La dame de Shanghai.

zhang ailingZhang Ailing (张爱玲), plus connue sous le nom d’Eileen Chang, est une romancière née en 1920 à Shanghai. Issue d’une famille de lettrés, diplômée en littérature, elle a montré très tôt un réel talent pour l’écriture ; ses premiers romans furent publiés en 1943.

Remarquablement, dans les romans et nouvelles de Zhang Ailing, l’accent est mis sur la tension amoureuse entre hommes et femmes ainsi que sur le ressenti féminin, alors même que la littérature de l’époque, dans une Chine envahie par le Japon (nous sommes alors en pleine guerre mondiale), était profondément patriotique. L’oeuvre de Zhang Ailing détonne en ce que les revendications politiques en sont totalement absentes, l’auteur préférant se focaliser sur la vie des citadins. La description du paysage socio-politique de l’époque n’en est pas moins minutieuse et intéressante car elle nous plonge dans le Shanghai et Hong Kong des années 1940 et le quotidien d’une Chine sous l’occupation japonaise.

Nous devons à Zhang Ailing les sublimes « Le chant du riz qui lève» (le dernier roman qu’elle ait écrit avant de mourir à Los Angeles), « La cangue d’or », ou encore « Rose blanche et rose rouge ». Elle est également l’auteur de « Lust, Caution », nouvelle dont Ang Lee tira récemment le film éponyme à l’esthétique admirable, dans lequel on retrouve Tony Leung (à l’esthétique également admirable, soit dit en passant, que la plupart des occidentaux ont découvert dans « In The Mood For Love » de Wong Kar-Wai) et dont voilà quelques captures, pour le plaisir des yeux:

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Zhang Ailing fut également la traductrice en anglais d’un roman de Han Bangqing, datant de la dynastie Qing et écrit en dialecte Wu. Intitulé en anglais « The Sing-Song Girls Of Shanghai », le titre original n’est autre que « Biographie des fleurs de Shanghai » (海上花列傳). Cela vous dit quelque chose ? C’est en effet le livre qui inspira Hou Hsiao-Hsien pour son film « Les fleurs de Shanghai » (海上花), sorti en 1998, sublime lui aussi (et tiens, quel acteur trouvons-nous à nouveau? Notre cher Tony… décidément, le hasard fait bien les choses!)

Si vous n’avez vu aucun des deux films susmentionnés, courez à la médiathèque pour vous les procurer au plus vite, vous en prendrez plein les mirettes (les amateurs de vêtements d’époque et de costumes comme moi seront servis). Et, si vous souhaitez vous initier à la littérature chinoise, je ne peux que vous engager à lire Eileen Chang (ses livres traduits sont généralement publiés sous son nom anglais), à mon humble avis l’un des meilleurs écrivains de son époque.

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2 réflexions sur “La dame de Shanghai.

  1. Mona dit :

    Je croyais que tu avais fait un article sur In the mood for love mais apparemment non… Bref je suis tombée sur celui-ci à la place et j’ai très envie de voir Lust, caution maintenant. Thanks.

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