Drama Queen.

Je regarde par la fenêtre et contempler cette ville me rend amère. J’ai l’impression de n’avoir plus rien à y découvrir, plus envie d’y découvrir quoi que ce soit, d’ailleurs. Toujours ce fichu centre-ville bondé, toujours les mêmes endroits, les mêmes bars, les mêmes verres bus sur les mêmes tables. Les mêmes librairies où je me réfugie pour tenter de trouver des livres dont la lecture n’aura pour seul but que de m’évader du quotidien et entretenir encore un peu plus mon monde imaginaire, très loin de la réalité. Plus personne à qui me confier, plus d’amies avec lesquelles sortir et attraper quelques fous rires. Découvrir de nouvelles choses, me reconstruire un réseau social me demanderait trop d’effort, je n’en ai pas envie, je me sens terriblement vide et seule.

Rédaction de ma thèse toujours remise au lendemain, avec la sensation d’un objectif inatteignable, et surtout la crainte de faire tout ça dans le vide, de pâlir encore plus d’un an et demi sur une entreprise hasardeuse qui ne me mènera peut-être à rien. La peur de l’avenir, la peur de ne jamais réussir à me faire une place parmi les enseignants chercheurs, malgré les colloques et les publications d’articles.

Ce satané mal de ventre qui m’envahit chaque fois que j’ai la sensation que je ne vais pas être à la hauteur, ce manque de confiance en moi que je connais depuis l’enfance, qui revient en force depuis quelque temps, dans toutes les situations et que j’ai envie de lacérer à coups de couteau. L’impression que mes rêves et mes envies ne sont que des illusions. Au final, l’impression de me mettre moi-même des bâtons dans les roues, éviter d’avancer pour ne pas échouer, me complaire dans le presque rien, le médiocre et l’inactivité, prendre garde de ne pas trop forcer les choses, attendre stupidement que la vie vienne me chercher au lieu de l’empoigner et de la secouer, et me sentir idiote et coupable de cette attente, car je sais bien que rien à part moi ne forgera mon destin. J’ai toujours été comme ça, j’ai toujours attendu que le vent tourne en ma faveur et aujourd’hui je m’en veux terriblement de ne rien faire pour changer cette facette de moi.

Je suis fatiguée d’avance à l’idée de lutter pour obtenir quelque chose, je regrette d’être faible et de ne pas me donner les moyens de mes ambitions. Cet article est mortellement mélancolique et cafardeux, j’en suis consciente. J’aimerais bien en être désolée mais je ne le suis pas, je vous promets simplement que le prochain possèdera une moindre teneur lacrymale. En ce moment, j’essaie de donner le change mais je ne vais jamais réellement bien, même quand j’en donne l’impression. Je suis épuisée, j’évite de regarder à l’horizon car je n’y vois rien sauf du néant, j’ai beau me dire que mon existence entière se déploie devant moi, je la trouve sans saveur. J’ai juste envie de m’asseoir le long du chemin, de mettre ma tête entre mes mains, de laisser le temps couler sur moi en attendant l’étincelle.

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6 réflexions sur “Drama Queen.

  1. madeleinemiranda dit :

    C’est dur de trouver les mots justes, mais je te conseillerais de te concentrer sur la thèse et d’essayer d’aller de l’avant… Lorsque ça allait mal pour moi, ça m’aidait énormément de me concentrer sur mon travail, car parfois mes études étaient la seule chose de positive dans ma vie. Si tu as réussi jusque là, c’est que tu as du avoir pas mal de succès dans tes études, et que t’insérer dans le domaine d’enseignants chercheurs ne va pas être trop compliqué, surtout si tu enrichis ton CV avec des articles/conférences etc.
    Courage! Prends du temps pour toi, essayes de sortir un peu, de rencontrer de nouvelles personnes… Ça se fait souvent tout seul!

    Bisous

  2. flou dit :

    et bien et bien… si c’est pas du spleen tout ça… hum, un conseil, si c’est possible d’en donner dans ces cas là, ce serait peut-etre de se concentrer sur des petites choses, se donner quelques objectifs pas trop lointains, mais les mener à bien, ne serait-ce que pour obtenir la satisfaction d’avoir terminé quelque chose, et reprendre peu à peu le controle… faire une liste, et rayer peu à peu les obstacles de ta route… et continuer d’aller dans les librairies, je ne connais pas de meilleur remède à la déprime!

  3. elas silk dit :

    Eh bien, je vois que la déprime règne en maître!
    Essaye de passer du temps à faire des choses pour toi : carrément futiles, peut-être même franchement débiles, mais c’est essentiel pour garder l’estime de soi-même.
    Courage! Et dis-toi que quoi qu’il advienne, on remonte TOUJOURS la pente…
    Gros bisous…

  4. Mona dit :

    Je connais ô combien ces sentiments… Et quand j’arrive à m’en extirper à peu près, je me rends compte que je ne pourrais rien faire d’autre…
    Je suis certaine que tu vas arriver à tes fins, si tu n’avais pas de doutes et de moments de désespoir total, de fond du gouffre, ce serait le pire des signes. Ce sont aussi les doutes qui nous font avancer. Mon truc dans ces cas-là ? Faire une liste de ce que je dois faire, commencer par le banal, le facile, les papiers de la Sécu, les bouquins à rendre, les bouquins à emprunter, puis aller vers le plus intellectuel, le plan à organiser, les problématiques à développer, les chapitres à rendre. Avancer pas à pas.
    Pour le lieu où l’on vit, comme je ressens ça très souvent (tous les 6 mois), la seule solution que j’ai trouvé, c’est m’expatrier en province (en ce moment) et déménager. Je n’ai encore pas réussi à habiter plus de 2 ans le même appart, le même quartier, voire la même ville. Solution chère, pénible, mais utile… Bon courage et plein de pensées compatissantes.

  5. abraham kadabra dit :

    Emily mon petit bouchon,

    La clef c’est la respiration : on inspire par le nez et on expire par la bouche. Et ça passe.

    Bien des poutoux
    maman abraham

  6. jonsnow dit :

    Je connais bien ce sentiment que tu décris d’ailleurs très bien. Pouvoir le constater n’est pas simple, mettre des mots dessus pour l’exprimer encore moins; pourtant tu as réussi les deux. Cela veut dire que tu as déjà toutes les clés en main pour te transformer (si ce n’est déjà fait). Je n’ai pas de conseils à te donner si ce n’est de lâcher prise et d’accueillir les choses avec sérénité. Un simple sourire suffit à mettre du baume au coeur.
    Souris et la vie te sourira. 😉

    Bonne chance Emily!

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