« The New World », Terrence Malick, 2005

L’histoire (presque) vraie de John Smith et Pocahontas.

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1607. Trois bateaux britanniques débarquent des colons sur les côtes de l’actuelle Virginie, sous le regard incrédule et méfiant de la tribu d’indiens locale, les Powhatans.

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Dans la cale de l’un des bateaux, le capitaine John Smith est aux fers pour insubordination. C’est lui qui sera désigné, en vertu de son expérience militaire, pour partir explorer ces immenses étendues de terres sauvages.

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Capturé par les indiens, il ne doit sa survie qu’à l’intervention d’une des filles du chef, Pocahontas, qui se jette sur lui au moment où des guerriers s’apprêtent à le tuer. Sommée d’en apprendre plus sur les intentions des blancs, la jeune fille se lie avec Smith qui lui apprend l’anglais.

Smith, quant à lui, découvre le mode de vie pacifiste des Powhatans. Pocahontas et lui ne tardent pas à tomber amoureux. Malgré les avertissements de son père qui lui a fait promettre de faire passer son peuple avant tout, Pocahontas éprouve un amour absolu pour Smith.

Celui-ci est finalement renvoyé auprès de ses pairs, qui entre temps ont fondé le village de Jamestown. Cependant, l’hiver arrive et les anglais, n’ayant pas pu cultiver la terre, manquent de vivres. C’est alors qu’une délégation de Powhatans, menée par Pocahontas qui souhaite revoir Smith, leur apporte des provisions, les sauvant d’une mort certaine.

Quand le père de Pocahontas découvre qu’elle a donné aux blancs des pousses de maïs leur permettant de démarrer des cultures et, de fait, de survivre et s’établir durablement dans la région, il la chasse de la tribu. La jeune fille se réfugie alors à Jamestown. Alors qu’elle espérait retrouver Smith, on lui apprend que celui-ci a succombé à une blessure fatale.

Bien loin des clichés d’une histoire d’amour exotique, The New World est une véritable oeuvre d’art cinématographique. Les dialogues y sont rares, la musique omniprésente et la photographie à se damner. Terrence Malick filme les paysages d’Amérique comme il filmerait un paradis où la brise chatouillerait les herbes et le soleil rirait dans les cheveux des acteurs.

Il rend les cours d’eau et les pierres vivantes, le ciel infini, les corps cuivrés si souples qu’ils semblent faits de cette terre splendide, les rires si purs qu’ils s’envolent au vent entre les branches des arbres millénaires. La lenteur des images est  une ode à la beauté dramatique d’un monde sur le point de disparaître.

The New World est en effet une envoûtante histoire tragique, la confrontation entre deux civilisations dont l’une va aspirer l’autre, un Eden qui vit ses derniers instants.

C’est aussi l’histoire d’une jeune fille dont les sentiments vont causer la perte de son peuple, et qui aura presque raison de sa propre vie jusqu’à ce qu’un pasteur, John Rolfe,  décide de sauver son âme.

Les archives concernant John Smith et Pocahontas sont rares. L’histoire ne dit pas s’ils ont réellement été amants, mais cette relation a été exploitée  et romancée de nombreuses fois. La trame narrative du film, cependant, colle à la réalité historique. La rencontre, l’exil,  Pocahontas devenue Rebecca, son destin qui la mènera bien loin de sa terre natale jusqu’à la cour d’Angleterre.

The New World m’a fait apprécier Colin Farrell, criant de profondeur en un John Smith aux sentiments hésitants, perdu entre deux mondes. Christian Bale campe le pasteur John Rolfe, doté d’une bonté et d’un amour infinis. J’ai même eu la très bonne surprise d’y retrouver Wes Studi, un acteur Cherokee que j’adore.

Mais c’est la gracieuse Q’Orianka Kilcher à la gestuelle dansante qui porte le film, tour à tour sauvageonne à l’innocence surréaliste, amoureuse aux sentiments indéfectibles, jeune fille grave en corset, elfe mutin en jupons, divinité des eaux en robe émeraude.

Il faut absolument voir The New World pour sa poésie, sa magistrale beauté, la lumière qui émane de la moindre de ses images, pour ses cours d’eau, ses herbes folles, son océan, pour l’Amérique disparue, pour l’Angleterre du dix-septième siècle, pour ses corps et ses âmes filmés au plus près.

Je ne trouve plus les mots pour vous convaincre plus, aussi je vous laisse sur ces quelques lignes extraites d’une critique de « film de culte », dithyrambique, certes, mais très juste: L’insensée réussite du « Nouveau Monde », le plus beau film de ce nouveau millénaire, soyons définitif, tient dans le fragile équilibre entre le respect à la légende et son interprétation poétique. Malick réussit à raconter une passion intime et à toucher à l’universalité, à raconter le destin d’une jeune femme et celui de l’humanité. Maelström de sensations, film-trip d’une perfection absolue du premier au dernier plan, le « Nouveau Monde » tient du miracle, du tour de magie d’un cinéaste au sommet de son art.



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7 réflexions sur “« The New World », Terrence Malick, 2005

  1. Eve.G dit :

    Ah zut je n’en ai vu qu’un bout, jusqu’à l’hiver où le camp de colons se mutine contre le chef (je sais plus qui c’est) parce qu’ils n’ont plus rien à manger.

    Bon ben super j’ai tout raté en fait!! 🙂

    Mais c’est vrai que la photo m’avait frappé, tout comme cette actrice super jeune je crois qu’elle avait 16 ans dans le film!

    Et puis bon ben Colin Farrell, Christian Bale quoi….

  2. Romain dit :

    Ce film est absolument exceptionnel.
    Terrence Mallick a un style inimitable. Tous les plans respirent la poésie et la pureté.
    « La ligne rouge » est du même niveau.

  3. camille dit :

    Quant il est passé sur la 2, outre le fait qu’il soit en VF, je devais me lever à 5 heures le lendemain matin, donc j’ai pas pu aller jusqu’au bout mais même sur le petit écran de mon père, j’étais envoutée.
    Je crois sincèrement que c’est un des plus beaux films de la jeune histoire du cinéma

  4. Emily G. dit :

    @Eve: Eh bien moi je n’aimais pas trop Collin Farrel avant d’avoir vu ce film. Il m’avait traumatisée dans « Alexandre »…
    @Camille et Romain:Vos commentaires me donnent envie de (re)regarder le film à nouveau… (Il faudra que je regarde la ligne rouge un jour, alors!)

  5. Trillian dit :

    Si tu as aimé la manière de filmer de Terrence Malick, sa photographie, la musique, la poésie qui s’en dégage, je te conseille fortement La ligne rouge qui est encore plus parfait à mes yeux; en ce qui concerne l’histoire de Pocahontas et John Smith, j’avais lu à la sortie du film dans Première il me semble (mais je ne suis plus sur), que Pocahontas n’aurais jamais eu de relation avec John Smith, elle n’aurait eu que 12 ans, peut être moins lorsqu’ils se sont rencontrés et aurait demander à son père d’épargner sa vie par pure caprice d’enfant de chef (enfin, je ne sais pas si c’est cette version qu’il faut croire mais ça me semble bien plus réaliste).

  6. carole dit :

    je l’avais vu à sa sortie avec mon père à cause de Colin Farrell et après, j’étais folle de Bale et de la gamine.
    Ce film est si immersif si épique!
    Je sais que beaucoup le trouve ennuyeux(lent,long) mais pour moi c’est « iron man 2 » qui est ennuyeux(beaucoup de blablas,cabotinage de RDJ et Rockwell,structure narrative décousue et n’aboutit à rien).Y a plus d’émotions dans un regard de Q’Rianka que dans toute la filmo de Farrell
    C’est depuis ce film que je suis dégoutée de Farrell,une impression renforcée par Miami Vice et Alexandre:ce mec est une coquille vide! je l’ai vu depuis dans d’autres films(Crazy Heart et In Bruges) mais désolée ,il est perdu pour moi!

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