You’re Making [My] Head Whirl.

Je suis amoureuse de Jesse Tabish. Ça fait bien deux ans que ça dure.

Je l’ai rencontré pour la première fois en surfant paresseusement de session acoustique en session acoustique sur Youtube, à la recherche d’une musique folk qui aurait ravi mes oreilles. Je suis tombée sur quelques perles, mais lorsque j’ai appuyé sur le bouton « play » du concert d’un groupe qui m’était inconnu, j’ai été frappée par la foudre.

On croit toujours que ça n’arrive qu’aux autres, l’amour au premier regard.

A ma décharge, je n’aurais pas pu ne pas l’aimer. C’était écrit, c’était lui, c’était moi. Une évidence. Ma biographie en a décidé ainsi. Parce que mes yeux d’enfant ont contemplé des années durant le portrait de John Lennon version Jésus Christ accroché sur le mur de l’entrée :

Parce que je garde un souvenir ébloui de la découverte d’un vieux photomaton de mon père, daté de 1976 (que ceux qui me suivent ont déjà vu) :

Parce qu’il paraît que dans le fond, je suis une indécrottable hippy qui voue une adoration sans borne aux chevelures dans lesquelles on peut accrocher des fleurs et aux barbes de trois mois. Ça, c’est mon homme qui le dit – tout ça parce que j’ai eu le malheur de lui faire remarquer un jour que se baigner nu, c’est trop bien (dormir sans caleçon pour lui, c’est déjà toute une histoire) et que je frétille devant les Combi Volkswagen (comme tout le monde). M’est avis qu’il est jaloux parce qu’il doit former chaque matin de courts pics sur sa tête à l’aide d’une pâte modelante au lieu de se laisser emmêler la frange par le mistral.

Mais Jesse, c’est bien plus que ça. L’image couplée au son m’a fait tomber à la renverse. Quand j’ai découvert qu’il se produisait cet été en Albion, j’ai exulté. Quand j’ai constaté que le prix des billets d’avion dépassait de loin mon budget, je me suis roulée par terre de désespoir. (Perfide est cette terre, perfide elle restera…).

Depuis je me contente de le chérir de loin, persuadée qu’un jour je croiserai son regard miel, l’attraperai par les boucles en lui hurlant « Fais-moi mal, Jesse » et lui avouerai en pleurant combien sa musique est géniale et combien j’ai attendu ce moment. A mon image, donc, tout en modération.

Crédits Francesca Saracauli, tous droits réservés. ttp://www.francescasaracauli.com/portraits.html

Crédits Francesca Sara Cauli, tous droits réservés. http://www.francescasaracauli.com/portraits.html

Jesse, c’est un peu mon grand gourou de la musique et de l’amour, ma clé de sol, mon kamasûtra mental, ma douce brise d’encens dans les rues odorantes, les clapotis frais du ruisseau dans les nuits moites de juillet, le désert de poussière magique de l’Oklahoma, mon hobo portant au creux du coude le sac de Mary Poppins, la nuée d’étoiles qui guide mon vaisseau spatial dans l’immensité interstellaire, le Saint Esprit enfin libéré du Père et du Fils, et des vagues orgasmiques musicales toujours renouvelées.

Ah, Jesse…