You Say Goodbye I Say Hello.

Oui oui, je sais, j’étais ambivalente vis-à-vis de cette relation. Bon, il a pété les plombs avant moi, il m’a quittée vendredi. J’ai senti le basculement, cette semaine, il répondait à mes messages de façon très laconique. Quand quelqu’un répond à « Je suis heureuse de te connaître » par « Merci de ton gentil mot » quand on lui fait remarquer son silence, ça ne trompe personne, hein? (Temps de réflexion) J’étais bien avec lui, mais malheureuse en même temps, angoissée. Terriblement angoissée de le sentir distant.

(Silence de plomb)

J’ai été très pénible aussi, je comprends qu’il m’ait quittée. Je n’ai fait montre d’aucune bonne volonté, j’ai été maussade, enthousiasmée par rien, rabat-joie. Bon, il faut dire qu’il n’est pas facile à vivre, le bougre. Huit mois à avoir l’impression d’être casée dans un emploi du temps, de compter mais pas tant que ça. (Pause) En fait il n’y a pas de fautif, on n’a pas su fonctionner en tant que couple, pas réussi à mettre en place une dynamique.

(Scritch)

Ç’a été un électrochoc, j’ai enfin entrevue la nécessité, après toutes ces années, de me trouver une assise beaucoup plus solide que l’affectif, quelque chose qui ne dépende que de moi, quelque chose que l’autre ne puisse ni me donner, ni me reprendre. Une assise stable. Une stabilité qui soit en moi, et pas en l’autre, qui puisse me rester, et me nourrir même si l’autre s’en va, et avant qu’il n’arrive.

(Scritch scritch scritch scritch)

Sérieusement, on ne peut pas courir après l’amour perpétuellement, il y a d’autres choses dans la vie, et puis quand on a une thèse, on n’a pas besoin d’une relation stable. Non non non. D’ailleurs, je l’ai reprise, je suis à fond. A FOND je vous dit. Je me disais que je serai peut-être douée sur le tard, mais finalement j’ai envie d’être douée à temps. Mon nouvel objectif : une page par jour, soit, en me laissant une marge qui prenne en considération les imprévus, 25 pages les mois ouvrés, et d’avantage pendant les vacances. En neuf mois, je devrais l’avoir rédigée entièrement sans y passer mes jours et mes nuits. Pas mal le planning, hein, hein?

()

Non parce-que bon, ça commence à bien faire cette histoire, plus de trois ans que ça dure, je m’use, moi. Tiens, je vous ai dit que mon armoire s’était écroulée au milieu de ma chambre? J’ai voulu la bouger (oui je sais) et elle s’est effondrée sur elle-même. Tout. Les portes en verre trempé, les étagères, les fringues, les chaussures, la penderie, les paniers posés dessus, écroulés. L’apocalypse. Et bien vous savez quoi? Ça m’a fait un BIEN FOU. J’étais assis au milieu des décombres et je me disais qu’elle s’était écroulée à ma place, que c’était thérapeutique. Et puis viré de mon champ de vision le mastodonte, maintenant quand je me réveille je vois un mur BLANC, c’est jouissif. C’est fou comme l’impression d’avoir de l’espace, c’est important.

(Scritch scritch)

Le pire, c’est que ça va bien. Se faire larguer et aller mieux, c’est un comble non? Je me sens libre comme l’oiseau, free like the river. Je suis sereeeeeine, c’est dingue. Passé le premier choc, je me sens terriblement bien. Je vous ai parlé de ma mère, sinon?

(Scritch)

… Vous savez, c’est TRES perturbant d’avoir face à soi quelqu’un qui écrit sans piper mot quand on lui parle…

(Haussement de sourcil)

Hmmm… Vraiment?

(Scritch)

Je me demande bien ce qu’il note, mon psy, sur ses feuilles A4.

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17 réflexions sur “You Say Goodbye I Say Hello.

    • Emily G. dit :

      Figure-toi que je suis entourée de bricolos sympas (enfin, surtout un), ce qui m’a permis d’avoir une nouvelle armoire fabriquée avec les chutes de la première. Deux fois plus petite mais avec beaucoup plus d’étagères, l’idéal, quoi. Et j’ai un portant pour les fringues sur cintre!

  1. MaRong dit :

    Tiens, je tenais le même discours il y a un an et demi quand l’homme de ma vie est parti. Je ne pensais pas que les fantômes pouvait attendre avant de revenir, et je suis surprise ces derniers mois de réaliser à quel point on peut être empoisonné par quelque chose qu’on trouvait bénin sur le coup. Prends soin de toi, que tu ailles bien ou pas (et respect pour la thèse !!!!)

  2. jacbernard dit :

    Quand j’ai commencé à lire, je me suis dit « Mince ! Une rupture… Emily sera a ramasser à la petite cuillère ». Nous avions tort de nous inquiéter ; manifestement tu le vis bien. Peut être une délivrance ?

  3. loulou dit :

    Dis je peux t’envoyer un mail?
    Besoin d’éclaircissement,
    et au fait : je suis contente de te lire, même si …
    Mais je suis contente de te lire.
    Bisoux

  4. St Cosmo dit :

    Ha non, je dis non !

    Mais, je m’y perds, s’agit-il du lacanien musculeux, ou du bel indécis ?

    Je trouve qu’à chaque fois, tu sembles faire preuve d’une superbe capacité féline d’adaptation à tes déboires sentimentaux (tomber, les pattes, tout ça).
    J’espère que ce n’est pas le bel indécis, mais quel couillon celui-là quand même. J’ai l’impression d’être devant un film romantique: « mais embrasse-la abruti ! Ha ben tant pis pour toi, retourne vivre avec ton colloc trisomique. Grrrr. »

    Ha oui, je tutoie. L’hiver, la déprime, tout ça.

    (et puis flute, depuis le temps que je te suis, bien avant ce blog, je m’arroge ce droit. Na)

  5. Guillaume :) dit :

    (Raaah je crois que mon commentaire c’est pas passé, c’est extrêmement désagréable)

    A mon grand regret, le drame de ma vie est d’être une énigme bien vite résolue, raison pour laquelle je m’abstiens en général d’en dire trop !

    Je ne faisais qu’imaginer une situation classique dans une comédie romantique, à savoir que le héros légèrement benêt, en colocation avec un individu que nous qualifierons gentiment de « brut », n’ose pas embrasser la belle jeune femme indépendante qui lui lance des regards à faire pâlir une biche.

    Je ne suis pas un stalker, ne vous inquiétez pas !
    (quoique la politesse m’oblige à vous rassurer: vous attireriez indubitablement mon attention, si je l’étais :p )

    [Voilà, j’avais pondu plusieurs pages dignes d »A la recherche du temps perdu », mais puisqu’internet semble en avoir décidé autrement…]

  6. Emily G. dit :

    Dans la mesure où le lacanien était doté d’un colocataire très gentil mais pas très… aérien, j’ai sursauté. Mais, en fait, ma vie sentimentale ressemble à une mauvaise comédie américaine : ouf, ce n’est que ça! 😀

    • St Cosmo dit :

      Ha je n’ai pas dit mauvaise, au contraire, passionnée. Mais évidemment on en souffre alors plus que les plus sentimentalement amorphes de ses semblables.

      J’aurais aimé te connaitre autrement que par internet (d’autant plus que dire ce genre de choses fait immédiatement stalker psychopathe), les gens intéressants sont bien trop rares; j’espère que tu ne changeras pas (enfin si, il faudrait plus d’articles, mais dire ça ou siffler dans un violon, hein… 🙂 ).

      • Emily G. dit :

        Remarque, on pourrait prendre un café, hein, mais ça pourrait casser le mythe uhuhuhuh.
        Ceci dit, je suis beaucoup moins intéressante dans la vraie vie 😀

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