux arômes hivernaux pour se réchauffer quand le ciel est gris : thé de Noël, délicieux Earl Grey, cannelle, amande, menthe poivrée…

- De faire brûler des bougies à la vanille ou de l’extrait de santal dans le brûle-parfum, pour rendre son chez-soi accueillant et réconfortant.

- De se rouler dans une couverture et bouquiner sur le canapé sans culpabiliser et sans se dire qu’on serait mieux à faire une activité de plein air (ce qui ne m’arrivait pas souvent à vrai dire, j’ai 20.000 livres que je dois absolument lire dans ma PAL, et ce depuis des mois!)

- De reprendre d’assaut les pubs et les bars à vin, mais à l’intérieur!

- De se terrer dans les cinéma et les salles d’opéra. Quand je pense que je suis montpelliéraine depuis 9 ans et que je n’ai jamais mis les pieds à l’Opéra Comédie, j’ai honte. Cette année sera la bonne! Il est trop tard pour le Psyché de Lully (il ne reste que des mauvaises places) mais je ne raterai pas la Traviata, même s’il faut attendre mai. J’ai bien envie de voir Otello (de Verdi, de nouveau) en janvier, mais il se joue au Corum, dont la salle est très honorable mais ne possède pas le style à l’italienne de l’opéra Comédie. J’attends que le programme des concerts du conservatoire de musique soit disponible, les orchestres jouent souvent dans une salle de l’opéra et c’est gratuit. D’une manière générale, il faut que je me motive cette année car j’ai trop peu profité des manifestations culturelles de Montpellier, qui sont très nombreuses tout au long de l’année, et de qualité. Shame on me!

L'opéra Comédie

L'opéra Comédie

- De faire des soirées tajine ou raclettes avec les copains, parce-que c’est toujours très sympa!

- De regarder des séries sous la couette sur le petit écran de son ordinateur portable.

- De ressortir, enfin, ses manteaux, ses grosses écharpes toute douces, son béret, ses gants en cuir, ses bottes, ses jupes doublées et ses collants bien épais. Si je ne sais jamais comment m’habiller en été, en hiver c’est un plaisir (et d’une simplicité enfantine!).

Et vous l’hiver?

octobre 18, 2009

Please Don’t Stop The Music

J’ai un peu laissé ce blog à l’abandon ces jours-ci et je m’en excuse platement. Merci à mon mi-temps, je serai en vacances mercredi soir, et ce jusqu’au 8 novembre. Et oui, mes vacances de Toussaint vont durer presque trois semaines (avouez que vous êtes jaloux), de quoi 1/ avancer ma thèse  2/bloguer plus sérieusement 3/ me requinquer un peu, car j’ai mal au ventre, mal aux reins, mal à la tête, bref le dedans de mon petit corps est tout détraqué, et, conséquence directe, je suis lessivée.  Comme je suis totalement inapte à écrire un article conséquent, voilà (encore) un petit tag rigolo. Le principe? Lancer sa playlist en mode aléatoire et répondre aux questions en faisant comme si le titre des chansons avait du sens:

1. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? Beautiful Thing, The Servant. C’est gentil, mais non. Aujourd’hui, ce serait plutôt “sick thing”.

2. Comment les autres vous voient ? Dress You Up, Madonna. Je n’ai pourtant pas l’impression d’être si dévergondée… ;)

3. Quelle est l’histoire de votre vie ? Be Here Now, Oasis. Erigé en principe à suivre, peut-être bien. J’ai tendance à me plonger dans mes rêveries plutôt que de  vivre pleinement le moment présent.

4. Quelle chanson pour votre enterrement ? My World Is Empty Without You, The Supremes. Si ça, ça n’est pas de circonstance…

5. Comment allez-vous de l’avant dans la vie ? Like A Hobo, Charlie Winston. Sur la route, rien dans les mains, rien dans les poches. Sur le principe, j’adore!

6. Comment être encore plus heureux ? Vade retro téléphone, Bénabar. Pas pour moi, je ne suis pas de celles qui se font harceler, je reçois très peu d’appels.

7. Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée dans la vie ? China Girl, Iggy Pop. D’avoir eu la chance de vivre en Chine? Peut-être, oui…

8. Pour décrire ce qui vous ravit ? Some Kind of Wonderful, Joss Stone. Of course!

9. Votre boulot pour vous c’est… You’re The First, The Last, My Everything, Barry White. Seigneur Dieu, non, non, non! (sinon je vais me mettre la tête dans le four).

10. Que devriez-vous dire à votre boss ? Mojo Pin, Jeff Buckley. Il le prendrait peut-être mal?

11. Pour vous, l’amour c’est… ? Erase/Rewind, The Cardigans. Comme tout le monde, j’imagine.

12. Pour vous, la sexualité ça doit être… ? Belly Up, Maria Mena. Eh eh. On en apprend tous les jours.

13. Bloguer pour vous c’est… ? Guaranteed, Eddy Veder. Moins ces temps-ci, mais presque!

Prend qui veut!

octobre 11, 2009

“The New World”, Terrence Malick, 2005

L’histoire (presque) vraie de John Smith et Pocahontas.

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1607. Trois bateaux britanniques débarquent des colons sur les côtes de l’actuelle Virginie, sous le regard incrédule et méfiant de la tribu d’indiens locale, les Powhatans.

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Dans la cale de l’un des bateaux, le capitaine John Smith est aux fers pour insubordination. C’est lui qui sera désigné, en vertu de son expérience militaire, pour partir explorer ces immenses étendues de terres sauvages.

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Capturé par les indiens, il ne doit sa survie qu’à l’intervention d’une des filles du chef, Pocahontas, qui se jette sur lui au moment où des guerriers s’apprêtent à le tuer. Sommée d’en apprendre plus sur les intentions des blancs, la jeune fille se lie avec Smith qui lui apprend l’anglais.

Smith, quant à lui, découvre le mode de vie pacifiste des Powhatans. Pocahontas et lui ne tardent pas à tomber amoureux. Malgré les avertissements de son père qui lui a fait promettre de faire passer son peuple avant tout, Pocahontas éprouve un amour absolu pour Smith.

Celui-ci est finalement renvoyé auprès de ses pairs, qui entre temps ont fondé le village de Jamestown. Cependant, l’hiver arrive et les anglais, n’ayant pas pu cultiver la terre, manquent de vivres. C’est alors qu’une délégation de Powhatans, menée par Pocahontas qui souhaite revoir Smith, leur apporte des provisions, les sauvant d’une mort certaine.

Quand le père de Pocahontas découvre qu’elle a donné aux blancs des pousses de maïs leur permettant de démarrer des cultures et, de fait, de survivre et s’établir durablement dans la région, il la chasse de la tribu. La jeune fille se réfugie alors à Jamestown. Alors qu’elle espérait retrouver Smith, on lui apprend que celui-ci a succombé à une blessure fatale.

Bien loin des clichés d’une histoire d’amour exotique, The New World est une véritable oeuvre d’art cinématographique. Les dialogues y sont rares, la musique omniprésente et la photographie à se damner. Terrence Malick filme les paysages d’Amérique comme il filmerait un paradis où la brise chatouillerait les herbes et le soleil rirait dans les cheveux des acteurs.

Il rend les cours d’eau et les pierres vivantes, le ciel infini, les corps cuivrés si souples qu’ils semblent faits de cette terre splendide, les rires si purs qu’ils s’envolent au vent entre les branches des arbres millénaires. La lenteur des images est  une ode à la beauté dramatique d’un monde sur le point de disparaître.

The New World est en effet une envoûtante histoire tragique, la confrontation entre deux civilisations dont l’une va aspirer l’autre, un Eden qui vit ses derniers instants.

C’est aussi l’histoire d’une jeune fille dont les sentiments vont causer la perte de son peuple, et qui aura presque raison de sa propre vie jusqu’à ce qu’un pasteur, John Rolfe,  décide de sauver son âme.

Les archives concernant John Smith et Pocahontas sont rares. L’histoire ne dit pas s’ils ont réellement été amants, mais cette relation a été exploitée  et romancée de nombreuses fois. La trame narrative du film, cependant, colle à la réalité historique. La rencontre, l’exil,  Pocahontas devenue Rebecca, son destin qui la mènera bien loin de sa terre natale jusqu’à la cour d’Angleterre.

The New World m’a fait apprécier Colin Farrell, criant de profondeur en un John Smith aux sentiments hésitants, perdu entre deux mondes. Christian Bale campe le pasteur John Rolfe, doté d’une bonté et d’un amour infinis. J’ai même eu la très bonne surprise d’y retrouver Wes Studi, un acteur Cherokee que j’adore.

Mais c’est la gracieuse Q’Orianka Kilcher à la gestuelle dansante qui porte le film, tour à tour sauvageonne à l’innocence surréaliste, amoureuse aux sentiments indéfectibles, jeune fille grave en corset, elfe mutin en jupons, divinité des eaux en robe émeraude.

Il faut absolument voir The New World pour sa poésie, sa magistrale beauté, la lumière qui émane de la moindre de ses images, pour ses cours d’eau, ses herbes folles, son océan, pour l’Amérique disparue, pour l’Angleterre du dix-septième siècle, pour ses corps et ses âmes filmés au plus près.

Je ne trouve plus les mots pour vous convaincre plus, aussi je vous laisse sur ces quelques lignes extraites d’une critique de “film de culte”, dithyrambique, certes, mais très juste: L’insensée réussite du “Nouveau Monde”, le plus beau film de ce nouveau millénaire, soyons définitif, tient dans le fragile équilibre entre le respect à la légende et son interprétation poétique. Malick réussit à raconter une passion intime et à toucher à l’universalité, à raconter le destin d’une jeune femme et celui de l’humanité. Maelström de sensations, film-trip d’une perfection absolue du premier au dernier plan, le “Nouveau Monde” tient du miracle, du tour de magie d’un cinéaste au sommet de son art.