Pas de boogie-woogie.

C’est un fait, je manque cruellement d’inspiration, d’où mon absence ici depuis une bonne semaine (un record, je crois). Je profite pourtant d’un creux (que dis-je, d’un vide abyssal) au travail pour vous concocter un article aussi creux qu’inutile, et même pas illustré. Les idées viennent peut-être en écrivant ?

L’heure la plus fascinante de ma semaine est passée ; je parle de celle qui consiste à gérer le passage des élèves au réfectoire, ou, autrement dit, faire le piquet  à côté de la badgeuse en stoppant le flux régulièrement sous le regard suppliant d’êtres affamés par une matinée de bourrage de mou intensif, puis les surveiller mollement d’un œil afin qu’ils ne fassent pas de bataille de pain (ce qui arrive rarement à mes troupes, composées d’être humains majeurs et, pour la plupart, civilisés). A présent, je peux donc me concentrer sur des choses beaucoup plus intéressantes, à savoir mon livre (« La route » de McCarthy, qui est une vraie merveille) ainsi que la peau bronzée, les biceps et les abdominaux qui dépassent du t-shirt trop court du type sexy perché sur une échelle qui répare le plafond de mon bureau.

D’accord, j’avoue, cette dernière phrase n’était destinée qu’à émoustiller la lectrice et vendre du rêve : ce type est beaucoup trop musclé pour être mon genre et arbore l’horrible coupe en brosse ringarde de l’homme sain de corps et pas très futé. Rien à voir avec Prof, qui, quand il a débarqué dans le bureau tiré à quatre épingles, avec son air austère de pasteur anglican, m’a donné envie de lui arracher les boutons de chemise et de le mordre jusqu’au sang au passage. Cela étant, je suis restée aimablement indifférente quand il a tenté une blague (l’humour scientifique n’est déjà pas vraiment à se rouler par terre, alors imaginez, couplé à l’humour d’un pasteur anglican…) et ai continué de pianoter allègrement sur mon clavier (j’étais en train d’écrire à une amie ô combien j’avais envie de lui – paradoxe quand tu nous tiens).

Le bel animal ne se décide pas à sortir de ma vie, me téléphone après deux semaines de silence radio et pousse le vice jusqu’à tenter de se faire introduire chez moi – aucun jeu de mot salace là-dedans, quoique, quand on y réfléchit bien… Toutes mes pulsions sado-masochistes se cristallisent pourtant sur lui, et cela me laisse songeuse. Le désir et la rancoeur réunis.Les sentiments sont parfois des choses étranges. Pour finir sur une note futile, je vais sauter du coq à l’âne en vous avouant que j’ai cédé aux sirènes des soldes :  j’ai commandé de superbes collants rouille en dentelles, mais le sublime manteau aux manches komino qui devait arriver en même temps n’est plus en stock et je piaffe d’impatience. J’espère le recevoir avant le printemps tout de même.

Publicités

11 réflexions sur “Pas de boogie-woogie.

  1. Harry dit :

    Voilà un article comme on aimerait en lire plus souvent. Bien futile et un peu rasoir au début pour obliquer vers le vif du sujet; le peintre aguicheur pour vous ramener au fait que les mecs, il n’y a que ca qui compte (j’ai noté à peine 2 modestes lignes sur tes lectures … Je me souviens encore d’une amie qui au cours d’un déjeuner dans un restaurant, m’avait sorti ; « dans le fond, rien ne vaut une bonne b… », suscitant l’émoi du serveur et du voisin de table. L’estocade est portée avec le topo « solde » : une façon de se faire vraiment plaisir cette fois. Foin des complications avec les mecs; j’achète et je consomme. je me fais plaisir à défaut.
    Finalement, c’est la vraie vie … et lorsqu’on tourne en rond pour écrire, on revient au point de départ : les mecs. Tu ne crois pas qu’il en a fait exprès de mettre un t-shirt riquiqui par cette froidure ?

    • Emily dit :

      Les ouvriers de mon établissement bossent souvent en t-shirt, mais la version trop courte n’était peut-être pas innocente en effet, le bougre doit savoir qu’il a des abdos.
      Les rebondissements d’aujourd’hui me donnent envie de tarter le Pasteur sans même le consommer…

  2. MaRong dit :

    Si un manteau aux manches kimono débarque dans ton placard, l’ancien tombe dans le vide-dressing ? Si c’est le cas, je mets une option dessus 🙂
    Et j’en suis au même point que toi, à regarder les biceps d’hommes dont je ne voudrais pas pour un sou alors que le tant désiré souffle le chaud et le froid…

    • Emily dit :

      Mon tant désiré souffle tellement que je commence à voir rouge, figure toi…
      Au fait, je n’ai pas réussi à laisser de commentaire sur ton blog (petit bug ajourd’hui, va savoir pourquoi) mais je voulais juste te dire que j’adore également la chanson « la cambo me fai mau »!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s