What The Book Said

Encore un tag, dérobé chez mon dealer de tags officiel (c’est elle qui a inventé l’expression, rendons à César…). Il faut répondre aux questions en citant le titre d’un livre lu dans l’année, en n’utilisant chaque titre qu’une fois. Après un grand moment de cogitage, j’ai réussi! Vous savez que  je travaille sur ma thèse, aussi vous ne vous étonnerez pas que beaucoup de ces romans soient chinois.

Décris-toi : L’insecte sur la toile (Dai Lai) (je suis super fière de celle-là, rapport à mon blog hi hi)

Comment te sens-tu ? : Ni d’Eve ni d’Adam (Amélie Nothomb)

Décris là où tu vis actuellement : Revolutionary Road (Richard Yates)

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : Tropique du Cancer (Henry Miller)

Ton moyen de transport préféré : Sur la route (Jack Kerouac)

Ton/ta meilleur(e) ami(e) est : Femme, Femme, Femme (Han Shaogong)

Toi et tes amis, vous êtes : Un homme bien sous tout rapport (Chi Li)

Comment est le temps : Trouée dans les nuages (Chi Li)

Ton moment préféré de la journée : Soleil du crépuscule (Fang Fang)

Qu’est la vie pour toi : L’incontournable histoire (Zhu Wenying)

Ta peur : Et si c’était niais ? (Pascal Fioretto)

Quel est le meilleur conseil que tu aies à donner :  Lust, Caution (Eileen Chang) (sortez couverts!)

Pensée du jour : Comment m’est venue ma philosophie de la vie (Yin Lichuan)

Comment aimerais-tu mourir ? Vipère au poing (Hervé Bazin)

La condition actuelle de mon âme : Amère jeunesse (Wang Anyi)

A vous!

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Hang Up The Phone Just Let Me Go

Le téléphone du bureau des classes préparatoires sonne tout le temps.

Ring ring! Une mère qui voudrait que l’on mette en quarantaine tous les élèves qui ont le nez qui coule pour que son fils n’attrape pas la grippe: « Vous comprenez, ils sont peut-être très costauds et n’ont pas d’autres symptômes que celui-ci! ».

Ring ring! « Au secours, nous ne trouvons pas le dossier de Tartampionne en prépa véto! ».

Ring ring! Un prof mécontent qu’on ne lui ait pas attribué de salle, normal, il n’en a pas fait la demande.

Ring ring!  Parfois, les appels me donnent une vraie bonne raison de me prendre un fou rire. « Bonjour, je vous appelle au sujet de ma fille Unetelle qui est en classe d’hippocampe chez vous ». »Bonjour, est-ce que vous avez des classes préparatoires BEP esthétique? ».

On m’a prêté le roman de Richard Yates La fenêtre panoramique (Revolutionary Road en anglais, qui a donné naissance au merveilleux film éponyme avec Kate Winslet et Leonardo di Caprio –Les noces rebelles en français). Nonobstant la teneur en humour de certaines conversations, je suis dérangée dans ma lecture.

En super bonus (de circonstance) ma chanson préférée de Mika!

PS: Qui est la vicieuse qui est tombé sur mon blog en googlisant « Colin Firth nu »? Hein?

« Heavenly Creatures », Peter Jackson, 1994

Nouvelles-Zélande, 1953. Juliet Hulme, une anglaise solaire et spirituelle issue d’une famille aisée fait son entrée au lycée de jeunes filles de Christchurch. Très vite, elle attire l’attention de Pauline Parker, adolescente terne et boudeuse. Les deux jeunes filles, aussi solitaires et passionnées l’une que l’autre, vont rapidement se lier d’amitié.

Devenues inséparables, elles passent alors le plus clair de leur temps ensemble dans la propriété des Hulme, lesquels traitent Pauline comme si elle était leur propre fille. Fantaisistes, Juliet et Pauline s’inventent un monde imaginaire morbide et onirique baptisé le « quatrième monde », régit par des saints, figures idéalisées d’acteurs et chanteurs qu’elles idolâtrent.

Au fil du temps, Juliet et Pauline, sous l’oeil inquiet de leurs familles, vont s’enfoncer dans une relation exclusive et amoureuse et se détacher du monde réel pour se consacrer au quatrième monde. Quand l’état de santé de Juliet nécessitera de l’envoyer sous un climat plus chaud, la séparation, qui apparaîtra comme salutaire pour les deux familles choquées de la tournure de cette relation, sera inéluctable. Les jeunes filles, qui vivent uniquement l’une pour l’autre, imaginent alors une solution radicale pour rester ensemble.

Basé sur l’affaire Parker-Hulme qui horrifia la Nouvelle-Zélande des années 1950, Heavenly Creatures dépeint admirablement cette intense amitié adolescente qui tournera au drame. Après le jubilatoire et gore Braindead, Peter Jackson brosse un univers totalement différent, onirique et violent, tenant à la fois du conte de fées et de la folie.

Le film, dont le fil conducteur est le journal intime de Pauline, est un voyage rythmé à travers l’imagination des deux adolescentes et les lettres qu’elles s’échangent. Leur monde imaginaire est prétexte à des scènes visuellement délirantes qui s’intensifient et se multiplient à mesure que les jeunes filles s’enfoncent dans leurs fantasmes.

Le scénario est porté par le jeu vraiment excellent des deux actrices (Kate Winslet et Melanie Lynskey) dont c’est, pour chacune, le premier rôle au cinéma. Si l’une a connu plus de succès que l’autre par la suite,  on peut néanmoins retrouver Melanie Lynskey dans la série  Mon Oncle Charlie.

Une petite info au passage, la vraie Juliet Hulme, qui prit le nom d’Anne Perry à la suite de l’affaire (non, je ne vous dévoilerai pas tout, allez voir le film!), est la créatrice du personnage de détective anglais Monk.

Fait intéressant, Anne Perry/Juliet Hulme affirme avoir été énormément influencée par les auteurs qu’elle a lu étant jeune, principalement Lewis Carroll. Le monde fantasmagorique de Juliet et Pauline dépeint dans Heavenly Creatures possède incontestablement un côté Alice au pays des merveilles, à la fois féerique, inquiétant et dérangeant.

Que dire de plus pour vous encourager à voir Heavenly Creatures si vous ne le connaissez pas? Que Peter Jackson savait déjà mettre en scène des chevaliers avant le Seigneur des Anneaux? Que le film a obtenu le lion d’argent de Venise? Que Kate Winslet est phénoménale? Ah si, je sais: les filles, il y a des costumes des années 50! Ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué le maillot de Kate, je ne vous croirais pas…

Toutes les femmes de ma vie

Aucune allusion aux L5 ne sera faite dans cet article.

Après vous avoir fait partager mes goûts (et dégoûts) en matière d’hommes, je me suis dit qu’il y avait également des femmes dont j’étais totalement amoureuse et à l’apparition desquelles je tombais littéralement en pâmoison. Car si nos amis les hommes, pour la plupart, parlent avant tout à mes hormones, ces dames remuent des choses que je ne pourraient même pas expliquer. Ce sont des histoires de coeur, d’amour, de soralité (toi la soeur que je n’ai jamais eue, sais-tu si tu avais vécu, ce que nous aurions fait enseeembleuh), voire de maternité. Voici, en vrac, les femmes de mon coeur:

Kate Winslet

Quand mon chéwi du lycée (oui ça date) m’a dit que la première fois qu’il l’avait vue, il était tombé amoureux d’elle, je n’ai pas relevé. Bien plus tard, j’ai compris que moi aussi, j’étais irrémédiablement amoureuse de Kate Winslet. Depuis Créatures Célestes (un chef-d’oeuvre de Peter Jackson, courez le voir) en passant par Holy Smoke (où Kate nous apprend à rester belle et émouvante en se faisant pipi dessus), jusqu’aux Noces Rebelles dans lequel elle m’a fait pleurer toutes les larmes de mon corps, chacune de ses apparitions m’irradie.

Keira Knightley

Vue pour la première dans Pirates des Caraïbes, elle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Puis j’ai visionné Love Actually, dans lequel j’ai commencé à trouver ses mimiques adorables. L’apothéose fut atteint quand je l’ai découverte en brune (avouons-le, le blond ne lui va pas). J’ai craqué sur Keira comme on craque sur un mignon petit chat. Si je pouvais l’adopter, je la poserais au pied de mon lit et lui demanderais de sourire (en découvrant ses dents) pour réchauffer mes nuits d’hiver.

Meryl Streep

Jeune ou moins jeune, j’idolâtre Meryl Streep. Dans tous ses rôles. Je la trouve grande, talentueuse, magnifique. Pas grand chose de plus à rajouter. A part peut-être que si j’avais une prière à exaucer, se serait de ressembler à Miranda Prietsley quand je serais vieille – physiquement, s’entend.

Monica Bellucci

Du temps de sa splendeur (comprendre: quand elle était un peu plus jeune) elle m’aurait fait virer de bord. Je pense n’avoir jamais vu visage si parfait de toute ma vie. Si Mel Gibson ne l’avait pas choisie pour interpréter la Vierge dans La Passion du Christ, c’est tout de même son visage que j’aurais associé à la Madone. Je dois quelque part avoir des gènes masculins, car à chaque fois que je la vois, j’en reste comme deux ronds de flan. En fait, je ne suis jamais vraiment remise de l’avoir vue en Malèna…

Tran Nu Yên-Khê

Incarnation de la grâce, finesse à l’état pur, brise de fraîcheur, je crois bien qu’elle est mon premier grand amour féminin. Tran Nu Yên-Khê est l’épouse et actrice fétiche de Tran Anh Hung, le réalisateur de l’Odeur de la papaye verte, Cyclo et A la verticale de l’été (le film le plus poétique au monde, emmené par la voix de Lou Reed, le chant des oiseaux, les clapotis de l’eau et des chansons vietnamiennes).

Elle est aussi celle qui m’a donné le plus de complexes quand j’étais ado: je désirais avec acharnement les mêmes longs cheveux noirs, la même peau de satin, la même gracilité… Le jour où j’ai enfin compris que je ne me transformerai jamais en vietnamienne, ça m’a passé. Il n’empêche, on n’oublie pas ses amours adolescentes si facilement et j’attends avec impatience  de la revoir sur grand écran.

Marilyn Monroe

Je l’ai toujours trouvée plus jolie que belle. Une éternelle enfant fragile qui transpirait la féminité, voilà ce qu’était Marylin pour moi. J’aime sa voix (on parle très peu souvent de sa voix, alors qu’elle était extraordinaire), sa drôlerie, sa profondeur et ses blessures. Son triste destin et sa trop grande solitude me font mal au coeur, et c’est son visage un peu triste, caché derrière le sex-symbol souriant et crée de toutes pièces, qui me touche le plus.

Et vous, les femmes de votre vie?

Ungern, l’homme d’un rêve

Trêve de futilités, ce n’est pas parce-qu’on est sur un blog de fille qu’on va passer notre temps à causer chiffons. Si j’aime les robes, j’aime aussi les aventures, les épopées et les grands fous. Voici donc venu le temps de vous parler d’un homme pour lequel j’éprouve la plus grande fascination: le baron Ungern-Sternberg.

Ungern en 1920

Ungern en 1920

Aussi intéressante que soit la biographie et l’ascendance de Roman Fiedorovic von Ungern-Sternberg (appelé aussi Ungern von Sternberg), né en 1885 et descendant d’une lignée de nobles baltes, j’irai pour l’instant à l’essentiel: le baron embrassa une carrière militaire en tant qu’officier dans l’armée impériale russe.

Lorsque la révolution bolchévique et la guerre civile russe éclatent en 1917, Ungern se range du côté des Blancs sous les ordres de l’attaman (chef cosaque) Semenov, dont l’armée à été repoussée par les Rouges dans la région du Lac Baïkal. Farouchement opposé à la révolution qu’il considère comme l’ennemie du genre humain et de la civilisation, Ungern-Sternberg, qui se sépare de Semenov en 1920 afin de combattre à son compte, crée depuis la cité mongole de Douria dont il a pris le commandement une armée unique en son genre et sans précédent qui restera dans la légende: la Division Asiatique de Cavalerie, ou Division Sauvage, composée d’émérites cavaliers russes, cosaques, bouriates, mongols, tibétains et japonais. Entouré par les armées ennemies (russes rouges et chinois républicains) contre lesquelles la Division mènera de féroces combats, Ungern poursuit un but: faire de la Mongolie un grand état indépendant.

Ungern, avec ses cavaliers, conquiert Ourga (l’actuelle Oulan-Bator, capitale de la Mongolie), alors aux mains des chinois, libérant au passage le Bouddha vivant (troisième dignitaire dans la hiérarchie bouddhiste, après le Panchem Lama et le Dalai Lama), prisonnier de ces derniers. Considéré comme le libérateur des mongols, le baron est alors élevé au rang de « Premier Prince de Mongolie » par le Bouddha vivant, ce dernier étant lui-même couronné empereur divin. Ce couronnement est pour Ungern, devenu Ungern Khan, nimbé d’une aura divine auprès des mongols qui lui accordent toute confiance, une première victoire, lui dont l’ambition est ni plus ni moins de rétablir les monarchies dans le monde entier.

Ungern-Sternberg par Hugo Pratt

Etant très peu versée dans l’histoire militaire et encore moins admiratrice de la chose, ce sont de ses rêves insensés que me vient cette fascination pour lui: en effet, Ungern-Sternberg entendait créer un état panasiatique, résurrection de l’empire de Gengis Khan, dont les moeurs et la politique, bien loin de celles de l’Europe occidentale décadente, seraient pures. Grand admirateur des populations nomades, l’ambition folle et utopique d’Ungern était d’agrandir la Mongolie, puis de gagner la Russie et enfin l’Europe, non pour assouvir une soif de conquête mais pour créer un « empire universel » qui restaurerait « le royaume de Dieu sur terre », d’insuffler une sagesse orientale à une Europe qui en manquait tant « (…) nous rallierons les bouriates et les Khirgiz, nous pousserons vers le Turkestan, le Tibet, la Corée, le Cachemire… Je vais sonner le grand réveil des peuples qui se joindront à nous pour rester libres, pour devenir eux-mêmes, pour conserver leur héritage et leur foi. Face à L’internationale de Moscou, je veux fonder l’Internationale d’Ourga* », écrit le baron dans sa correspondance.

Ungern dans le film "Corto Maltese: la cour secrète des arcanes", 2001

Ungern dans le film "Corto Maltese: la cour secrète des arcanes", 2001

L’histoire et la légende s’emmêlent inextricablement quant à la personnalité du baron, les descriptions qui nous restent de lui se contredisant parfois. Fervent chrétien mais bouddhiste convaincu, officier revêtu de la robe traditionnelle mongole (voir photo), noble à l’ascendance guerrière indéniable (croisés, chevaliers teutoniques) et mystérieuse (un de ses ancêtre passait pour alchimiste), très intelligent, courageux, dépourvu de sensibilité, homme de bien, voilà, entre autre, ce que l’on retiendra d’Ungern. Surnommé post-mortem « le baron sanglant », en vertu d’une férocité qui fut plus tard démentie, il entreprend cependant de réformer Ourga pour le bien de la population en faisant notamment réparer les réseaux électriques, réouvrir les écoles et créer un hôpital; ascète intransigeant, idéaliste et mystique (on raconte qu’il consultait des devins, l’un d’eux lui ayant annoncé sa mort), Ungern-Sternberg voyait dans son combat une lutte ésotérique entre le bien et le mal, une façon de vaincre l’inéluctable malédiction prophétisée par les tradition chrétiennes et bouddhiques qui mettrait fin à la civilisation. Ungern, aux rêves trop fous (ou à la quête trop noble) pour être partagé par ses pairs, sera trahi par l »un de ses lieutenant et livré aux bolchéviques, qui le fusilleront en 1921 (là encore, les circonstances de sa disparition sont sujettes à discussion).

Guerrier illuminé (certaines sources le déclarent psychologiquement instable, on le surnomma également le « baron fou » en vertu de son comportement excentrique), la vie d’Ungern relève de la tragédie, au sens grec du terme: dernier général Blanc à avoir combattu les Rouges avec son armée légendaire dans une guerre perdue d’avance, sa quête n’en fut pas moins implacable. Les 130 jours qui lui restaient à vivre, prédits, raconte-t-on, par un devin, ne le dissuadèrent pas de continuer la bataille. « Mes jours sont comptés. Je ne peux pas mourir en général chinois. Mais tel que je suis: Junker balte, général russe et prince mongol. C’est déjà beaucoup pour un seul homme. Je ne suis pas un aventurier ou un mercenaire. Je suis l’homme d’un rêve. On ne change pas de rêve pas plus qu’on ne change de peau*« .

Il n’est pas étonnant de retrouver Ungern-Sternberg sous la plume d’Hugo Pratt dans Corto Maltese en Sibérie (un tome que j’idolâtre), l’auteur aimant à entourer son héros de personnages mystérieux et ambigus. Fataliste et lucide, le baron déclarera à Corto: « Moi, je vous offre un nouvel empire (…) Si l’occasion se présente, rappelez au monde que j’avais un destin tragique« . Ironiquement, Pratt fera tenir à Ungern les propos suivants: « Je crois que vous êtes tous un peu fous« , ce à quoi Raspoutine rétorquera « Excusez-moi, Excellence, mais le seul fou ici, c’est Corto Maltese. »

L’épopée du baron inspira des chansons à de nombreux groupes français de Oi! punk et de métal, tels Paris Violence, La Souris Déglinguée (qui évoque l’ombre d’Ungern à travers un voyage en transsibérien), ou encore l’Edelweiss Noire, contribuant à faire d’Ungern un personnage de guerrier romantique:

« La baron chevauche à travers les steppes d’Asie/ au gré de ses rêves de gloire et de folie/ se sacrer souverain d’un empire oublié/ puis tracer ses frontières à coup d’épé/ (…) Ungern-Sternberg, chevalier romantique/ les rêves les plus fous sont les seuls que l’on réalise » Paris Violence, Ungern-Sternberg

* Ungern, Erik Sablé, Ed. Pardès, 2006

Pour en savoir plus:

– Bêtes, Hommes et Dieux, A travers la Mongolie interdite, 1920-1921, de Ferdynand Ossendowski, qui fut le conseiller d’Ungern, aux Ed. Phebus

– Le baron Ungern, Khan des Steppes, Léonid Youzepovitch, Ed. des Syrtes, 2001;

– Ungern, le baron fou, Jean Mabire, Ed. André Balland, 1964


« Wilde », de Brian Gilbert (1998)

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler de ce film que j’affectionne particulièrement. Avec pour point de départ l’une des conférences sur l’esthétisme que donna Oscar Wilde aux Etats-Unis au début des années 1890, le film retrace la vie de l’auteur, magistralement interprété par le grand et talentueux Stephen Fry (trop rare sur les écrans à mon goût).

Non suivons l’écrivain irlandais de son mariage avec Constance Lloyd, sa rencontre avec Robert Ross puis Alfred Douglas de Queensberry qui deviendront ses amants, le succès de ses romans et pièces de théâtre, jusqu’au procès intenté par le marquis de Queensberry (père d’Alfred Douglas) qui coûtera à Wilde, condamné pour homosexualité, deux ans de travaux forcés dont il reviendra brisé.

Porté par un joli casting, le fim est une délicieuse occasion de se (re)plonger dans la biographie du sulfureux écrivain. Nous retrouvons Jennifer Ehle (la radieuse Elizabeth Bennet de la version BBC de Pride and Prejudice de 1995, réalisée par Simon Langton) en Constance Lloyd, l’épouse de Wilde. Le jeune Jude Law campe un Lord Alfred Douglas agaçant à souhait en amant puéril et gâté. On l’entend même pousser la chansonnette dans une scène (heureusement pour nous, il n’a pas persévéré dans la musique).

L’on a même droit à une fugace apparition d’Orlando Bloom (dont c’est là le premier rôle au cinéma – on en apprend des choses ici, hein?), costumé et melonné. En parlant de costumes, ils sont bien évidemment tous impeccables; le film est un plaisir pour les yeux. Londres, les théâtres, les décors d’intérieur, la gentry, la campagne anglaise, les plages de la Manche, chaque scène, dont l’esthétique est travaillée avec soin, se laisse regarder avec délice.

Mais, mieux que de longs discours, je vous laisse admirer ces quelques captures d’écran qui vous donneront, je l’espère, l’envie de découvrir le film si ce n’est déjà fait.

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