« Heavenly Creatures », Peter Jackson, 1994

Nouvelles-Zélande, 1953. Juliet Hulme, une anglaise solaire et spirituelle issue d’une famille aisée fait son entrée au lycée de jeunes filles de Christchurch. Très vite, elle attire l’attention de Pauline Parker, adolescente terne et boudeuse. Les deux jeunes filles, aussi solitaires et passionnées l’une que l’autre, vont rapidement se lier d’amitié.

Devenues inséparables, elles passent alors le plus clair de leur temps ensemble dans la propriété des Hulme, lesquels traitent Pauline comme si elle était leur propre fille. Fantaisistes, Juliet et Pauline s’inventent un monde imaginaire morbide et onirique baptisé le « quatrième monde », régit par des saints, figures idéalisées d’acteurs et chanteurs qu’elles idolâtrent.

Au fil du temps, Juliet et Pauline, sous l’oeil inquiet de leurs familles, vont s’enfoncer dans une relation exclusive et amoureuse et se détacher du monde réel pour se consacrer au quatrième monde. Quand l’état de santé de Juliet nécessitera de l’envoyer sous un climat plus chaud, la séparation, qui apparaîtra comme salutaire pour les deux familles choquées de la tournure de cette relation, sera inéluctable. Les jeunes filles, qui vivent uniquement l’une pour l’autre, imaginent alors une solution radicale pour rester ensemble.

Basé sur l’affaire Parker-Hulme qui horrifia la Nouvelle-Zélande des années 1950, Heavenly Creatures dépeint admirablement cette intense amitié adolescente qui tournera au drame. Après le jubilatoire et gore Braindead, Peter Jackson brosse un univers totalement différent, onirique et violent, tenant à la fois du conte de fées et de la folie.

Le film, dont le fil conducteur est le journal intime de Pauline, est un voyage rythmé à travers l’imagination des deux adolescentes et les lettres qu’elles s’échangent. Leur monde imaginaire est prétexte à des scènes visuellement délirantes qui s’intensifient et se multiplient à mesure que les jeunes filles s’enfoncent dans leurs fantasmes.

Le scénario est porté par le jeu vraiment excellent des deux actrices (Kate Winslet et Melanie Lynskey) dont c’est, pour chacune, le premier rôle au cinéma. Si l’une a connu plus de succès que l’autre par la suite,  on peut néanmoins retrouver Melanie Lynskey dans la série  Mon Oncle Charlie.

Une petite info au passage, la vraie Juliet Hulme, qui prit le nom d’Anne Perry à la suite de l’affaire (non, je ne vous dévoilerai pas tout, allez voir le film!), est la créatrice du personnage de détective anglais Monk.

Fait intéressant, Anne Perry/Juliet Hulme affirme avoir été énormément influencée par les auteurs qu’elle a lu étant jeune, principalement Lewis Carroll. Le monde fantasmagorique de Juliet et Pauline dépeint dans Heavenly Creatures possède incontestablement un côté Alice au pays des merveilles, à la fois féerique, inquiétant et dérangeant.

Que dire de plus pour vous encourager à voir Heavenly Creatures si vous ne le connaissez pas? Que Peter Jackson savait déjà mettre en scène des chevaliers avant le Seigneur des Anneaux? Que le film a obtenu le lion d’argent de Venise? Que Kate Winslet est phénoménale? Ah si, je sais: les filles, il y a des costumes des années 50! Ne me dites pas que vous n’avez pas remarqué le maillot de Kate, je ne vous croirais pas…

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9 réflexions sur “« Heavenly Creatures », Peter Jackson, 1994

  1. Eve.G dit :

    Ahh merci!!
    j’ai vu ce film il y a super longtemps et j’avoue j’en avais un souvenir assez confus et en plus je ne me souvenais plus du titre!!

    Je suis trop contente!!

    En plus infos à mort!!

    Je n’avais pas reconnue la Rose de Mon Oncle Charlie!

    Et Monk!! j’adore!! ça ne m’étonne pas qu’une femme à l’imagination aussi délirante ait pu donner naissance à cette série!!
    et d’ailleurs, est ce qu’on sait ce qu’elle a pensé du film de Peter Jackson?

  2. Emily G. dit :

    @Sierralemon: Je suis bien contente que mon article t’ait convaincue! 😉
    @Eve.G: Apparemment, elle a beaucoup critiqué le film (genre « le metteur en scène est un débile fini ») alors même qu’elle ne l’avait pas vu, et une fois vu, elle a encore critiqué, mais un peu moins (genre « mais en vrai c’était pas comme ça ») (ça, c’est de l’info!)

  3. sonia dit :

    j’ai vu ce film quand j’étais au lycée, je l’ai vu 10 milliards de fois tellement j’avais aimé. Ca me fait plaisir de revoir des images!

    A la même époque, j’étais complètement fan de Kate et je regardais aussi en boucle « Jude ».

    Dis moi, tes images sont très belles, tu les trouves où?

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