With or without (you).

J’ai reçu hier d’Italie le livre contenant mon premier article publié en tant que chercheur. Voir son nom imprimé dans un volume collectif, je ne vous cache pas que ça fait quelque chose. En tant normal, cela aurait suffit à me rendre extatique, mais en l’état actuel des choses, ça m’a à peine remonté le moral. Une bonne nouvelle qui tombe un jour sans n’est qu’à moitié bonne.

Un jour sans, c’est passer une heure à faire-sécher au sèche-cheveux mon téléphone portable sur lequel le chat a eu l’excellente idée de renverser un verre d’eau, et dont l’écran ne s’allume plus.

C’est m’acharner sur le chauffage de la salle de bain qui a décidé de se mettre à déconner justement aujourd’hui.

C’est filer mes collants tout neufs à 8€ en posant simplement le pied sur le tapis en jonc.

C’est constater que mon flacon de vernis à ongle ne s’ouvre plus lorsque je m’apprête à en appliquer sur mes collants pour stopper le maillage.

C’est m’apercevoir que j’ai oublié mon chéquier et que je n’ai pas de monnaie à la fin de ma consultation chez le médecin.

C’est m’obstiner mordicus à écouter les chansons les plus déprimantes de Francis Cabrel.

C’est opter pour l’action collective pour chasser mes idées noires, et, au beau milieu de 40 000 manifestants, avoir les yeux qui s’accrochent comme par hasard à SON visage, seul dans le cortège parmi des milliers. Si je marchais sur une botte de foin, nul doute que je me piquerais le pied.

C’est essayer d’oublier à longueur de temps et rencontrer l’angoisse à chaque note de musique, chaque vibration du corps, chaque instant d’insignifiance.

Ma force, c’est de trouver la complaisance dans la douleur assez pathétique et de disposer d’un espace qui me tienne lieu d’exutoire. C’est aussi d’être bizarrement beaucoup plus productive dans la peine et la frustration, alors que je me laisse vivre et porter par le vent quand je suis heureuse. L’abandon m’angoisse tant que je ne peux pas y penser trop, au risque de sombrer. Quand je suis en état de manque, je m’acharne à combler le vide et reprends un par un tous mes projets en friche depuis longtemps. J’en imagine même de nouveaux, me crée de nouvelles envies qui me permettront de m’accrocher à moi-même et de faire taire en moi la gamine assise toute seule dans le noir.

Publicités

16 réflexions sur “With or without (you).

    • Emily G. dit :

      J’ai remarqué que l’année 2010 a été éprouvante pour pas mal de personnes, tu ne dois pas faire exception. Ça s’arrange toujours, comme dirait une connaissance à moi, il ne faut pas trop s’en faire car on ne sait pas ce qui peut advenir demain : un jour on est au fond du trou, et le lendemain on revient à la vie. Bon courage à toi en tout cas …

  1. Marine dit :

    Je trouve ça très sain de s’occuper quand ça ne va pas… Je suis comme toi, je travaille mieux dans ces moments là. Et le travail aidant, on aperçois le bout du tunnel, pour revivre des heures heureuses.

    Et puis après tout, les grands génies et les grands artistes étaient des être torturés, qui recherchaient parfois même le malheur pour être productifs…

    Courage en tout cas. Courage… (et arrête Cabrel, c’est nocif)

    • Emily G. dit :

      Je confirme, Cabrel c’est mal. J’ai tenté de le remplacer par les Guns n’ roses, mais je crois que c’est pire 😀
      Tu as raison, je vais me prendre pour un grand génie, mon ego remontera tout de suite en flèche !

  2. Mick Kelly dit :

    D’abord, bravo pour cette publication! J’espère que les nuages noirs que ce texte dessine vont vite disparaitre.
    Merci également puisque je viens d’apprendre une nouvelle utilisation pour le vernis à ongle même si je ne pense pas être un jour en position d’en faire usage 🙂

    • Emily G. dit :

      Deuxième utilisation pour le vernis à ongle : en enduire les têtes d’allumettes quand elles sont humides, pour qu’elle s’enflamment tout de même. Les trucs de mamie, c’est mon dada ^^

  3. Harry dit :

    Bravo pour ta 1ère publication.
    Je trouve que ton texte est très beau.
    Les moments de spleen, tout le monde en a ! Généralement, j’essaie de laisser passer l’orage en trouvant des dérivatifs.

      • Harry dit :

        Je ne pensais pas spécialement à la variante bipède. Je pensais aussi au sport, à l’écriture etc.
        Tu n’as pas l’esprit mal tourné mais c’est ce qui t’obsède en ce moment, je crois !

  4. Bernard dit :

    Après une rupture amoureuse on pense toujours que l’on va mourir de chagrin. Quelques années plus tard, alors que l’on a fini par trouver l’âme soeur, on se dit « Franchement, je ne comprends pas comment j’ai pu mettre dans un tel état pour cette fille / ce mec (rayer la mention inutile) ». Avec le temps, avec le temps va, tout s’en va…

    • Emily G. dit :

      Oui, tout s’en va … c’est l’attente qui est longue. Je n’en suis pas au point de mourir noyée dans mes larmes, heureusement. Cela étant, trouve-t-on jamais l’âme soeur ?

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s