« L’histoire d’Adèle H. », François Truffaut, 1975

Présentée d’emblée comme une histoire « authentique, mettant en scène des personnes réelles et des événements ayant existé », L’histoire d’Adèle H. retrace l’errance spatiale et amoureuse d’Adèle, deuxième fille de Victor Hugo, délaissée par un père dévasté par la perte de son aînée, Léopoldine (les littéraires se remémoreront à cet instant précis le  déchirant  A Villequier).

Soutenue financièrement par ses parents, Adèle quitte l’Europe pour le Canada. Partie officiellement afin de vivre de façon autonome, elle poursuit en réalité de ses assiduités le lieutenant britannique Pinson (Bruce Robinson) dont le régiment est en faction à Halifax, en Nouvelle-Ecosse. Adèle n’aura de cesse de rechercher l’amour de cet homme qui l’a autrefois séduite puis rejetée.

Portée par une Adjani éclatante de jeunesse (20 ans tout rond l’année du tournage) et qui, comme à son habitude, crève l’écran, le film nous plonge dans la lente déchéance d’une femme obsessionnellement amoureuse qui tentera tout pour reconquérir un homme dégoûté d’elle, allant, par douleur et par vengeance, jusqu’à essayer de ruiner la réputation de celui-ci. J’ai particulièrement aimé la scène du cimetière, à l’esthétique digne d’un conte gothique ou des Hauts de Hurlevent, que vous pouvez admirer ci-dessus. Je m’abstiendrai d’ajouter que l’habit noir du jeune homme ainsi que son uniforme rouge, la lavallière d’Adèle, sa cape d’homme et son haut-de-forme m’ont fait sauter au plafond de bonheur.

Ne vous laissez surtout pas rebuter par le générique un peu obsolète et sa voix off vieillotte (n’oublions pas que nous sommes dans les années 1970) et suivez Adèle H., jeune fille torturée et maniaque, à la poursuite d’un amour impossible du Canada à la Barbade. Sa plongée progressive dans la folie est digne des meilleures prestations d’Adjani, dans la veine d’Eliane, le personnage qu’elle interprètera dans L‘Eté meurtrier de Jean Becker ou encore de Camille Claudel, un de mes nombreux films cultes.

C’est la cristallisation, comme dit Stendhal.

J’ai un gros coup de barre ce soir. Je ne sais pas quel effet a la fatigue sur vous, mais en ce qui me concerne c’est à double tranchant. Soit je passe de la condition d’être humain à celle d’objet inanimé et inutile, soit, au contraire, je suis très énervée, mon cerveau entre en ébullition et les idées se bousculent alors tellement vite dans ma tête que mes neurones se transforment en pistes de formule 1.

Des dizaines de questions fusent en même temps, et je me retrouve à crouler sous des interrogations hautement farfelues philosophiques auxquelles je n’ai pas de réponse : qu’est-ce qui me différencie psychologiquement d’un être humain possédant une agrégation de mathématiques ? Est-il réellement judicieux d’acheter deux cheese-burgers au lieu d’un big mac simplement pour n’avoir pas à ouvrir grand la bouche en public ? Dois-je privilégier le plaisir immédiat au détriment de projections dans l’avenir sous prétexte qu’il est possible que je me fasse renverser demain par un camion ? La découverte de la ressemblance quasi-parfaite entre l’oppositions féminin/masculin dans la pensée occidentale mise en avant par Bourdieu et le principe du Yin/Yang taoïste  va-t-elle réellement changer ma vie ? L’intolérable contradiction entre mon signe zodiacal et son ascendant est-elle un pied de nez du destin pour me rappeler que j’aurais du naitre un mois plus tard et que j’ai été curieuse trop tôt ?

A part ça, les beaux jours qui reviennent lentement ont un impact positif sur mon moral : je suis d’une bien meilleure humeur, moins fatiguée et je me sens de moins en moins ermite. J’ai envie de sortir, de me balader au milieu de la foule, voir de nouvelles têtes me fait du bien. J’aimerai bien également faire de nouvelles rencontres, discuter, mais surtout échanger. J’ai envie d’ébullition intellectuelle. J’ai envie de discussions profondes pour pouvoir partager tout ce sur quoi je médite depuis de longs mois, j’en ai assez de tout intérioriser.

Le fait d’avoir rencontré quelqu’un hier et d’avoir sur dès les premières paroles que le feeling pouvait passer tout de suite entre un inconnu et moi, comme si l’on parlait le même langage, m’a hautement rassuré sur mon potentiel de sociabilité et m’a redonné le sourire. Cela m’a également rassurée quant aux probabilités de découvrir de nouvelles personnes intéressante dans mon entourage plus ou moins proche (les ami(e)s des ami(e)s est un très bon filon), de m’ouvrir à des choses et des pensées nouvelles. J’ai envie de m’intéresser à tout, d’explorer, j’ai envie de folie intellectuelle, j’ai envie de parler philo, socio, psycho, sciences, de sortir des champs sur lesquels je me concentre habituellement.

L’effet printemps, je vous dis ! Sur ce, je vais tout de même aller me coucher avant de faire griller toutes mes synapses : ma mini semaine de travail étant finie, je vais pouvoir consacrer les quatre prochains jours à travailler intensivement sur ma thèse, et Dieu sait que je vais avoir besoin de mobiliser mes capacités cérébrales pour synthétiser et remettre en ordre tout ce que j’ai ingurgité ces derniers jours.

In Search of the Perfect Trench Coat.

Si je suis persuadée que toute femme parfaite se doit d’avoir un trench ou un imper beige dans sa garde robe, ce n’est pas à cause des diktats mode mais à cause de Wong Kar Wai et de Brigitte Lin dans Chungking Express (LE film qui a rythmé mon adolescence, que j’ai vu des dizaines de fois et qui, maintenant que j’y pense, fera certainement l’objet d’un prochain article).

Pour être une femme parfaite, il faut aussi avoir un flingue  (j’adore les héroïnes armées, c’est mon côté primaire, le symbole phallique toussa), des lunettes de soleil en pleine nuit et des talons hauts. Comme je suis déjà blonde, je me passerai de la perruque.

Il faut également boire de l’alcool fort en fumant des cigarettes à bout doré dans un bar, et se faire aborder par un charmant flic qui vous demande si vous aimez les ananas (vu que vous être trafiquante de drogue, vous évitez de faire ami-ami).

En parlant de Chungking Express, un jour, je vous avouerai tout l’amour que j’éprouve pour les uniformes d’hôtesses de l’air à cause de ça (ceci dit, ne prenez pas ryanair, vous serez déçu):

Mais là n’est pas notre propos du jour, revenons-en à nos moutons. J’ai enfin trouvé le trench de mes rêves, celui qui, dans mes songes les plus fous, m’enveloppe telle une cape princière, dans lequel je m’élance, col relevé, d’un pas décidé de femme fatale chaussée de merveilles à semelle rouge à travers les rues bondées, cheveux au vent, manucure impeccable et gloss éclatant.

Le voilà :

Le col est parfait (je fais une fixation sur les cols), la longueur est parfaite également, il EST absolue perfection. The One. My only love. Celui à qui j’ai envie de faire une déclaration aussi émouvante qu’une chanson de Mariah Carey, qui hante mes jours et mes nuits, sans lequel je ne puis plus vivre.

Hélas, cent fois hélas ! Mon coeur se meurt.

Car c’est un Burberry et il coûte la bagatelle de 1,195.

Aussi la question se pose : Ai-je vraiment envie d’attendre le printemps 2018 pour posséder THE trench? Non, mille fois non ! La mort dans l’âme, j’ai décidé de trouver un substitut honorable à l’objet de tous mes désirs et je suis partie en chasse. Après avoir éliminé tous les articles hors-de-prix, j’ai arrêté mon choix sur deux modèles, dénichés sur  la Redoute :

La rédaction vous remercie de faire abstraction de la pose intelligente du mannequin.

Le prix : 139€

Les plus : La longueur de 100cm (donc, pour moi, au-dessous du genou). Certains diront que ça ne fait pas très jeune, mais je trouve que c’est une longueur parfaite pour faire de jolies jambes avec des talons hauts. D’ailleurs, je n’aime pas montrer mes genoux (d’où mon obsession pour les jupes crayon de cette même longueur ) (Coco Chanel refusait de monter ses jupes au-dessus d’ailleurs, elle trouvait ça laid). Il est tout en coton donc j’imagine pas trop rigide.

Les moins : Le col me semble un peu petit. Il est disponible sous 7 semaines, ce qui nous amène tout de même à début mai : à cette date, je sais pertinemment que je porterai déjà des sandales ouvertes et des t-shirts. A la limite, si je ne le porte que l’automne prochain, autant attendre les soldes d’été !

Le prix : 99€

Les plus : Disponible sous dix jours maximum, un délai beaucoup plus raisonnable si je veux le porter cette année. Le col, bien grand et bien ouvert comme je les aime. Passe en machine. Imperméable.

Les moins : Un peu moins long (90cm),  la couleur un peu plus éloignée de mon idéal. Le site ne propose pas de vue de derrière, donc mystère … J’ai peur que le traitement Téflon lui donne un aspect un peu brillant.

Sinon, éventuellement, il y a celui-ci, à la mise en scène beaucoup plus « mamie » mais assez intemporel et très proche dans l’esprit de celui de Brigitte Lin. L’imper de Colombo version femme, quoi, qui est peu ou prou ce que je cherche.

Voilà où j’en suis et j’hésite beaucoup … Sachant que la Redoute est un bon plan puisque je bénéficie d’une réduction de 40% et des frais de port gratuits.

Quelqu’un(e) aurait-il/elle quelque chose à me conseiller ? Est-ce que vous connaissez des marques qui font de beaux trench classiques dans les ordres de prix précités ? J’ai fouillé un peu partout (Kookai, Naf Naf, Etam, Burton, parcouru les galeries de long en large) mais je n’ai pas trouvé mon bonheur.

Οἶδα οὐδὲν εἰδώς.

Moi aussi j’aimerais bien, un jour, entrer à l’Académie Française (pour dire : « Mais si, je vous assure que scurublurublu EST dans le dictionnaire ! » et devenir la plus grande championne de scrabble de l’univers car personne n’osera me contredire) et avoir un chouette discours de Jean d’Ormesson lors de mon intronisation. Enfin, d’ici là, il sera certainement mort (au moins 10 fois).

Fantasme mis à part, je me suis offert Le japonais pour les nuls (ah mais, il y a peut-être une Académie Japonaise ? Note pour moi-même : me renseigner) (j’avais déjà la méthode Assimil, les deux se complètent bien je trouve) car en ce moment j’ai une folle envie d’apprendre. Je veux tout savoir, avaler le plus de culture possible, mais croyez moi, c’est très difficile car je n’arrive pas faire le tri : je veux apprendre des tas de langues, être cultivée dans le plus de domaines possible et c’est un véritable sport quotidien.

Où il faut se figurer que si Eve n'avais pas été là, ce bon vieux Adam serait resté dans l'ignorance la plus totale. Et qu'être un imbécile heureux n'est pas toujours la meilleure des options.

Une revue littéraire ? Hop, je la lis ! 2000 ans d’histoire sur France Inter ? Vite, vite, allumons la radio ! Une partition de piano ? Tiens, si j’apprenais à jouer ? Un colloque en sciences politiques ? Malheur, je n’ai pas le temps d’y aller ! Et ma thèse, et mon chinois, et ce super gros bouquin de linguistique qui m’a fait de l’oeil en librairie, et ce beau livre sur les arts décoratifs anglais que j’ai vu dans Le Nouvel Obs, et l’expo de sculptures au Musée Fabre, et Freud à relire, et ci et ça…

Aaargh ! C’est IM-POS-SI-BLE. Je sais bien que j’ai des ambitions démesurées … D’ailleurs j’en suis très frustrée, plus on fourre son nez dans les livres et les revues, plus on trouve de nouvelles pistes vers d’autres livres, d’autres revues, d’autres connaissances, d’autres tas de choses extrêmement intéressantes … C’est sans fin. Je ne parviens pas à me focaliser sur un domaine en particulier, TOUT m’intéresse, c’est l’horreur. Parfois, j’aimerai bien qu’on m’implante une puce contenant le savoir universel (c’est beau de rêver). Certes, où serait le plaisir d’apprendre, me direz-vous ? Je vous le concède, mais qu’est-ce que ça m’éviterait comme sueurs froides ! Comme Socrate, plus j’apprends et plus j’ai l’impression que je sais que je ne sais rien.

Qui veut bien me brancher sur la matrice ?

Arsenic et vieilles dent(elle)s.

Ça fait longtemps que je n’avais pas eu mal aux dents et ça me rend TRES ronchonne.

Il faut que je vous dise aussi : j’ai des dents très fragiles et de mauvaise qualité. Heureusement qu’elles sont relativement blanches, sinon j’en pleurerais de désespoir. J’ai une très mauvais hérédité qui explique le pourquoi du comment, et si ma mère n’avait pas eu la bonne idée de me donner du fluor quand j’étais petite je crois que j’aurais la bouche pleine d’affreux chicots version Jacquouille la Fripouille, ou pire, que je serais tout bonnement édentée. A 27 ans, parfaitement.

Quand je me suis mise à danser le twist en buvant un verre d’eau glacé parce-qu’une affreuse douleur dans ma molaire me lançait, j’ai craint le pire. Et le pire est apparu dans mon miroir de poche, sous la forme d’une ENORME carie. Et je suis furieuse : ma dernière visite chez le dentiste est très récente, je ne comprends ABSOLUMENT PAS pourquoi il ne l’a pas remarquée (enfin si, je sais, il était trop occupé à calculer combien les soins qu’il allait pratiquer sur ma personne allaient lui rapporter). Au vu de la douleur, la vicieuse doit ronger ma dent depuis de trèèèès longs mois, en plus, elle est GROSSE et NOIRE, pour la louper il fallait en vouloir.

C’est bien beau d’avoir un cabinet équipé de macbooks et de faire des devis pour des couronnes toute basiques à 800€ (quand les dentistes honnêtes – et sous Windows – en demandent 500), quand on est incompétent (et condescendant en prime, le genre à dire après avoir arraché une dent dévitalisée fracturée : « Vous voyez à quoi servent les couronnes ? Hein ? Hein? ». Ben oui Dugenoux, mais à 800€, ta couronne tu te la mets là où je pense) (quand je suis énervée, je deviens vulgaire) (c’est vilain mais ça défoule) on change de métier. Mercredi, quoi. En même temps, il ne faut rien attendre d’un dentiste qui a encore des boutons d’acné (j’aime pas les jeunots, ça sort de la fac dentaire et ça se sent le roi du monde).

Ex-dentiste, du coup. Parce-que laissez moi vous dire qu’à ce tarif là, je le largue comme une vieille chaussette et sans état d’âme.

Je râle et c’est pas beau, mais vu comme j’ai mal, je suis quasiment certaine que ma pauvre molaire va devoir être dévitalisée, et une dévitalisation, à terme, c’est une couronne en plus. Comme il m’en faut déjà deux, j’ai envie de dire que c’est un peu le pompon. C’est qui qui va donner la moitié de son compte en banque à un brave praticien pour trois jolis chapeaux en résine ? C’est bibi ! Ma maman qui a de la suite dans les idées dit que les couronnes métalliques coûtent moins cher, mais l’idée de ressembler à un vieux pirate ne m’emballe bizarrement pas plus que ça.

Groumpf.

Je suis très colère.

Si ça continue, pour mon anniversaire, je vais être obligée de commander des couronnes au lieu d’Eau Demoiselle. Si ça n’est pas du malheur, je ne sais pas ce que c’est.

Enfin, sinon, vous pouvez toujours m’envoyer vos dons.

Seize the Book.

Voici un petit tag littéraire raccourci (l’original était vraiment long et certaines questions ne m’inspiraient pas du tout) pour clore un dimanche qui ne m’a pas laissé le temps d’écrire un article très poussé.

1. Quel(s) souvenir(s) gardez-vous de votre apprentissage de la lecture ?

Très bon.  J’ai appris en même temps à l’école et avec ma mère. Je déchiffrais mes livres de lecture syllabe par syllabe, le soir dans mon lit. Je ne comprenais rien mais j’aimais beaucoup ça. Ensuite, ç’a été la série des « Monsieur » et « Madame ».

2. Vos lectures préférées, enfant ?

Le club des cinq d’Enid Blyton et les livres de la Comtesse de Ségur.

3. Aimez-vous la lecture à haute voix ?

Je ne lis pas moi-même à haute voix, car je trouve ça très long (vu que j’aime lire vite, ça m’énerve). Si quelqu’un me lit quelque chose, il faut qu’il le fasse très bien, car je ne supporte absolument pas qu’on écorche les mots ou coupe les phrases quand il ne faut pas.

4. Votre conte préféré ?

Un conte d’Andersen, au choix.

5. La meilleure adaptation d’un roman ou d’une pièce de théâtre ?

Revolutionary Road (Les noces rebelles) de Sam Mendes est très proche du roman de Richard Yates. J’ai beaucoup aimé les deux.

6. Apprenez-vous par cœur certains poèmes, répliques de théâtre, extraits de romans ?

Intentionnellement, pas vraiment, sauf coup de cœur.

7. Avez-vous des livres ou des magazines dans vos toilettes ?

Oui, mille fois oui. Ce n’est pas glamour pour un sou, mais j’adore lire aux toilettes, même pour un petit pipi.

8. Avez-vous plusieurs lectures en chantier ? Combien ? Lesquelles ?

Hum… une bonne dizaine de livres, pour ma thèse, ainsi que Mr Vertigo de Paul Auster.

Si je n'étais pas une maniaque du classement par auteur et pas genre, je rangerais mes livres par couleur comme sur la photo car c'est vraiment très esthétique.

9. Le poète que vous ne cesserez jamais de relire / de vous réciter ?

Gainsbourg, Brel et Brassens, qui sont pour moi poètes avant d’être des interprètes.

10. Vos lectures sont-elles commentées, crayon en main ?

Seulement quand je travaille sur un livre. Sinon, je commente dans ma tête.

11. Offrez-vous des livres ?

J’aime bien, mais je trouve ça assez compliqué : la personne a-t-elle l’ouvrage en question ? L’aimera-t-elle ? Le pire étant d’offrir un livre à ma mère, car généralement elle reste de marbre devant mes coups de cœur 😉

12. Quel est votre rapport sensuel au livre ? (Odeur, texture,…)

J’aime beaucoup les livres anciens aux pages jaunies et granuleuses qui sentent la poussière.

13. Quels sont les auteurs dont vous avez lu les œuvres intégrales ?

Aucun. Vu le nombre de pages noircies par le bonhomme, j’aimerais bien dire Balzac pour briller en société, mais ce serait totalement faux.

14. L’incipit (première phrase) qui vous a le plus marquée ?

« Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple et dont l’exécution n’aura point d’imitateur  » (Les Confessions, J.J. Rousseau) : non qu’elle soit exceptionnelle, mais c’est une private joke qui date de mon année de terminale.

15. La clausule (dernière phrase) qui vous a le plus marquée ?

(Oh, un nouveau mot à caser au scrabble ! Je me coucherai moins bête ce soir ). Vu que rien ne me vient, certainement aucune.

16.Décrivez votre bibliothèque.

Quatre bibliothèques à volutes, anciennement en aggloméré marron-moche-et-vieux, repeintes en blanc cassé (ce qui leur donnent un air victorien) et accolées, qui occupent tout un pan du (très long) couloir de mon appartement.

Prend qui veut !

El blogista.

Ou comment voir si avec avec tout plein de mots clés de blogueuse influente mes stats s’affolent. Uh uh.

En cette journée consacrée à Yves Saint-Laurent sur France Inter (pour ceux qui veulent, 2000 ans d’histoire traitera aujourd’hui de la mode au XXème siècle – à 13h30) Louise Ebel est actuellement au micro dans Service public d’Isabelle Giordano et nous parle des nouveaux comportements en matière de mode, et notamment des blogs. C’est drôle, quand j’y pense des tas d’auditeurs doivent se demander où ils sont tombés, alors que quand on est coutumier de la blogosphère, tous les noms cités font tilts. J’entends déjà ma mère ou mes collègues de travail : « Louise qui ? Violette quoi ? Caroline Daily … akeuwa ? ». Mine de rien, la blogo mode est un microcosme « caché » qui a une influence considérable dans la vraie vie pour qui sait déceler le « blogger staïle » de son oeil acéré. Moi, quand je vois les fringues des lycéennes en arrivant au boulot, je SAIS immédiatement de quoi/qui elles s’inspirent. Et bizarrement, être au courant des tendances et savoir de quoi on me parle quand on cite « le blog de Betty » (même si je ne suis pas hyper copine avec les les blogs mode en général, c’est un peu comme Elle, j’aime bien à petite dose) me ferait presque me sentir comme une extra-terrestre. Les personnes que je côtoient habituellement ne lisent PAS de blog (sauf Chéri, mais c’est un doux geek); une collègue, qui a découvert Mickaël Vendetta dans La ferme célébrités (alors que quand la blogo est notre seconde maison, on connait le larron depuis au moins 3 ans), m’a même dit  » Mais ils disent qu’il était blogueur, ça veut dire quoi ? ».

Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Diantre, suis-je anormale ?  Je blogue depuis 5 ans, je passe des heures à surfer chez les autres pour me plonger dans leur univers car j’adore ça et je pensais que la majorité des personnes de mon âge faisaient la même chose. Que nenni ma chère ! Je m’aperçois à ma stupéfaction générale (j’ai entendu une femme prononcer cette phrase un jour, elle me fait toujours hurler de rire) que certaines personnes ont UNE seule vie (De Palmas, sors de mon corps) alors que j’en ai deux : une vraie et une virtuelle, qui sont très nettement séparées. Je ne parle jamais de mon blog au quotidien, tout comme j’essaie de garder l’anonymat quand j’écris dans mon blog. Je ne partage avec presque personne l’univers que je donne à voir dans ce blog car je n’en ai pas l’occasion mais c’est une partie de moi que j’ai envie et besoin d’exprimer. Je constate que parfois, le virtuel prend le pas sur le réel et ça m’inquiète. Pourtant, je n’ai pas bien le choix car mes amies vivent en majorité très loin (quand je dis loin, c’est à l’autre bout du monde) et je n’ai personne avec qui partager mes centres d’intérêt. C’est la raison principale qui m’a poussée à me créer un chez moi qui me ressemble sur le web, mais j’avoue que parfois, j’aimerai bien « vivre » un peu plus plutôt que me raconter avec des articles et des photos.

Je serais assez curieuse de connaître le ressenti des autres : si comme moi vous êtes solitaire par nature ou obligation, quel rapport avez-vous avec votre blog et le net ? Avez-vous tendance à vous replier dans votre « vie virtuelle » car vous y trouvez un semblant de communauté ? (Evidemment, la question ne s’adresse par à ceux qui ont 36 000 amis avec lesquels faire des tas de chose) (d’ailleurs je les maudis sur 8 générations).

L’Heure Bleue.

Un panneau « Salon de thé – Cabinet de curiosités » vous intrigue. Curieux, vous entrez. Vous voilà dans un véritable écrin illuminé par des lustres baroques et des guirlandes, rempli d’un merveilleux bric-à-brac. La caverne d’Ali Baba et le boudoir d’une extravagante  se sont donnés rendez-vous entre de vieux murs de pierres donnant sur un patio. Enchanté, vous vous asseyez pour une pause magique entre tapis persans, velours et porcelaine.

Les danseuses de la carte vous guident dans votre choix : vous prenez un thé des écrivains allemands aux arômes de cacao, mangue, citron et gentiane (renommé « Lili Marlène »), un café au gingembre, un crumble aux fruits rouges et une tarte au citron.

On vous sert une théière entière de liquide parfumé et brûlant, un crumble démesuré et une meringue extravagante dans une vaisselle – pour votre plus grand plaisir – dépareillée. Des sucres blancs et roux dans un ravissant sucrier digne d’Alice au Pays des Merveilles viennent compléter votre alléchant goûter.

Autour de vous, c’est Noël, les Mille et Une Nuits, les Folies Bergères des années 1920 et le musée d’histoire naturelle tout à la fois : décorations de sapin scintillantes, miroirs dorés, bracelet de turquoises, colliers en or , broches élégantes, poissons en verre soufflé, bibelots divers, panneaux chinois ornés de sentences parallèles, chaises en velours, salières en nacre, vieilles photographies, soupières en porcelaine, tout vous émerveille et retient votre attention.

Le « cabinet de toilette » est une véritable surprise avec son lavabo ancien, son miroir et sa suspension art déco. Comme vous êtes d’humeur joueuse, vous vous prenez en photo dans le miroir (comme vous avez des boutons de manchette à votre chemise blanche, c’est l’occasion, n’est-ce pas ?).

En sortant, vous furetez dans les vêtements, chaussures et sacs à main anciens. Vous contemplez un long moment les bijoux art nouveau dans les vitrines, vous arrêtez devant les bouteilles de parfum Guerlain qui donnent au lieu son nom. Après avoir tout fouillé du regard, vous retournez vous asseoir pour déguster la fin de votre thé.

Vous prenez une dernière photo du plafond tendu de tissus fleuri en écoutant le maitre des lieux discuter théières chinoises avec une vieille dame aux cheveux blancs. En sortant, vous vous jurez de revenir pour profiter de ce lieu enchanteur et d’acheter un peu de ce délicieux breuvage pour le savourer chez vous.

« Les fantômes murmurants étaient assis dans un salon bourgeois, buvant dans de délicates tasses à thé, débattant de leurs névroses, de leurs histoires d’amour et de ce qu’ils allaient faire pour les vacances d’été. »

PAUL AUSTER

The Irish Corner.

Belfast, suite et fin.

A Belfast, il  y a une grande roue et une statue super sévère de Victoria (qui n’avait pas l’air de rigoler tous les jours). Nous sommes montés dans la grande roue de nuit, ce qui était fort intéressant pour qui aime à contempler les lumières de la ville. Vu que l’on aurait préféré voir la ville de jour, histoire de contempler les monuments, c’était un peu raté, mais on a quand même eu l’impression de faire un tour de manège.

Il y a également, comme on s’en doute, des pubs, devant lesquels zonent des types avec des chaussures blanches (si tu portes de chaussures d’une autre couleur, tu ne fais pas partie du groupe, tiens le toi pour dit). L’intérieur du Crown Liquor Saloon est absolument magnifique avec son plafond en cuir gravé, mais je n’ai malheureusement pas de photos à vous montrer.

Le Duke of York est caché dans une ruelle ornée de jardinières. Vu que l’on parle de pubs, parlons nourriture : je n’ai malheureusement pas trouvé de deep fried mars bar (spécialité définitivement écossaise), mais tout est frit néanmoins. Poulet, poisson, pommes de terre, de l’huile en veux-tu en voilà. Même au resto chinois, en accompagnement du canard et tofu (frits, of course), nous avions le choix entre du riz, des haricots ou des frites. En désespoir de cause, le troisième jour, nous avons dévoré dans notre chambre une salade toute prête achetée au Spar du coin.

A West Belfast, il y a un jardin kitsch dans lequel se recueillir devant les noms des victimes des troubles, des fresques murales dans lesquelles protestants et catholiques expriment leur identité, leurs espoirs et leurs rancoeurs, des portails qui ferment les routes et séparent encore les deux communautés certains week-ends. Un quartier qui sent bon la banlieue et l’industrie, à voir pour se plonger dans l’histoire.

J’ai aimé les bâtiments de briques rouges du centre-ville, d’ailleurs j’ai bien aimé le centre-ville tout court. Grand, aéré, sans trop de monde, offrant les activités typiques d’un centre-ville britannique pour toute dinde qui se respecte : pause au Starbucks (celui de Belfast est très confortable, beaucoup plus que ceux que j’avais testés à Londres et en Chine), pinte dans un pub, shopping dans les magasins-qu’on-n’a-pas-en-France, j’ai nommés Topshop (je n’y ai rien trouvé, d’ailleurs je n’y trouve jamais rien, en fait je crois que définitivement, n’en déplaise aux blogueuses mode, je n’aime pas ce magasin) et Primark (le règne du cheap, mais j’y ai déniché une jupe crayon sous le genou comme j’aime, bien finie,  à 5£, qui dit mieux ?)

Je n’ai pas eu la chance de visiter le jardin botanique situé aux abords de l’université car j’étais occupée par le colloque. Chéri a pris ces deux très jolies photos (cette sphère est stupéfiante), dont l’une, vous l’aurez remarqué si vous avez l’oeil, s’est immiscée dans ma bannière !

Si l’on fait abstraction de la chambre de l’auberge de jeunesse qui n’était pas terrible (car elle était prévue pour les personnes en fauteuil, les commodités étaient donc beaucoup trop basses pour nous + donnant sur une soufflerie bruyante + proche d’une boîte de nuit + à côté de la porte du couloir qui claquait + dotée d’une petite pièce adjacente dans laquelle des draps et serviettes sales trainaient par terre … hummm…) et des avions en retard qui nous ont obligés a courir sans cesse (c’est une règle immuable, quand on a une correspondance, c’est toujours le premier avion qui est en retard), j’ai beaucoup apprécié ce petit bol d’air qui m’a changé de mon quotidien. J’ai bien envie de me faire des petites escapades plus souvent, comme des week-ends dans une capitale européenne pas trop éloignée, ou un joli hôtel à 50km de chez moi (à défaut de temps pour me perdre dans les ruelles de Katmandou).

Et vous, vos envies de week-end ?