Revoir, donc, le pont Charles sous la neige.

Instantanés praguois …

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Cette pierre précieuse enchâssée dans la couronne de la terre.*

Une envie subite de dolce vita et de gelati all’italiana, de Colisée et de Mont Palatin, de vacances romaines. Malheureusement, envie partagée par beaucoup, car le week-end a prix cassé déniché à la dernière minute a été pris d’assaut. N’en déplaise à César, sa grandeur attendra : c’est la Bohême et ses clochers noyés dans la brume du petit matin qui me tend les bras. J’espère ramener avec moi les chuchotement de Dvorak et le crissement de la plume de Kafka. Jusqu’à dimanche, portez-vous bien !

* Goethe, à propos de Prague.

Jeff de Bruges. Ou presque.

Je pars demain pour la capitale belge. Mon sac est bouclé et, une fois n’étant pas coutume, je me suis arrangée pour qu’il soit tout petit, étant donné que je vais devoir visiter Bruxelles avec après avoir procédé au check-out de ma chambre d’hôtel le dernier jour (comment dit-on check-out en français ?). J’ai hésité à emporter mon ordinateur, mais finalement je le laisse à la maison, pour une question de poids et de praticité (sans compter que vivre « à l’ancienne » ne me fera pas de mal). Je m’en vais toute seule comme une grande, quatre jours, sans personne, pour participer à mon deuxième colloque. Mine de rien, je n’avais pas fait quelque chose en solo depuis longtemps, je pense que l’expérience me fera le plus grand bien (sauf si bien sûr je me fais braquer près du Manneken-Pis, ou ailleurs, uhuh).  J’ai réservé dans un B&B une chambre répondant au doux nom de « Tintin et la Castafiore », très couleur locale, tout près du quartier Art Nouveau, j’ai vraiment hâte de voir ça. Je me demande d’ailleurs si je ne vais pas m’échapper le dernier jour du colloque afin de visiter plus amplement la ville.

Je prendrai le temps de répondre à vos commentaires quand je reviendrai, merci pour votre soutien dans tous les cas. Je vais me concentrer sur ma thèse, me replonger très sérieusement dans le travail pour avancer du mieux possible. Si les vacances de Pâques ont été chargée en angoisses, je vais un peu mieux depuis que j’ai recommencé à travailler au lycée, non que tout soit réglé, mais au moins j’ai l’esprit occupé et je suis trop fatiguée le soir pour réfléchir. De là, j’ai envie de dire « pour vivre heureux, pose ton cerveau ! ». Ce matin, alors que je m’ennuyais au boulot, j’ai fait un test d’orientation professionnelle sur Internet (quand je vous dit que je suis débordée …) et ce qui en ressort me convient très bien : après quelques dizaines de questions assez précises, le site nous sort une liste qu’une quinzaine de métiers « faits » pour nous. J’ai donc l’honneur de vous apprendre que les professions d’interprète (ce site est très intelligent, il ne sait même pas que j’ai étudié les langues), de paléontologue (je voulais être archéologue quand j’étais petite, c’est un peu la même chose) et de chercheur en sciences humaines (AH AH, voilà qui me rassure !) collent à mon profil (en même temps, je savais bien que je n’étais pas faite pour être maçon ou conduire des poids lourds) (si vous voulez essayer à vos heures perdues, c’est ).

Sur ce je vous dis à dimanche ! Pour celles qui ne seraient pas au courant, Mademoiselle M. organise un concours sur son blog (c’est la saison des cadeaux !) pour nous faire gagner un joli parapluie froufroutant Guy de Jean !

Drama Queen.

Je regarde par la fenêtre et contempler cette ville me rend amère. J’ai l’impression de n’avoir plus rien à y découvrir, plus envie d’y découvrir quoi que ce soit, d’ailleurs. Toujours ce fichu centre-ville bondé, toujours les mêmes endroits, les mêmes bars, les mêmes verres bus sur les mêmes tables. Les mêmes librairies où je me réfugie pour tenter de trouver des livres dont la lecture n’aura pour seul but que de m’évader du quotidien et entretenir encore un peu plus mon monde imaginaire, très loin de la réalité. Plus personne à qui me confier, plus d’amies avec lesquelles sortir et attraper quelques fous rires. Découvrir de nouvelles choses, me reconstruire un réseau social me demanderait trop d’effort, je n’en ai pas envie, je me sens terriblement vide et seule.

Rédaction de ma thèse toujours remise au lendemain, avec la sensation d’un objectif inatteignable, et surtout la crainte de faire tout ça dans le vide, de pâlir encore plus d’un an et demi sur une entreprise hasardeuse qui ne me mènera peut-être à rien. La peur de l’avenir, la peur de ne jamais réussir à me faire une place parmi les enseignants chercheurs, malgré les colloques et les publications d’articles.

Ce satané mal de ventre qui m’envahit chaque fois que j’ai la sensation que je ne vais pas être à la hauteur, ce manque de confiance en moi que je connais depuis l’enfance, qui revient en force depuis quelque temps, dans toutes les situations et que j’ai envie de lacérer à coups de couteau. L’impression que mes rêves et mes envies ne sont que des illusions. Au final, l’impression de me mettre moi-même des bâtons dans les roues, éviter d’avancer pour ne pas échouer, me complaire dans le presque rien, le médiocre et l’inactivité, prendre garde de ne pas trop forcer les choses, attendre stupidement que la vie vienne me chercher au lieu de l’empoigner et de la secouer, et me sentir idiote et coupable de cette attente, car je sais bien que rien à part moi ne forgera mon destin. J’ai toujours été comme ça, j’ai toujours attendu que le vent tourne en ma faveur et aujourd’hui je m’en veux terriblement de ne rien faire pour changer cette facette de moi.

Je suis fatiguée d’avance à l’idée de lutter pour obtenir quelque chose, je regrette d’être faible et de ne pas me donner les moyens de mes ambitions. Cet article est mortellement mélancolique et cafardeux, j’en suis consciente. J’aimerais bien en être désolée mais je ne le suis pas, je vous promets simplement que le prochain possèdera une moindre teneur lacrymale. En ce moment, j’essaie de donner le change mais je ne vais jamais réellement bien, même quand j’en donne l’impression. Je suis épuisée, j’évite de regarder à l’horizon car je n’y vois rien sauf du néant, j’ai beau me dire que mon existence entière se déploie devant moi, je la trouve sans saveur. J’ai juste envie de m’asseoir le long du chemin, de mettre ma tête entre mes mains, de laisser le temps couler sur moi en attendant l’étincelle.