T’as le look coco!

Il y a quelques temps, mon homme me faisait découvrir une série que je ne connaissais pas, Fringe. Après un compte-rendu détaillé des trois premiers épisodes qu’il avait regardés sans moi, nous voilà donc installés comme des loutres dans le canapé, devant le quatrième. Après quelques minutes de visionnage, interpellée par le personnage de Peter Bishop, mes méninges commencent à carburer sur le mode « rhaaaa mais je le connais lui! ». Le suspense étant insoutenable, je demande à Chéri.

– Mais il joue dans quoi lui DEJA?

– Ben c’est Pacey, dans Dawson… (élémentaire, ma mie! Révisez vos classiques!)

Mais c’est bien sûr!

(Ne me dites pas que vous ne vous souvenez pas de Dawson, je ne vous croirais pas. Une intrigue digne des meilleures séries pour ados qui se résume en gros à: « Mougnougnou j’aime Dawson, mougnounou j’aime Joey, mougnougnou j’aime Pacey,  qui Joey va-t-elle choisir entre Dawson et Pacey, mougnougnou que la vie est dure quand on on des problème de coeur « .)

Bref, Joshua Jackson, aka Pacey dans Dawson, c’était ça (à gauche):

"Mougnougnou Joey où es-tu?"

"Mougnougnou Joey où es-tu?"

Joshua Jackson quelques années plus tard, ça donne ça:

La Timberlake-attitude

« Dis donc, il a… ahum… grandi! m’exclamai-je enthousiaste dans mon canapé, après qu’une image presque subliminale du corps dénuné de Peter Bishop s’extirpant d’un lit ait atteint mon cerveau (dois-je mentionner le regard ironique de Chéri?).

Bref, avançons dans notre propos, le thème du jour n’est pas « Pour ou contre la Justin Timberlake Attitude » mais:

Les séries de notre adolescence ou l’image malmenée du mâle:

Quelques années plus tard, tout va mieux!

Prenons un classique: Richard Dean Anderson et son inoubliable look dans MacGyver. Grand Ponte de la coupe mulet, Pape de la ringardise, Roi incontesté du cheveux made in 80’s, MacGyver, pour moi, est une légende. Inoubliable, je vous dis. Un petit rafraîchissement de mémoire, pour le plaisir:

MacGyver[2]

Le pire, c’est qu’à l’époque, ça ne nous choquait même pas. Il aura quand même fallu attendre la fin des années 90 pour que Richard Dean Anderson nous revienne avec une apparence beaucoup plus digne:

richard dean anderson

Tapons encore plus fort avec « Les années collège », une série bien sympathique sur des ados, leur vie d’ados et leurs problèmes d’ados, interprétée par des jeunots aux looks dans le vent (de l’époque). Vous vous souvenez de Joey Jeremiah et Wheels, interprétés respectivement par Pat Mastroianni et Heil Hope?

anneescollege

Chemises aux imprimés discrets de bon goût et bouclettes sur le front. Que sont-ils devenus?

pat mastroianni

neil hope

Cheveux rasés et vêtements noirs, nos deux joyeux lurons sont méconnaissables. Une façon d’exorciser le traumatisme de tant d’années de torture stylistique, sans doute.

Dans la même lignée, je suis sure que personne n’a oublié Screech de « Sauvés par le gong »! Oui, ça pique les yeux…

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A le regarder, on pensait son cas désespéré, genre « désolée mon vieux, tu auras à vie une casquette de Bozo le clown sur la tête et des tee-shirts huit fois trop grands pour ton corps de maigrichon ». Et bien croyez le ou non, « Screech », alias Dustin Diamond, ressemble aujourd’hui à ça:

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Comme quoi, il y a de l’espoir. Un costume, ça vous dignifie tout de suite un homme. Même frisé. Si, si. La preuve:

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Will Smith dans "Le prince de Bel Air"

Quinze ans après, la classe.

Non, le moche et la ringardise ne sont pas une fatalité. Remember 21 Jump Street et les improbables coiffures de Johnny Depp?

21 jump street

johnny-depp*Soupir*

Mes sincères condoléances à tous ceux et toutes celles qui, comme moi, on subit à l’époque ces outrages visuels malgré eux. Ceci dit, nous avons l’avantage de pouvoir mesurer le chemin parcouru et d’être en mesure de prouver que oui, on se bonifie en vieillissant. Les pauvres jeunes d’aujourd’hui ne pourront même pas rire en se rappelant les bonnes vieilles séries de leur adolescence.

skins

Même pas drôle…

La trilogie du coeur

Edit: J’ai supprimé la deuxième image, je viens de m’apercevoir que j’avais chargé la mauvaise! (note pour moi même: arrêter de donner des noms quasi-identiques aux images d’un même dossier et jeter un oeil à mes posts après publication). Voici celle que je souhaitais vous faire deviner. L’image précédente n’étais pas une oeuvre de maître mais un portrait « dans le style de » que je trouve très joli. Vous pouviez toujours chercher de quel tableau il s’agissait! Ceci dit, celles qui ont joué ont eu l’oeil 😉

Je suis à battre, je n’ai toujours pas écris l’article promis sur les looks fabuleux (hum) des acteurs de séries des années 80, faute de temps. Pour vous faire patienter, je vous propose un petit jeu qui fera plaisir à tous les yeux (surtout aux miens): nommez les auteurs des magnifiques tableaux dont sont issus ces « polas », ainsi que leur titre! Ce n’est pas très difficile, ce sont trois grands, dont j’adore l’univers (je suis amoureuse du titre du troisième tableau).

Et on ne triche pas!

guess what

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guess what 3

Café du commerce.

Faire la saison dans un lieu très fréquenté l’été, c’est un peu le drame.

Nous avons pourtant fait les choses bien: des panneaux clairs qui expliquent aux touristes qu’ils sont les bienvenus dans notre espace qui comprend: 1/ un magasin de commerce équitable, 2/ un bar à smoothies, 3/ une salle d’exposition d’artistes locaux.

Alors toi, le énième hollandais/ch’tit/breton/visiteur du bled d’à côté/touriste de n’importe où à avoir posé la question cette semaine, NON, NOUS NE SOMMES PAS UN RESTAURANT. A moins que tu aies déjà vu un restaurant qui vende des vases en mosaïque et fasse dîner ses clients sur une bibliothèque Billy. Bon courage pour caler ta chaise sur l’étagère, entre nous.

De plus, sache que la phrase Il était une fois un magasin unique, etc accrochée à l’entrée ne signifie pas que le magasin n’existe plus car « l’affiche, là, elle est au passé ». Tu vois bien qu’il existe, puisque tu viens de PASSER LA PORTE.

« Ce sont de vrais fruits dans vos smoothies? » Non, ils sont en cire, vous verrez ça surprend au début mais on s’y fait…

« Vous avez le choix entre deux tailles de smoothies, le grand et le petit » *on leur colle les deux verres témoins de 25cl et 40cl sous les yeux* « Heu… (désignant le 25cl), c’est celui-là le petit? ». Mmmmm, à votre avis?

« Toutes les composition des formules sont sous vos yeux, Madame, voyez par exemple, notre smoothie Fraisou contient de la fraise, de la framboise et du yahourt ». « Ah, on lit, mais en fait on ne sait pas ce qu’il y a, dans vos jus! ».

???

Aujourd’hui, panne d’électricité dans toute la ville. Un homme fait le tour du magasin, dans le noir. Après un bon quart d’heure, il vient commander un café. « Je suis désolée, monsieur, je ne peux pas vous faire de café, il y a une panne d’électricité ». « Ah bon? Votre machine fonctionne à l’éléctricité? ». Heu… oui, c’est ce qu’on appelle une cafetière…

Mon petit préféré, c’est la question qu’a posée une dame en voyant les verres témoins remplis de serpentins de papier: « Ah, vous faites de pâtes? ». Oui madame, les tagliatelles en feuilles canson sont notre spécialité, les bleues sont les meilleures!

Je songe sérieusement à écrire un livre.

De l’uniformité (ou pas).

Je pense que beaucoup d’entre vous sont déjà tombés, au hasard du net ou dans des rayons de librairie, sur ces mosaïques de personnes photographiées sur fond neutre, arborant la même pose et des looks quasiment identiques:

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Certaines photographies commencent à dater mais je ne peux m’empêcher de vous les faire partager. Elle sont le fruit de la collaboration des photographes et stylistes néerlandais Ari Versluis et Ellie Uyttenbroek, qui capturent depuis 1994 le dress code des différents goupes sociaux urbains à travers le monde. Leur travail est un régal pour les yeux, mais aussi une bonne leçon d’humilité: vous pensiez être original? Et pof, ces deux-là vous casent dans un groupe. Vous n’avez pas encore croisé votre sosie de style? Ça ne saurait tarder! Ces séries, intitulées Exactitudes (contraction de « Exact » et « Attitude »), offrent un catalogue humain étourdissant de précision. Leur démarche, très bien expliquée par ailleurs sur le site exactitudes, relève à la fois de l’art et de l’anthropologie.

Certaines séries m’ont beaucoup fait sourire, par exemple celle-ci, prise à Paris en 2008, intitulée « les filles du 7éme »: grosse impression d’avoir devant les yeux la blogueuse mode lambda, hit bag au creux du coude et t-shirt un peu loose (enfin, au moins, elles n’ont pas les pieds en dedans).

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Celle-ci, à mon humble avis, illustre également très bien notre style national. Son titre? « French Touch »!

Image 5Vous reprendrez bien un peu de BB Brunes?

Surfons sur la vague rétro avec les Pin-Ups londoniennes!

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Ne nous méprenons pas, si l’on sourit, c’est moins par condescendance que parce-que ces séries sont criantes de vérité. Une expérience unique, tiens, comme le Space Mountain. Le matin, on ouvre sa penderie et on l’inspecte d’un oeil circonspect. Une fois dans la rue, on se surprend à scruter les passants discrètement à la recherche de notre clone de look. On se demande si nous serions digne de figurer dans Exactitudes, tout en connaissant la réponse.

Effet mouton mis à part, il y aura toujours quelqu’un, quelque part, dont les inspirations esthétiques, culturelles et intellectuelles seront semblables aux nôtres. Se réclamer d’une tendance, être lié de par son look, inconsciemment ou non, à un groupe, puiser son inspiration dans tel ou tel mouvement ou telle ou telle époque, finalement, c’est être connecté au monde dans lequel on vit. Et ça a quelque chose de relativement rassurant.

Je vous laisse découvrir les très nombreuses photos sur le site exactitudes!