Je reviens.

Il y a presque 4 mois, j’ai eu envie de revenir par ici. Je ne suis finalement pas revenue tout de suite, j’avais le nez dans la paperasse, l’esprit inquiété par l’après-thèse (mode : et maintenant que vais-je faire de tout ce temps, que sera ma vie ? etc.). J’étais également occupée à bloguer ailleurs, sous un autre pseudo, sur des sujets totalement autres que ceux que j’aborde ici. Et puis, ce soir, tout à coup, le coeur presque inquiet par ce que j’allais y trouver, je me suis connectée à cet espace. (En vrai, ça n’a pas été aussi simple, j’ai dû réinitialiser mon mot de passe que j’avais oublié entre temps, et me creuser les méninges pour retrouver les codes de ma boîte mail). J’ai eu l’impression de déterrer des reliques. J’ai relu certains articles, je me suis marrée, j’ai grimacé parfois, et me suis rendu compte que j’avais changé. Beaucoup. Des tas de choses se sont passées dans ma tête, dans ma vie aussi. Ce blog m’a accompagnée pendant trois années, dont deux qui ont été, il faut le dire, particulièrement difficiles. Il a rendu compte jour après jour de mes blessures, de mes inquiétudes, de mes prince-charmanteries, dont certaines me font ricaner à présent. Je m’y suis réfugiée, j’ai noué des contacts qui, bien que virtuels, m’ont souvent réchauffée et fait du bien. J’ai aimé partager ma vie, et j’ai aimé lire la vôtre. J’ai aimé lire vos gentils commentaires qui saluaient mon retour, merci vraiment, de tout coeur. Ce blog est un morceau de mon histoire, c’est un petit bout d’avant, le témoin de ma traversée du désert et des montagnes russes.

C’est idiot, mais je ne peux pas lire tout ça sans émotion, ou sans pincement au coeur : les deux dernières années étaient encore, dans mon esprit, trop sombres pour que les rappeler à mon souvenir soit aisé. Pourtant, quand je parcours les articles, je me dis que certains moments ont été très heureux, et que je noircis peut-être le tableau car je sors tout doucement d’une longue période angoissante, je peine à retrouver mon entrain. La faute à la thèse, au contrecoup, aux égratignures passées qui ont du mal à s’effacer ; mais quand je lis à quel point, par exemple, j’étais enthousiaste à l’idée d’emménager dans mon nouvel appartement, à quel point j’avais envie de lumière, de fête, de bruit, d’amitiés, j’ai envie de reprendre réellement du poil de la bête. Je veux redevenir énergique, positive, croquer tout ce qui s’offre à moi. Ce n’est pas encore ça : il y a la fatigue,  les insomnies, l’hiver, mon compte en banque riquiqui qui ne me permet aucune folie voyageuse alors que j’ai bien besoin d’air, mon manque d’enthousiasme général pour toute activité extérieure, l’arrêt quasi forcé de mes cours de danse l’année dernière (pour cause de boulot et de douleur au pied) qui m’a rendu vraiment neurasthénique et casanière au possible. Mais ça viendra, car le renouveau est en marche.

De belles choses se sont passées. J’ai soutenu ma thèse, qui a reçu la plus haute mention. Cinq ans de travail récompensés, et l’impression de valoir enfin quelque chose, même si professionnellement tout est encore flou. J’ai des projets, des objectifs dont je ne parlerai pas encore ici. Je m’étonne moi-même d’être aussi ambitieuse, mais je veux viser haut, je veux croire que mes rêves sont accessibles et que j’ai les moyens de les réaliser. Deux ans de visites régulières à un psychanalyste, parfois à reculons, m’ont fait grandement avancer : j’ai compris un tas de choses sur moi-même, sur la façon dont je suis construite, sur mes faiblesses, mes forces. Comme dans un jeu de Tetris, les petits cubes épars qui composaient les strates les plus profondes de mon être se sont ré-emboités parfaitement, tout se remet en place progressivement, c’est incroyable, presque magique.

Voilà où j’en suis. J’aime cet espace, et là, maintenant, j’ai envie de continuer à l’alimenter pour qu’il continue d’évoluer avec moi.

Aujourd’hui, je reviens. Pour de vrai.

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15 réflexions sur “Je reviens.

  1. s18o dit :

    Bon retour!
    Je te vois souvent dans les yeux du petit renard et Camille s’est pris de passion pour le porte-sac. (c’est kommen kon di?)
    Des bisous et bonne année 2014!

  2. jacbernard dit :

    Content de ton retout aux affaires sur ce blog. Félicitations pour ta mention obtenue. Je te sentais si démotivée à une époque que je pensais que tu laisserais tomber cette fichue thèse.

  3. Mona dit :

    Je suis très contente de te relire. Contente que pour toi, les choses aient tant avancé. Grâce à toi, j’ai relu ce billet écrit il y a un an, et c’est fou comme 2013 a été le contraire de ce que j’espérais et en réalité une année pleine d’échecs, de déceptions et de tristesse. Une année de larmes.
    J’espère progresser en 2014 comme tu y es parvenue manifestement…

    • Emily dit :

      Je suis très contente de te revoir aussi par ici. J’ai avancé, c’est certain. Le plus étonnant, c’est que certaines belles choses sont arrivées presque par effraction, à un moment où j’étais si fermée aux autres et à l’extérieur que mon premier réflexe a été le rejet. Il m’a fallu du temps pour ouvrir ma coquille. Je sens tout de même qu’il m’est difficile de « redémarrer » vraiment, de mobiliser véritablement mon énergie et ma positivité, même si c’est mon objectif et que je dois travailler là-dessus. J’ai toujours une impression globale de semi-stagnation, un peu comme si je marchais à tâtons, ou que j’étais encore à moitié enterrée dans le sable et que je n’avais pas encore tout à fait trouvé la force d’émerger du trou en entier.
      Je suis désolée que 2013 ait été difficile pour toi, j’espère que des améliorations pointeront vite le bout de leur nez…

      • jacbernard dit :

        Mona, il fallait t’y attendre ; le 13 est un chiffre porte malheur. Pour ma part, j’ai dormi durant 365 jours, afin de conjurer le mauvais sort.

  4. Lizzie dit :

    Je suis vraiment ravie de te relire 🙂
    Ta note est vraiment très très belle et me parle aussi 😉
    Au plaisir de te relire régulièrement donc.

  5. Harry dit :

    Je suis content de te lire à nouveau. J’aimais bien te lire. Parce que j’y trouvais une nonchalance, une douceur, une simplicité qui rendaient à mes yeux les choses faciles; qui faisait que lorsque je quittais tes pages, c’était apaisé, quel que soit le sujet abordé.
    ps : bravo pour ta thèse

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