Dirty Old Town.

Comme je le disais hier, me voilà revenue d’Irlande du Nord. Début de compte-rendu dans un article  illustré !

Tout d’abord, le colloque : détendu, bon enfant, sympathique, des organisateurs dynamiques. Aucun public bien évidemment, malgré la présence d’un prix Nobel de littérature (les colloques de chercheurs assez pointus n’attirent pas les foules, sans compter que celui-ci s’est déroulé majoritairement en français dans une université anglophone). J’ai donc discouru uniquement devant mes « collègues », des doctorants, profs et chercheurs venus d’un peu partout, et mon « oral » s’est très bien passée. J’étais à l’aise, on m’a écoutée (sauf ceux qui dormaient, vu que je passais en dernier), posé des questions, et deux « collègues » m’ont dit que ma communication était très intéressante et tout à fait dans la ligne directrice du colloque, contrairement à d’autres interventions, intéressantes également mais plus marginales. Je suis contente de ma première expérience et, surtout, je ne me fais plus un monde d’intervenir en public. En fait, c’est facile ! Je réitèrerais l’expérience avec plaisir et beaucoup moins d’appréhension. J’envisage à présent ma soutenance de thèse avec beaucoup plus de sérénité, je me sens plus sure de moi. Comme quoi, les challenges, il n’y a que ça de vrai !

Le – : En revanche, j’ai déploré que certains n’aient pas levé les yeux de leurs notes durant toute la durée de leur intervention : d’accord, un colloque de chercheurs est avant tout fait pour mutualiser les savoirs, mais quand même, écouter quelqu’un lire un papier très pointu sur un ton monocorde pendant 20mn, c’est affreusement soporifique Autant écrire un simple article sur le sujet, si vous voulez mon avis. Ce n’est pas parce-que l’on est un « intellectuel » que l’on doit se conduire comme un rat de laboratoire : une communication orale, même si elle ne s’apparente pas à un show, doit quand même être dynamique et attractive pour ceux qui vous écoutent. In my humble opinion. Je ne pense pas avoir été parfaite, loin de là, mais j’ai au moins essayé de rendre mon intervention attractive et de parler non pas pour moi, mais pour les personnes qui m’écoutaient. Evidemment, mon « oral » a parfois été plus approximatif et moins intellectuel que l’écrit de certains, mais je pense que c’est le jeu.

L'université

Les + : j’ai rencontré ma rock star à moi, LE spécialiste incontesté de la littérature chinoise, qui est extrêmement sympathique (à l’instar de son épouse, d’ailleurs, très très gentille aussi) en plus d’être incontestablement brillant. Je suis ravie ravie ravie d’avoir réussi à discuter un peu avec lui tout en dégustant une soupe et des sandwiches clubs ^^

– L’université était très jolie. C’est dans son cinéma (ce n’est pas dans ma fac qu’on aurait un cinéma rien que pour nous) que le colloque s’est déroulé, un grand espace très convivial avec un café, doté de trois salles de projection dans lesquelles on peut voir tout au long de l’année toutes sortes de films.

– Un ouvrage collectif regroupant les interventions du colloque verra certainement le jour, les organisateurs recherchant dès à présent un éditeur.

Pour ne pas écrire un billet trop long, je vous parlerai de la ville un peu plus tard ! Cela étant, j’ai été taguée durant mon absence par Gaby et mon prochain article sera donc dédié à cette question : « dis moi comment tu lis ». Je ne pouvais pas me défiler, j’adore les tags littéraires !

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6 réflexions sur “Dirty Old Town.

  1. sierralemon dit :

    Dans le cadre de mon master cette année j’ai dû assister à plusieurs colloques, et j’en ai retiré la même chose que toi : déçue par de (trop nombreuses) interventions soporifiques, certains ayant même prévu trop de textes pour 20 minutes : au lieu de prendre un peu de distance et de nous synthétiser le tout, ils lisaient vitesse grand V… Je ne vois pas l’intérêt, c’est vraiment se tirer une balle dans le pied, non ? C’est vraiment dommage.

    En tous cas bravo, je suis admirative, c’est génial que tu te sois lancée un tel défi !

  2. Mona dit :

    Super ! Je suis vraiment contente pour toi. Les colloques, c’est toujours terrible quand quelqu’un lit son papier… Je n’en fais plus depuis deux ans (en tant que public, hein, pour le moment je ne cause pas !) mais ça ne me manque pas tant que ça. A quand un post sur la bouffe irlandaise (y a que ça de vrai, non ?) ???

  3. Emily G. dit :

    @Sierralemon : Tout à fait d’accord sur le dépassement du temps. Ça n’est quand même pas difficile d’être un peu concis, quand même, surtout qu’on est censé maîtriser notre sujet.
    Je suis assez contente également, j’ai l’impression d’avoir franchi une étape très importante. Il y a encore une semaine, par exemple, je ne me voyais pas du tout enseigner car faire face à une classe me stressait beaucoup, mais maintenant je men sens réellement capable. Comme quoi, parfois, on fait des blocages, et il suffit de se jeter à l’eau pour les surmonter !

    @Mona : Disons que c’est vraiment soporifique, mais en plus, pour moi, c’est presque un manque de professionnalisme (j’excuse en revanche les angoissés mal à l’aise). Ces personnes sont généralement des enseignants-chercheurs, et j’espère que leurs cours sont un peu plus vivants que leurs communications … Ce qui me désole, c’est que j’ai l’impression qu’ils sont au-dessus de ça, qu’ils trouvent normal de lire leurs papiers sous prétexte qu’ils ont écrit quelque chose de brillant. Bref. Ne t’inquiète pas, je parlerai bien sur de la bouffe irlandaise 😉

  4. Eve.G dit :

    Tout à fait d’accord avec toi, un intellectuel, que ce soit litteraire ou scientifique ne devrait pas forcément être privé de facultés communicatives (ça veut rien dire mais tu vois ce que je veux dire!).
    Justement, en se forçant à être meilleur à l’oral, à regarder son public on parle plus avec nos mots et on se force un peu à « vulgariser » dans le bon sens du terme nos propos et c’est tout de suite plus vivant, et forcément plus passionnant.

    Mais comme tu dis, ils sont tellement contents de ce qu’ils ont écrit qu’ils n’arrivent pas à lever les yeux..

    Bon ma seule expérience est la chimie mais ça revient au même.

    Sinon : C’EST QUOI CETTE UNIVERSITE ???
    Je voudrais avoir 20 ans à nouveau pour pouvoir en profiter!!!

    Et félicitation pour ton intervention, c’est pas rien quand même!!

  5. Eré dit :

    Comme je suis d’accord…il n’y a rien de pire que l’intervention d’un professionnel dans un domaine pointu quand ledit professionnel est scotché à ses notes….

    Sinon, c’est Queen’s? A Belfast?

  6. Emma dit :

    Je suis sincèrement contente et soulagée pour toi ! Cette expérience m’a tout l’air d’un succès à tous points de vue.
    Pour ton intervention, j’ai l’impression que des félicitations s’imposent car si tout s’est bien déroulé, c’est avant tout grâce à toi. Je ne peux qu’imaginer à quel point tu devais être angoissée les heures précédant le colloque… ça me rappelle le jour où la maîtresse nous interrogeait en poésie tiens ! La boule au ventre et l’envie de voir une tornade dévaster l’école !
    Je suis parfaitement d’accord avec toi concernant les interventions qui traînent en longueur et que les intervenants eux-mêmes gâchent en les rendant ennuyeuses. Bouh !
    J’espère que ce nouveau pas dans ta vie de doctorante t’a motivée plus que jamais ! En tout cas, ton expérience me booste encore plus, alors merci 😉

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