Elle est née des caprices.

Bashung et bain chaud, ce sera ma thérapie de ce soir, avec un bon thé à la fleur d’oranger accompagné de quelques pages du Paradis des Femmes d’Ali Bécheur, ma première expérience de littérature tunisienne de langue française. Un jour je vous raconterai combien le terme de « littérature francophone » m’est longtemps sorti par les yeux simplement à cause du département homonyme de mon université, qui pense crânement avoir la mainmise sur mon unité de recherche. Ce livre me plaît beaucoup : attirée par sa couverture, je l’ai ouvert au hasard, y ai lu une phrase dont je suis tombée amoureuse et l’ai acheté aussitôt. Cela faisait longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur pour un ouvrage, cela faisait d’ailleurs longtemps que je n’avais pas eu de coup de coeur tout court.

Je redécouvre, palpitante, l’émotion, bonne ou mauvaise ; je me redécouvre capable de frissonner à la lecture d’un mot, de chavirer au son d’une voix, d’être submergée de sentiments pour quelques paroles échangées. Etrangement, cela a coïncidé avec le retour fracassant dans mon espace vital de l’homme qui m’a brisé le coeur ; il me l’a brisé encore une fois, pour un presque rien, dirait-on ; en apparaissant comme une antithèse de moi, qui ai été sur un ascenseur émotionnel toute la semaine, une fois en haut, une fois en bas : il est de nouveau seul, depuis quelques semaines, m’a avoué s’être trompé en pensant en aimer une autre, ne pas se reconnaître, ne plus être à fleur de peau comme avant, ne rien envisager avec personne. Incapable de sentiments.

Mon miroir inversé, mon beau paradoxe, tu me reviens sans me revenir, blasé quand je me sens de nouveau vivante, avide de désirer, d’être amoureuse et de partager. Tu te dérobes, toujours, je sais que tu ne feras jamais rien d’autre que m’échapper. Tu n’es jamais là où je t’attends, car je ne t’attends jamais où il le faudrait. Tu décides de mourir quand je ressuscite et comme de bien entendu, tu m’emportes aux Enfers avec toi. Et encore, et toujours, je tremble d’espoir. Puis de déception.

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6 réflexions sur “Elle est née des caprices.

  1. Mona dit :

    Les coups de coeur littéraires sont inégalables… quant au goujat incapable de sentiment, il mérite sa paralysie, finalement pire que de souffrir de trop aimer. Non ?

  2. Isleene dit :

    Pourquoi je ne connais pas ce livre? Honte sur moi.
    En tout cas, j’ai l’impression que cette lecture a eu à la fois un effet cathartique et revelateur sur toi. On peut-être est-ce le bain…

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