« L’histoire d’Adèle H. », François Truffaut, 1975

Présentée d’emblée comme une histoire « authentique, mettant en scène des personnes réelles et des événements ayant existé », L’histoire d’Adèle H. retrace l’errance spatiale et amoureuse d’Adèle, deuxième fille de Victor Hugo, délaissée par un père dévasté par la perte de son aînée, Léopoldine (les littéraires se remémoreront à cet instant précis le  déchirant  A Villequier).

Soutenue financièrement par ses parents, Adèle quitte l’Europe pour le Canada. Partie officiellement afin de vivre de façon autonome, elle poursuit en réalité de ses assiduités le lieutenant britannique Pinson (Bruce Robinson) dont le régiment est en faction à Halifax, en Nouvelle-Ecosse. Adèle n’aura de cesse de rechercher l’amour de cet homme qui l’a autrefois séduite puis rejetée.

Portée par une Adjani éclatante de jeunesse (20 ans tout rond l’année du tournage) et qui, comme à son habitude, crève l’écran, le film nous plonge dans la lente déchéance d’une femme obsessionnellement amoureuse qui tentera tout pour reconquérir un homme dégoûté d’elle, allant, par douleur et par vengeance, jusqu’à essayer de ruiner la réputation de celui-ci. J’ai particulièrement aimé la scène du cimetière, à l’esthétique digne d’un conte gothique ou des Hauts de Hurlevent, que vous pouvez admirer ci-dessus. Je m’abstiendrai d’ajouter que l’habit noir du jeune homme ainsi que son uniforme rouge, la lavallière d’Adèle, sa cape d’homme et son haut-de-forme m’ont fait sauter au plafond de bonheur.

Ne vous laissez surtout pas rebuter par le générique un peu obsolète et sa voix off vieillotte (n’oublions pas que nous sommes dans les années 1970) et suivez Adèle H., jeune fille torturée et maniaque, à la poursuite d’un amour impossible du Canada à la Barbade. Sa plongée progressive dans la folie est digne des meilleures prestations d’Adjani, dans la veine d’Eliane, le personnage qu’elle interprètera dans L‘Eté meurtrier de Jean Becker ou encore de Camille Claudel, un de mes nombreux films cultes.

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9 réflexions sur “« L’histoire d’Adèle H. », François Truffaut, 1975

  1. Mona dit :

    A voir, en effet. J’aime Adjani et je confesse n’avoir rien vu de Truffaut (et j’aime les lavallières, mais faut-il le dire ?!?).

  2. Eve.G dit :

    Quand je revois ces images je les trouve étonnamment modernes, comme si le film avait été tourné ces dernières années.
    Elle est vraiment intemporelle Adjani.
    Il y a des actrices donc le physique correspond vraiment à une époque, pas elle.

    Tiens j’ai envie de le revoir! 🙂

  3. Océane dit :

    Et bien à mon tour de te découvrir 🙂

    Et par ce film en plus ! Je suis admirative de Truffaut et de Hugo, alors ce film c’est un classque pour moi. Mais un classique traumatisant. la transformation d’ Adjani au fur et à mesure, le rapport vital à l’écriture d’ Adèle, la médiocrité de Pinson (même si l’acteur est so sexy !!) c’est vraiment un film sublime, à voir et à revoir !

  4. camille dit :

    Ah mais je veux le voir maintenant, alors que je n’ai aucune passion pour Isabelle Adjani. Qui est ce jeune Apollon qui porte si bien la veste rouge ? ( Ca y est je suis une vraie fille Bennet, un habit rouge et je suis perdue)

  5. Emily G. dit :

    @ Mona : La honte, je n’avais mis qu’un « l » à lavallière. J’ai corrigé. J’avoue n’avoir pas vu beaucoup de Truffaut non plus (à part un bout de « Jules et Jim » il y a fort longtemps). Sa filmographie figure dans ma liste d’oeuvres à voir (avec les Godard et les Louis Malle) (un jour peut-être)

    @ Eré : Je crois qu’on pourrait aisément être copines de cinéma ! ^^

    @ Eve G. : C’est vrai qu’à part la voix off assez désuète (et le générique aussi), ce film a très très bien vieilli. Si tu veux le revoir, il est téléchargeable (euh, achetable légalement, je veux dire … hum hum) très facilement.

    @ Océane : Puisque tu es une admiratrice de Truffaut, quel film me conseillerais-tu de visionner en premier (enfin, en deuxième, du coup) ? Je suis d’accord avec toi concernant la déchéance d’Adèle (surtout quand on sait que l’histoire est vraie et que la pauvre a vraiment fini folle).

    @ Camille : Il s’agit de Bruce Robinson (j’aurais dû le préciser dans mon article, je corrige ça tout de suite d’ailleurs), qui est d’ailleurs, je viens de le découvrir, le scénariste de « La déchirure ». Je ne le trouve pas si sexy en lieutenant Pinson, rapport à son personnage qu’on a envie de baffer en même temps qu’on le plaint. Mais comme je suis gentille, je te conseille cette image là : http://www.npg.org.uk/collections/search/largerimage.php?LinkID=mp17841&role=sit&rNo=0
    En revanche, si tu ne veux pas déchanter, évite d’aller voir à quoi il ressemble maintenant, surtout qu’à ce que j’ai compris ta période de gérontophilie est passée 😉

  6. camille dit :

    OH la la, il est exposé à la National Portrait Gallery ! J’ai vraiment très bon goût moi 😀

    je ne vais pas le googleliser trop vite, histoire de rêver encore un peu…

  7. Océane dit :

    Si tu m’autorises alors à te suggérer quelques titres de Truffaut, précipite toi sue La Peau Douce, avec la magnifique Françoise Dorléac, une histoire d’amour adultérine très prenante. J’ai adoré l’enfant sauvage aussi, un vrai travail presque scientifique et plein d’émotion.
    La Femme d’à côté c’est je crois le film le plus bouleversant de mon adolescence (avec aussi la découverte des films de Claude Sautet !) et bien sûr n’oublie pas Jules et Jim (sa délicieuse B.O) et l’incroyable Homme qui aimait les femmes. Ce sont les titres en haut de l’affiche pour moi, mais tout les autres valent ton temps 🙂

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