Oui, bon, je sais.

Je suis un peu absente, mais quelques soucis de santé m’ont prédisposée à me terrer sous ma couette plutôt que d’écrire quoi que ce soit. J’ai donc ingurgité ces deux dernières semaines beaucoup d’épisodes de Game of Thrones, retrouvé avec bonheur Mr Selfridge, visionné (enfin) l’épisode de Noël de Downton Abbey et téléchargé fait l’acquisition par des moyens tout à fait légaux de la saison 1 de Masters of Sex, histoire d’occuper agréablement ce qui reste de longues soirées d’hiver.

Sinon, vu que j’ai un sens profond de la mesure, suite à une affaire dont je vous épargnerai les détails, j’ai craché mon venin à la tête du Violoniste en l’accusant d’à peu près tous les maux de la terre – de l’ouverture de la boîte de Pandore aux plaies d’Egypte, en passant par les épidémies de peste médiévales. Puis on s’est réconciliés. L’occasion étant trop belle pour être ratée, j’ai aussi honteusement profité de sa réquisition pour un déménagement dans la ville où j’ai passé toute mon adolescence pour aller rendre une visite semi-éclair à un petit couple de mon coeur qui est revenu s’y installer et y a pondu un gaminou et une gaminette. J’ai maintenant un dessin de dragon qui trône fièrement dans ma cuisine, et, cerise sur le gâteau, me voilà propriétaire d’une délicate paire de boucles d’oreille réalisées par une créatrice qui fait de bien jolis bijoux en tissu japonais (je vous invite à aller jeter un coup d’oeil au site dans quelques jours, quand il ne sera plus en reconstruction. Ci-dessous mon collier préféré, n’est-ce pas qu’il est adorable?).

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Bref, les aléas de la vie ont fait que, si j’avais originellement prévu un mois pour ce travail, histoire de ne pas me presser, il me reste à présent quatre jours chronomètre en main pour rédiger un chapitre en anglais qui sera intégré dans un volume collectif de recherche. Je me souhaite donc tout le courage du monde.

Je reviens.

Il y a presque 4 mois, j’ai eu envie de revenir par ici. Je ne suis finalement pas revenue tout de suite, j’avais le nez dans la paperasse, l’esprit inquiété par l’après-thèse (mode : et maintenant que vais-je faire de tout ce temps, que sera ma vie ? etc.). J’étais également occupée à bloguer ailleurs, sous un autre pseudo, sur des sujets totalement autres que ceux que j’aborde ici. Et puis, ce soir, tout à coup, le coeur presque inquiet par ce que j’allais y trouver, je me suis connectée à cet espace. (En vrai, ça n’a pas été aussi simple, j’ai dû réinitialiser mon mot de passe que j’avais oublié entre temps, et me creuser les méninges pour retrouver les codes de ma boîte mail). J’ai eu l’impression de déterrer des reliques. J’ai relu certains articles, je me suis marrée, j’ai grimacé parfois, et me suis rendu compte que j’avais changé. Beaucoup. Des tas de choses se sont passées dans ma tête, dans ma vie aussi. Ce blog m’a accompagnée pendant trois années, dont deux qui ont été, il faut le dire, particulièrement difficiles. Il a rendu compte jour après jour de mes blessures, de mes inquiétudes, de mes prince-charmanteries, dont certaines me font ricaner à présent. Je m’y suis réfugiée, j’ai noué des contacts qui, bien que virtuels, m’ont souvent réchauffée et fait du bien. J’ai aimé partager ma vie, et j’ai aimé lire la vôtre. J’ai aimé lire vos gentils commentaires qui saluaient mon retour, merci vraiment, de tout coeur. Ce blog est un morceau de mon histoire, c’est un petit bout d’avant, le témoin de ma traversée du désert et des montagnes russes.

C’est idiot, mais je ne peux pas lire tout ça sans émotion, ou sans pincement au coeur : les deux dernières années étaient encore, dans mon esprit, trop sombres pour que les rappeler à mon souvenir soit aisé. Pourtant, quand je parcours les articles, je me dis que certains moments ont été très heureux, et que je noircis peut-être le tableau car je sors tout doucement d’une longue période angoissante, je peine à retrouver mon entrain. La faute à la thèse, au contrecoup, aux égratignures passées qui ont du mal à s’effacer ; mais quand je lis à quel point, par exemple, j’étais enthousiaste à l’idée d’emménager dans mon nouvel appartement, à quel point j’avais envie de lumière, de fête, de bruit, d’amitiés, j’ai envie de reprendre réellement du poil de la bête. Je veux redevenir énergique, positive, croquer tout ce qui s’offre à moi. Ce n’est pas encore ça : il y a la fatigue,  les insomnies, l’hiver, mon compte en banque riquiqui qui ne me permet aucune folie voyageuse alors que j’ai bien besoin d’air, mon manque d’enthousiasme général pour toute activité extérieure, l’arrêt quasi forcé de mes cours de danse l’année dernière (pour cause de boulot et de douleur au pied) qui m’a rendu vraiment neurasthénique et casanière au possible. Mais ça viendra, car le renouveau est en marche.

De belles choses se sont passées. J’ai soutenu ma thèse, qui a reçu la plus haute mention. Cinq ans de travail récompensés, et l’impression de valoir enfin quelque chose, même si professionnellement tout est encore flou. J’ai des projets, des objectifs dont je ne parlerai pas encore ici. Je m’étonne moi-même d’être aussi ambitieuse, mais je veux viser haut, je veux croire que mes rêves sont accessibles et que j’ai les moyens de les réaliser. Deux ans de visites régulières à un psychanalyste, parfois à reculons, m’ont fait grandement avancer : j’ai compris un tas de choses sur moi-même, sur la façon dont je suis construite, sur mes faiblesses, mes forces. Comme dans un jeu de Tetris, les petits cubes épars qui composaient les strates les plus profondes de mon être se sont ré-emboités parfaitement, tout se remet en place progressivement, c’est incroyable, presque magique.

Voilà où j’en suis. J’aime cet espace, et là, maintenant, j’ai envie de continuer à l’alimenter pour qu’il continue d’évoluer avec moi.

Aujourd’hui, je reviens. Pour de vrai.